BUDGET DES PROVINCES
Impôt foncier en argent 28,705,125 taëls
Impôt en nature.31, 596,569 tan, soit en argent, à raison de 2 taëls 1/2 pour un tan 78,991,422
Impôts divers (patentes, enregistrement, etc.) 849,749
Total des recettes provinciales. . 108,546,296 taëls 108,546.296
Total général 156,194,578 taëls
Badget des Dépenses.
Traitements des fonctionnaires civils et militaires. . 7,773,^00 taëls Armée : Paye de 600,000 hommes d'infanterie
(moitié argent, moitié vivres) 21,600,000
— Paye de 240,000 hommes de cavalerie. . . 16,456,000
— Habillements et munitions pour les deux
armées 4,210,000
— Armement des forts, artillerie 3,800.000
Marine (jonques, armement, paye) 13,500,000
Travaux publics, transport des grains 4,000,000
Divers (postes, assistance publique, gratifications). 4,543,321 Budget particulier de l'empereur (gratifications en
argent et en nature aux chefs et au clergé mongols, etc.) 12,056,118
Total 87,938,939 taëls
En évaluant le taël à 7 francs de notre monnaie, ce <|ui est à peu près sa valeur intrinsèque, on voit que le I>udget général des recettes s'élèverait annuellement
à 1,093,361,806 fr.
et celui des dépenses |à. . . . 615,572,573
quidonneraitun excédant de... 477,789,233 fr.
JT^suitat aussi absurde qu'inexact. Il est parfaitement
démontré par des faits dont la déplorable évidence
Ar^ppe tous les yeux, que les budgets de l'empire ren-
fAjrment des chiffres absolument fictifs.
Les recettes y figurent pour une somme très- inférieure DèOcit.
iuxx ressources réelles de l'État, et les dépenses y sont
vilement réduites que, loin de produire un excédant
ousidérable, les budgets se soldent, chaque année, par
Kft énorme déficit. Le gouvernement essaye de combler
^ souffre par des expédients et des exactions de tous
^inres. Il donne des terres aux soldats et leur permet le
liage en temps de guerre pour se décharger du fardeau
^ leur paye; il licencie ses troupes régulières en temps
paix et recrute, aux époques de trouble, des bandes
lisciplinées dont la turbulence est un péril pour le
repos de rÉtat ; il exige impérieusement des dons volontaires; il trafique des grades littéraires qui ouvrent la voie des fonctions publiques. Les autorités locales secondent de leur mieux ces funestes efforts. Impuissantes à faire face aux exigences multiples de leur situation avec les ressources normales que leur fournit l'impôt, promptes à saisir toute occasion de remplir leur cassette particulière aux dépens de leurs administrés^ elles multiplient à leur gré les taxe» extraordinaires et en exigent le recouvrement avec une impitoyable rigueur. Il arrive parfois que, réduites à la misère et au désespoir par les extorsions administratives, les populations éperdues se soulèvent et demandent aux armes le redressement de leurs légitimes griefs. • Quand Témeute est redoutable^ les autorités composent.
AR\iéB. Nous ne connaissons pas plus exactement l'effectif et
l'organisation actuelle des armées de la Chine que Tétat de ses finances. Théoriquement, elle est divisée en neuf
EiTertif. bannières^ dont les huit premières renferment 300,000 soldais mandchous et mongols, et la neuvième , celle qui porte le nom de bannière verte^ comprend toutes les troupes chinoises composées de 600,000 hommes. Mais rimmble réalité diffère essentiellement de la pompe officielle. Si, par négligence ou par calcul, le gouvernement chinois diminue, aux yeux du peuple, le chiffre de ses revenus et celui de ses dépenses, on dirait qu'il cherche à Téblouir par les vastes dimensions des cadres à demi vides dans lesquels flottent épars , confondus, disséminés par groupes incomplets, les nombreux éléments de son armée. Autant qu'on en peut juger par les plus récents calculs , elle ne compterait guère que 100,000 Tartares et 300,000 Chinois. Encore ces 400,000 hommes seraient-ils loin de former un effectif disponible. La plupart des corps tartares ou même chinois jqui stationnent dans les grandes villes dû l'aiapjre
GOUVERNEMENT ET LËGISLATION Bi9
y constituent beaucoup plutôt, d'après le système économique auquel TÉtat est forcé de recourir» des colonies militaires que des garnisons.
Aux huit bannières appartient l'honneur de fournir Les hait les 4 ou 5,000 hommes qui composent la garde irapé* bannières. riale, et de veiller particulièrement à la défense de ia capitale. Les garnisons qu elles alimentent sont placées sous la haute autorité des généraux tartares (Tsiangkioun) qui résident, ainsi que nous Tarons vu, aux che£i-lieux des provinces , et qui sont parfois chargés de fonctions politiques très-importantes. L'organisation des bannières tartares est à peine connue.
