‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 31 sur 93 · TAO-KU · texte numérisé non relu

TAO-KU

Laotze.

a une existence propre, indépendante, immortelle; que tous les êtres tirent leur origine de la raison et retournent à la raison dans le sein de laquelle ils viennent s'absorber, les bons immédialenient après leur mort, les méchants après avoir purifié leurs crimes par une série d'expiation successives ;. que la retraite et la contemplation sont les deux sources véritables du perfectionnement et de la vertu; que la sagesse consiste dans la paix et le repos de l'âme, dans le renoncement perpétuel aux honneurs, aux richesses, aux soucis du monde; que le philosophe ne doit pas, à l'exemple de Confucius et d'autres fameux docteurs, tenir école de sagesse; mais qu'il doit, au contraire, avant d'instruire ses semblables, acquérir cette parfaite connaissance de soimême, cette inaltérable sérénité, ce profond mépris des choses extérieures, cette bienveillance universelle qui Corruptioû sont les marques infaillibles du vrai mérite. On prétend que, pour mettre complètement en pratique les maximes épicuriennes du maître et pour écarter l'importune idée de la mort qui seule peut troubler la tranquillité parfaite, l'idéal du système, ses disciples songèrent sérieusement à se rendre immortels et qu'ainsi prirent naissance, principalement sous les règnes des dynasties Han et Song, les incantations magiques, les cérémonies idolâtriques, les pratiques superstitieuses qui ont avili et déshonoré la secte. Elle est représentée aujourd'hui par plusieurs milliers de prêtres imposteurs qui vivent, avec leurs familles, dans de misérables couvents et qui exploitent, par leurs audacieux maléfices, la crédulité populaire. Ils portent une large tonsure au centre de laquelle ils laissent pousser une petite touffe de cheveux, ce qui leur donne un physionomie bizarre propre à effrayer les mauvais génies, et sont vêtus de longues robes brunes. Parmi les divinités sans nombre auxquelles ils rendent hommages, Ytih-houang-chang-ti ou Yuhti qu'ils ont

de ta doctrine.

MCEURS ET RELIGION

placé dans le 33® ciel et que la secte considère comme le patron de Gonfucius, occupe le rang suprême. Les premiers disciples de Lao-kiun prenaient le titre de Taose, docteurs delà raison. Suivant une de leurs maximes favorites, dans laquelle quelques-uns de nos missionnaires ont voulu voir l'expression défectueuse de leur croyance intuitive dans le mystère de la Trinité : c La » raison a produit un, un a produit deux, deux a pro- • duit trois et trois a produit toute chose. 9

De toutes les religions que suit le peuple chinois aucune n'est plus répandue ni plus influente que leboudhisme ou culte de Fo. Il fut introduit dans l'empire 65 ans après la naissance du Christ. Un dicton philosophique, répété par Confucius et ses disciples, faisait venir le saint des pays d'Occident. L'empereur Mintif de la dynastie Han, obéissant aux suggestions des prêtres de Tao, envoya des ambassadeurs aux Indes pour l'y chercher. Ils en rapportèrent l'idole du dieu FOf l'une des incarnations de Boudha^ la doctrine, le culte et les superstitions boudhiques qui, protégées par le souverain, admettant d'ailleurs, sans difiSculté, toutes les divinités du polythéisme officiel, les jongleries des pontifes de Tao, les rêveries politiques et philosophiques des lettrés^ eurent, par toute la Chine, une rapide et brillante fortune. Les investigations de la science orientaliste n'ont pas encore réussi à pénétrer complètement le mystère qui entoure la naissance, la vie et la mort du fondateur de cette secte fameuse dont fait actuellement partie plus d'un tiers de l'humanité. S'il faut en croire la légende, il était de vieille et noble race. Son père régnait, mille ans avant l'ère chrétienne, sur une partie de l'Inde. Sa mère l'avait conçu pendant son sommeil en rêvant qu'elle avalait un éléphant, et ce songe serait l'origine du culte que l'on rend, dans une partie

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