‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 43 sur 93 · MILITAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES

m L'IMPIRB DU MILIEU

défaut en Ghioe. Elle possède de nombreux traités «t même de gros livres qui renferment d'utiles et cuneui préceptes sur les fortifications, les sièges, les camperoents, l'ordre des marches, la tactique des batailles, les exercices, la vigilance, la sobriété, l'obéissanoe des troupes. Mais tous ces ouvrages ne sont point lus, et Ton peut dire hardiment que, sous le régime actuel qui a pourtant à sa disposition, ainsi qu'on Ta vu dans les dernières guerres, de très- précieux éléments, l'igno^ rance, la présomption, l'imprévoyance, la lâpbeté du chef n'ont d'égales que la couardise, Tindiscipline, la malpropreté du soldat. Les exercices, rares et trës-in* complets, sont de ridicules parades. Les garnisons mènent une existence molle, oisive, inutile; celle des camps est abominablement licencieuse. L'irrégularité de la paye, toujours inférieure au chiffre officiel et quelquefois nulle, est une cause incessante de mécontente» ment et de révolte. Ce qui manque avant tout au soldat: c'est la confiance dans le courage, l'habileté, l'honnêteté de son général, la foi dans la valeur de ses chefe ' immédiats et dans la fermeté de son camarade, qui remplissent nos troupes d'une invincible émulation et qui les font, sur tous les champs de bataille, si patientes et si vaillantes. Commandés par des hommes de cœur, chinois ou européens, électrisés par notre exemple, les régii^stents indigènes se montrent dévoués, résolus et mêmes intrépides. Il n'y a rien à attendre d'une armé^ conduite par des hommes ignares et lâches, munie d'armes insuiBsantes et même dangereuses pour ceux qui en font usage, mal nourrie et encore plus mal payée, démoralisée par la pratique de toutes les licences, avilie p^ les peines corporelles.

Armes. Le soldat chiuois a, pour attaquer et se défendre, ht

pique ; les deux sabres qu'il manie en même temps des àmi mains av^c beaucoup d'adresse et d'agilité ; Ia lance

GOUVEBNBMilNT ET Li^OfSI^ATION m

qui Q^cte diverses fcurmes; la hallebarde ; Tare, Tarba»-

lète, d'oijL il petrt faire jaillir, en quelquçi^ seçand«^, um

dî^ain^ dQ petites flèches au moyen d'uo méemim^

zvm simple qu'ingénieux ; le mousquet à mèç^e, sorbi

d^ Itub^ grossier ajusté k une crosse informa, qu'il api>

puie ordinairement sur t'épaule d'un camariide quand

il ¥Wl fair0 feu^ qui éclate aprè$ ciuq ou àx coups si

(m m l'a pa^ l4iBsé refroidir, et dont il ne peut se ^vvijr

eu tmipi^ de pluÎQ ; le fusil de rempart, monté sur un^

fwrcb^ et assez mobile pour qu'il puisse le pointer saQ3

^op d'efforts ; le canon en font^ qu en bronze, d'un c^

Ijibre iu^al, immobile sur un grossier affût, et dont il

niçpeut, SAns beaucoup de peine, changer le point de

mire; U fusée, dont Tusage est trèç-^ répandu et assez

m0Urtrier; (es pots à feu, d'oii s'échappe une fumée acre

et i>oire qui suffoque l'ennemi au moment de l'agression ;

le bou^Uer de rotin, sur lequel est peinte une tète d^

tigre; )4 Quirasse rembourrée de ouate et recouverte d^

nûuc(9s lames de ïev que relient entre elles de^ attachi^s

ou ^uivref De tels engins, mal construits et maniés généi- FortifteatioBs.

i^li9m§0t î^vQç une craintive méfiance, ne sauraient prQ^

léger efficacement le peuple chinois contre les ^rm^s^

euPQpé(9U9es, et le système primitif de ses fortification^

il'e^l pes pour lui une meilliQure défense. Rien de ptu$

éiémwim^ que (?e systèm^ qui consiste ordinairem^t

es^ un# simple muraille crénelée, haute de 8 à 15 m^ff •

tri9s, adoesée h U9 talu$ eu terre plus ou moins ép^,

qu^lqu^foia ceiute d'un fosfsé, flanquée de distance eu

distance, particulièrement aux sommets de ses angles et

à qhacuu# d0 s^s portas, d'une tour caixée, trèç^r^re-

wmt défendue par des ouvrages extérieurs. I^es fort^

rfis$e$ isolées qui gardent l'entrée des ports, l'embou- *

c\\\xv^ çt les défilée d^s rivières, oçcupefit presque tou^

jours le sommet de collines escarpées. L'assiég^^ut le;

gravit avec peine, mais la retraite est presque impossible

Unifonncs.

