OFFICIEL
00 REUGION
DE l'état.
Le Tien.
1. Le Chou-king (voir livre IV de cet ouvrage), qui n'a pas moins de 3,000 ans, expose les principes qui ont serri de règles aux anciens souverains. 11 renferme la base de tout le système religieux et politique de la monarchie chinoise.
en vain, ces enseignements et ces théories précises sur la nature de la divinité, sur la création de Tunivers, sur rorigine, les devoirs, la fin de l'homme que Ton rencontre dans toutes les religions. Après deux siècles de controverse, nos sinologues ne sont pas encore fixés sur la signification actuelle du Tien chinois. Est-ce le ciel matériel qu'il faut entendre par cette expression, ou l'être suprême et immatériel qui régit le monde, ou plutôt n'existe-t-il pas une si grande confusion, à cet égard, dans les écrits des anciens classiques et de presque tous leurs commentateurs, que. la question est vrai-^ ment insoluble? Ce qu'il y a de certain, c*est que le Tien, désigné souvent sous le nom de Ti (seigneur) , Chang-ti (seigneur suprême), domine toute la hiérarchie divine et que celle-ci, nombreuse et variable, admet encore dans ses rangs les astres ainsi que les mânes des grands hommes. Les sacrifices que leur rend le culte officiel, en exposant dans leurs temples de riches étoffes.
Trois sortes OU des mets élégamment préparés, sont de trois sortes.
de sacrifices. : L^ çjg| f^g^^^ la terre T/, les mânes de tous les empereurs défunts, le Jieu des récoltes ont seuls droit aux grands sacrifices; le soleil, la lune, les mânes des souverains appartenant aux premières dynasties, Confucius, les personnages illustres qui ont patronné l'agriculture, inventé et propagé le tissage de la soie, certaines divinités du ciel et de la terre reçoivent ceux du second degré; on accorde ceux du troisième aux mânes des anciens sages, aux génies des nuages, de la pluie, du vent, du tonnerre, des cinq grandes montagnes, des quatre mers et des quatre fleuves, à Kouanti^ le dieu de la guerre, l'un des patrons de la dynastie actuellement régnante, à Tien-héon^ la reine céleste, à Kotian-yin^ la déesse juste et miséricordieuse, et à une foule de divinités dont la reconnaissance administrative ou la crédulité populaire ne cessent de grossir la liste ridicule.
En qualité de fils du ciel, l'empereur représente le pontife suprême de la religion d'État, et les mandarins en remplissent les fonctions sacerdotales. Ils doivent assister aux sacrifices en costume officiel et s*y préparer, pendant quelques jours, par des ablutions, des absti- Li-ki.
nences, une vie chaste et austère. LeJJ-ki règle les cérémonies que l'empereur seul a le droit d'accomplir avec l'assistance de ses parents ou de ses principaux fonctionnaires, ainsi que les costumes qu'il y doit porter. Le ministère. des rites interprèle, commente, complète au besoin, suivant les nécessités des temps, les prescriptions du Li'ki et la loi porte des peines très-graves contre les téméraires qui oseraient les enfreindre en offrant, eux-mêmes, leurs pieux hommages aux dieux supérieurs. Aux époques des solstices, des équinoxes et des principales phases de la lune, aussi bien que dans les calamités publiques, les premiers magistrats sont *
tenus d'invoquer certaines divinités de second ordre et spécialement celle dont la cité reconnaît le patronage*. Il va sans dire que ce sont là de pures formes et qu'on ne saurait trouver le véritable recueillement danâ ces cérémonies de commande auxquelles le peuple n'attacherait, en réalité, nulle importance, si elles n'étaient pour lui de respectables vestiges des vieilles traditions et des occasions, souvent répétées, de réjouissance publique. Quant au gouvernement, il trouve, sans doute, commode et pratique de perp.étuer un système qui lui épargne les soucils et les périls contre lesquels il aurait sans oesse à lutter, s'il existait en Chine une caste sacerdotale ^^nstituée politiquement.
