‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 29 sur 93 · DES CHINOIS · texte numérisé non relu

DES CHINOIS

Religion d'état. ~ Secte des lettrés. — Culte de la raison. — Boudhisme. — Judaïsme. — Islamisme. — Missions ncstoriennes, catholiques, proteste! ntes. -^ Croyances populaires. — Culte de Kouanyin. — Culte des ancêtres. — ('ercueils, tombeaux. — Superstitions populaires. — Institutions charitables. — Infanticides.

CULTE PRIMITIF. Soit que Ton adinette purement et simplement, suivant la tradition biblique, que les premiers habitants de la Chine appartenaient à la race monothéiste des patriarches, soit que l'on étudie sa religion primitive dans les vieux monuments historiques édifiés, il y a plus de trois mille ans, par la sagesse de ses philosophes et de ses législateurs, on ne peut douter que, jusqu'au vil® siècle avant le Christ, l'idolâtrie ne lui ait été presque complètement inconnue et qu'elle ne se soit toujours distinguée, entre les nations païennes, par l'innocence et la pureté de son culte. Reconnaissant, à l'origine , l'existence d'un être suprême, le Tien ou Chang-ti, et d'une volonté régulatrice des forces de l'univers; honorant, dans les astres, les phénomènes célestes, et les mânes des grands hommes, les plus hautes manifestations de cette volonté; proscrivant les sacrifices humains, les dogmes, les signes, les rites obscènes qui

souillèrent l'Egypte, Tlnde, "Rome et la Grèce; réglé et commenté, il y a trente siècles, par des sages qui faisaient dériver du sentiment religieux Tart de régir Thumanité; admis ou respecté par des hommes comme Confucius,Menfius et Tchou-hi; épuré, dans la pratique, par les enseignements épicuriens de ce dernier philosophe, le polythéisme chinois fut toujours intelligent et remarquablement chaste. Depuis Tépoque où la doctrine mystique de Laotzé (le culte de la raison) a pris naissance dans l'Empire du Milieu (604 ans avant l'ère chrétienne), de nonàbreuses superstitions, inventées principalement par ses sectateurs, admises et propagées par le culte de Boudha, s'y sont successivement introduites. Vantique polythéisme devenu religion de l'État, le Ju^ kiao ou doctrine des lettrés, le culte de la raison (Taokia), le boudhisme, Vislamisme, se partagent aujourd'hui presque toute la population de la Chine qui renferme, en outre, quelques milliers de Juifs et près d'un million de chrétiens.

Au fond, le polythéisme chinois est plutôt, de nos jours, la forme publique d'un culte officiel qu'une véritable religion. Il n'a ni clergé ni dogmes; ses livres canoniques ne renferment aucun corps de doctrine. On y lit, surtout dans le Chou'king^ l'un des cinq grands classiques^, des considérations historiques, des réflexions presque toujours naïves, rarement profondes, sur la nécessité où sont les princes de consulter le Tien et d'obéir au Chang-ti ; on y trouve, principalement dans le Li^ki (livre des rites), des prescriptions minutieuses sur l'ordre et la marche des cérémonies, mais on y chercherait,

POLTTHEJSME

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