DE INFANTICIDE
Cette funeste dépravation du sens moral, profond et incurable plaie qui finira par dévorer tout ce qu: reste des antiques grandeurs de la Chine, explique su fisamment Tusage barbare que nos missionnaires on fait connaître à l'Europe en lui signalant les nombreusr mfanticides qui se commettent dans l'Empire du Milieu
ni f.
A la vérité^ il n'est pas aussi général que Ta cru, au premier abord, la pieuse indignation des fidèles. Mais il est certain qu'au Fo-kien et au Kouang-tong, principalement dans les districts très-peuplés et très-misérables dont Tsiouen-tchéou et Tchang-tchéousont les capitales^ un grand nombre de parents pauvres exposent leurs petites filles dans les rues, sur les routes^ ou même sur les rivières où elles périssent misérablement si la charité publique ne vient les recueillir. L'impossibilité où ils se trouvent de leur fournir la nourriture et le vêtement, la certitude où ils sont que, si elles atteignent l'âge nubile, elles deviendront des esclaves, des concubines, des prostituées, les engagent à les vendre ou à les abandonner pour ne pas être témoins, un jour, de leur misère ou de leur infamie; et nous ne savons ce qui doit paraître le plus odieux dans la libre et publique pratique de cette abominable coutume, ou du crime luimême que la Chine, parmi les nations civilisées, n'est pas la seule à commettre, ou de la cynique et brutale indifférence du peuple et des magistrats qui en sont témoins.