Pontifes incrédules d'une religion de parade, la plu- s«cte
DES LnTHÉS
1. Parmi les divinités protectrices des campagnes et des villes, ou
tchen-kouang, qui patron ue et surveille radministration, occupe le jou-kiao. premier rang.
tn L'EMPIRE DU MILIEU
part des fonctionnaires chinois professent, par conviction ou au moins par convenance, les préceptes philosophiques du JoU'kiao, Le Jou-kiao (corps des savants, secte des lettrés) suit, depuis H50, les enseignements du Tehou-hi. célèbre TchoU'hi, qui a laissé de profonds commentaires sur les principaux ouvrages des auteurs classiques, entre autres sur les livres de Confucius et de Mencius. Tohou-hi ne nie pas positivement l'existence des dieux et des génies honorés par le polythéisme officiel, mais il admet qu'il n'en existe nulle part, ni dans le monde physique, ni dans le monde moral, de preuves suffisantes. Il est décidément matériahste et fait dériver, par une théorie analogue au dualisme égyptien*, tous les êtres dont l'ensemble constitue l'univers, de Tactiion réciproque des deux pouvoirs, leYin et le Yang^, lesquels • * sont les émanations et comme les instruments du Ta-W, legrandprincipe universel, parfait, nnmobile, qui domine toute chose. Suivant son opinion, qui est aussi celle de Confucius, la vertu de l'homme consiste dans TaccompUssement-de ses devoirs envers ses parents et ses semblables, nullement dans les actes d'un culte que nous rendons à l'inconnu, et les mérites sont récompensés en ce monde, soit personnellement, soit dans la descendance de l'homme vertueux. Il n'est donc fait mention dans ses livres ni de la rémunération future, ni de l'im-
1. Au nombre des divinités inférieures que domine le Dieu éternel, infini, sans nom de la vieille thdogonie égyptienne, figurent le Pan^ mendes (principe mâle) et VAihor (principe femelle), qui sont les auxiliaires de Fta, le dieu gént'rateur.
2. Le Yang est parfait, subtil, continuellement actif; le Yin est imparfait et sans mouvement. De leur rapprochement naissent les cinq éléments qui constituent l'essence et nécessitent l'influence réciproque de tous les corps. Tous les êtres animés et inanimés, depuis les dieux jusqpi'aux minéraux, procèdent, d'après la philosophie, la science et la religion des Chinois, de l'un de ces deux principes. Tout ce qui est bon, beau, fécond, heureux, propice, est Yang, mâle. — Tout ce qui èÀt méchant, stérile, funeste, malsain, est Yin, femelle.
mortalité de Tâme. Les doctrines de Tchou-hi ont été recueillies et interprétées, d*aprè3 les ordres de l'empereur Young-lo et vers le commencement du xv® siècle, par une commission de quarante-deux savants qui en composèrent un résumé sous le nom de Sing-li-ta-lsouen (philosophie naturelle). Cette philosophie reconnaît le pouvoir et l'influence suprême du Tien ou Chang-ti; elle croit que le Tien délègue quelquefois une partie de son intelligence à des hommes simples de cœur qui ont reçu, dès leur naissance, avec la science infuse, la noble mission de réformer le monde et, parmi ces êtres privilégiés qu'elle honore sous le nom de Ching-jin (hommes saints), elle place au premier rang le grand Confucius qui a de nos jours, dans toute la Chine, des statues, des temples et des autels. Au reste, les enseignements spéculatifs de Tchou-hi et de ses commentateurs ne suffisent pas, en général, aux membres du Jou-kiao, La plupart de ces hiérophantes hypocrites de la religion naturelle participent, sans pudeur, aux grossières superstitions du vulgaire.
C'est principalement dans les pratiques actuelles des exultes de Tao et de Fo que se rencontrent la plupart de c^es superstitions. — Né 604 ans avant Jésus-Christ, le Rondateur du Tao-kia (doctrine delà raison) fut un véri- K.able sage. Il s'appelait Laotze ou Laokiun (vénérable K^rince). La légende raconte qu'il vint au monde* avec ^es cheveux et des sourcils blancs, après être resté cjuatre- vingts ans dans le sein de sa mère, et ses disci- 'ples le considèrent comme \ine incarnation de la vertu. Il ne composa qu'un seul traité, le Taote^king (mémoire BUT la raison et la vertu), mais l'un de ses continuateurs, TcAouangi-^^e, a laissé de nombreux écrits qui furent eux-mêmes longuement commentés. Lao-kiun vécut dans l'ascétisme et la solitude. Il enseignait que la raison