POPUUTION DES DIX- HUIT
PROTIHCES.
^ . Ce tableau est appelé en chinois Noun-pdi, tablettes de la porte, vceqne les fonctionnaires qui ont le droit de le consulter, doivent aminer à la porte do la maison, lorsque la présence des femmes de ^^ :CamiUe interdit aux étrangers le seuil du foyer domestique.
i06 L'EMPIRE DU xMILIEU
ta composent. Ce tableau doit être mis^ à la première réquisition, sous les yeux des fonctionnaires compétents et comme, dans les villes et les bourgs, chaque dizaine de maisons est confiée à la surveillance spéciale d'un homme de la police, il semble qu'il a dû être facile d'évaluer fidèlement la population de l'empire. Toutefois, les différences énormes qui existent, à des époques relativement rapprochées, entre les divers dénombrements officiels dont le premier, celui de Hong-vou (1393), donne seulement 60,000,000 d'habitants à la Chine, tandis que le dernier, celui de 1812, en compte 362,467,183; la prodigieuse élévation de ce dernier chiffre; l'incertitude oîi nous sommes sur la question de savoir si les chefs de famille enregistrent exactement les personnes qui habitent sous leur toit et si la méthode dont ils font usage, pour cet enregistrement, n^admet pas aisément les doubles emplois ; avant tout, les tendances manifestes des habitants de la Chine à exagérer, aux yeux des barbares, l'importance de tout ce qu^ilsS possèdent dans le but de les éblouir, feraient douter, à première vue, de l'exactitude que peuvent présenter ces calculs statistiques. On pourrait, ce nous semble, objecter raisonnablement à ce doute: 1^ que les informations émanées du gouvernement chinois sont toujours ponctuelles, en ce qui concerne la topographie des villes et des campagnes, la description des montagnes, des fleuves , l'appréciation des distances, quoiqu'il ait ptt prendre tout aussi bien fantaisie à la vanité chinoise âê vanter, au delà du vrai, la magnificence et la grandeur de l'empire que d'accroître, sur le papier, sa poptrlation ; 2*^ que la plupart des recensements, antérieurs à la dernière moitié du xviu® siècle, ont été faits dans des circonstances où la domination impériale était partiellement assise sur les dix-huit provinces, ce qui peut expUquer leurs énormes disproportions ; S^quelcfs anto-
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rites chinoises redoutent^ en général , beaucoup plus qu'on ne le veut croire en Europe, le contrôle souvent dangereux de l'opinion publique et que ce contrôle garantit, dans de certaines limites, Texactitude des données officielles. Au reste, la population des dix-huit provinces, en admettant qu'elle s'élève à 362 millions d'hommes, n'est pas plus dense, toute proportion gardée, et ne s'est pas plus rapidement accrue, que celle de plusieurs pays européens ^, Cependant les terres y sont mieux cultivées qu'en Europe, fertilisées par des stimulants pins actifs, par conséquent beaucoup plus fécondes, et leurs produits sont presque exclusivement consacrés à la nourriture de l'homme, les pâturages y étant fort rares, les maisons, les jardins, les monuments, les cimetières n'y occupant qu'un espace relativement trèslimité ou tout à fait infertile. Il faut ajouter qu'un certain nombre de faits authentiques confirment encore la justesse de ces observations , et entre autres les efforts que le gouvernement ne cesse de faire pour conjurer les périls de la famine, malgré la fertilité naturelle du sol, l'adresse, Tindustrie, la frugalité de ceux qui le culti- 'Vent; l'art de la pisciculture et de la pêche qui supplée, par des ressources très«abondantes, à l'insuffisance des produits de la terre; l'émigration qui déverse, au mépris des lois de l'empire et malgré l'amour passionné du Chinois pour son pays, le trop-plein de sa population sur les régions environnantes ; le déshonneur qui s'attache au nom de l'homme devenu vieux sans avoir un fils dont les pieux regrets^ consolent ses mânes, dés-
i. La Belgique et la Lombardie sont proportionnellement plus peuplées que la Chine. On compte, en Angleterre, un hectare de terre cultivé par chaque habitant. La Chine proprement dite, d'après le rapport présenté à l'empereur Kien-loung en 1745, renferme 3â5 millions ^'hectares en culture. Or, le sol de cette vaste région produit annuellement, sous la féconde influence de l'humidité et de la chaleur, jusqu'à trois récoltes, dans plusieurs provinces.
honneur qui est un encouragement moral à la paternité; enfin le mépris que le gouvernement chinois fait de la vie de ses administrés comme d'une chose vile et commune, — de telle sorte que, dans notre opinion, aucun motif vraiment sérieux ne doit nous porter à mettre en doute l'exactitude , au moins approximative, du chiffre officiel de la population chinoise.
Les indications synoptiques renfermées dans le tableau suivant, résument les notions que nous avons données dans ce chapitre sur les divisions et subdivisions administratives de la Chine proprement dite en dix.huitprovinces. même temps qu'elles font connaître, d'après le recensement de 1812 , les populations respectives des dix -huit provinces.
Tableau
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