.Celle des troupes chinoises a pu être étudiée dé plus orgaaisMion près, elle jest d'ailleurs plus fidèlement observée. La «eit
bdiiniëre verte
bannière verte comprend un certain nombre de divisions, Ying *9 dont les cadres comptent 4 à 5,000 hommes et qui sont commandées par un Ti-tou (général de . division). Nous savons qu'un Ti-tou réside dans les capitales des dix-huit provinces et que ses fonctions se confondent parfois avec celles du gouverneur (voir page 301). Sous les ordres du Ti-tou et de ses généraux de brigade (Fou-tsiang), 5 colonels {Tsan-tsiang ou YèoU'ki), auxquels sont adjoints des lieutenants [HaO' pa%)f commandent chacun un corps d'environ i,000 hommes, lequel est subdivisé en 2 bataillons obéissant 1^ des majors (Tsien-tsioung). Le bataillon est formé de 2 ou 3 compagnies de 100 à 130 soldats placées cha« cune sous la direction d'un capitaine (Pa-tsioung) . 10 ou 15 escouades de 10 hommes, conduites par un sergent (jOuéi'Quaï) qui a deux caporaux sous ses ordres, com-
i. Douze cent deux, d'après les calculs de M. Wade, qui a publié, en ^85i,une savante .et très-curieuse étude sur Tarmée chinoise. M.Wade, sinologue distingué et observateur consciencieux, remplit actuellement à Péking les fonctions de premier secrétaire de l'ambassade britan-
Iplitades diverses
du
solda (chinois.
Service de la poste.
posent la compagifie. 10 ou 15 escouades par compagnie^ 2 ou 3 compagnies par bataillon , 2 bataillons par régiment et 5 régiments par division : telle serait donc la disposition des cadres de la bannière verte. La marine, la milice, sorte de garde nationale mobile que les autorités provinciales lèvent pour suppléer à l'insuffisance des troupes régulières, sont organisées sur le même plan.
Il n'y a pas'de corps spéciaux dans l'armée. Le militaire chinois doit être pi^opre à tous les métiers de la guerre, fantassin, cavalier, marin^ artilleur, tour à tour, suivant les circonstances et la volonté de ses chefs. On lui confie même spécialement le service des postes dont l'administration dépend du ministère de la guerre. Les cavaliers auxquels sont remises les dépêches officielles et qui se chargent aussi, moyennant une modique rétribution, de transporter les missives particulières, doivent parcourir, chaque jour, une distance qui varie de 20 à 60 lieues, suivant l'importance des ordres ou des nouvelles dont ils sont chargés. Ils changent de chevaux aux relais qui sont placés sur les routes impériales à 6 ou 7 lieues les uns des autres et qui sont tenus également d'en fournir à toute personne munie d'une autorisation officielle. En dépit de la rapidité proverbiale que le vulgaire ignorant leur attribue, on pense qu'ils parcourent rarement plus de 160 kilomètres en un jour.
MAftlNE.
Un petit nombre de navires massifs, pesamment gréés, armés de canons immobiles sur leui^s afTûts et d'une portée médiocre; quelques centaines de bateaux construits comme des jonques de pêcheurs et d'eml)krcations longues et étroites spécialement destinées à explorer les baies, les criques, les rivières pour la répression de la contrebande; deux ou trois petits vapeurs
que le commerce étranger a vendus au gouvernement chinois et que manœuvrent, en général, des équipage» à demi-européens, composent la marine de l'empire * jnarine redoutable sur le papier, impuissante et ridicule sur mer. Les chefs et les soldats, empruntés aux troupe^ de terre, mènent à bord une vie molle, apathique, inoc* cupée, dont ils charment les loisirs insipides par le jeu et l'opium, ce qui les rend absolument incapables de ces évolutions rapides, de ces audacieux coups de mains . par lesquels nos marins savent terrifier Tennemi et surprendre la victoire dans les nécessités périlleuses. Lorsqu'il s'agit de tenir en échec une insurrection ou une escadre de pirates, le gouvernement loue à grands frais les services de quelques navires étrangers, ou achète, par de coûteux sacrifices et des dignités officielles, le concours d'un chef de forbans chinois, auquel il remet le soin de défendre l'honneur et la sûreté de l'empire contre les entreprises de ses anciens compagnons. De tels marchés ne sont pas rares et tournent souvent à la perte des ambitieux qui ont osé les conclure avec des fonctionnaires aux abois. Quand on n'a plus besoin de leur service, on leur demande compte de leur passé, on leur fait trancher la tête et l'on acquiert ainsi un double mérite aux yeux de l'empereur.
Ce fut un des souverains de la dynastie mandchoue art
jui institua, au siècle dernier, les épreuves publiques et discipline
lans lesquelles des examinateurs, commis par le gou-
'^emement, constatent et accordent les divers degrés du
dérite militaire. La science n'a rien à voir dans ces
xamens que préside quelquefois l'empereur, et où la
)rce physique, la souplesse, la grâce des candidats, leur
abileté à diriger un cheval, à manier le sabre, la pique,
irc^ la lance sont seuls applaudis et récompensés. Ce
est pas que les théories sur l'art de la guerre fassent