à l'assiégé. Ajoutons que la poudre^ falsifiée par les fabricants ou les fournisseurs, est de qualité détestable, et que le vainqueur fait rarement quartier, en sorte que les troupes, aussi mal armées qu'elles sont mal commandées, ne se défendent guères que pour sauver leur vie, et préfèrent la fuite au combat.

Une jaquette flottante, tombant jusqu'aux genoux, brune, jaune ou bleue, garnie d'une bordure dont la couleur diffère suivant les corps, un pantalon large^ ordinairement bleu et rentré dans le bas à partir du genou, un petit chapeau de paille conique , jaune et rouge, solidement tressé : tel est l'uniforme simple et commode du soldat. Son nom, celui de sa compagnie^ le rang qu'il y occupe sont inscrits sur un plastron blanc qui recouvre en partie le devant de la jaquette. Par derrière, figure ordinairement le mot yong (courage). Les grades sont désignés par les costumes^ particulièrement par les globules qui décorent la coiffure des officiers (voir p. 287). Chaque escouade de cinq hommes a son guidon ; chaque réunion de cinq escouade» en a un plus grand et plus orné ; chaque compagnie a. son drapeau. Les nuances de ces guidons et de ces drapeaux, qu'il ne faut pas confondre avec les neuf bannières entre lesquelles se partage l'armée chinoise, sontextrêmement variables. Ils sont ornés de figures symbohques ou de caractères mystérieux. A leur hampe que^ termine une huppe de soie surmontée d'un fer de lance^ est souvent attachée une longue fiamme simple , ow. bifide.

Peines miiiuires. Toute l'armée, chefs et soldats, est soumise au^

peines corporelles. On fait usage ordinairement du ' bambou pour le châtiment du soldat chinois, et du fouet pour les Tar tares, Les uns et les autres portent la cangue.

Guidons et drapeaux.

Plus on observe les habitudes sociales et les pratiques ^^s pratiques administratives du peuple chinois, plus on est étonné administratives de voir combien ses lois diffèrent de ses mœurs et quels ^ GtT^inkL. monstrueux abus engendre, dans tout Tempire, la mauvaise application des belles théories qui constituent la base de ses institutions nationales. Pour assurer la publication et l'exécution des décrets et règlements auxquels les sujets de Tempereur doivent obéir^ la capacité, l'intégrité, Tofoéissance des fonctionnaires qui les interprètent et les appliquent, de minutieuses précautions, que sanctionnent le code aussi bien que les usages, ont été prises, de temps immémorial, par le gouvernement. Expédiées en manuscrits aux divers départements Publicité des édits qu'elles concernent, ou affichées simplement à Péking sur papier jaune en mandchou et en chinois, quand elles ont rapport à la capitale, les décisions de l'empereur sont imprimées et immédiatement transmises par la poste aux gouverneurs des provinces. Ceux-ci sont tenus de les publier et de faire placarder leurs propres édits dans les lieux les plus apparents et les plus fréquentés de leur juridiction. Les publications officielles, écrites dans un style particulier, se terminent par Tune des formules suivantes : f Hâtez, hâtez - vous; édit spécial; obéissez en tremblant; mes paroles ne seront pas vainement prononcées. » Il faut que la loi soit connue et respectée de tous. Le code interdit, en outre, aux obUgaiions asents du pouvoir, d'occuper aucun emploi public dans imposées

" . , ., , , ,, • . aux fonctionnaires

la province ou ils sont nés, de posséder aucun terrain et à

dans les lieux soumis à leur administration, d'épouser leurs administres. une femme dont les parents y habitent, d'avoir parmi leurs subordonnés un parent quelconque, et de remplir la même charge pendant quatre années consécutives. Il veut que tous les fonctionnaires rédigent, à la fin de chaque trimestre, un rapport circonstancié sur la conduite de leurs inféiieurs ; qu'ils confessent eux-mêmes

» L'fiMPlRE DU MILiSV

ieurs propres fautes; qu'ils aient soi»^ afin de n'en point pei'dre le souvenir « de mentionner dans ton» lés documents ofSdels inaiV}ués de leurs soeauii^ le^ peines administratives qui leur ont été infligées; ^iie l'empereur lui-même, aux époques de calamités pubU" ques, avoue humblement ses erreurs et implore Tassistance divine aux yeux de tout son peuple. Enfin, poUi' suppléer à l'insuffisance des lois ou à la négligence de Tautorité, il impose encore à toutes les classes de la société et de l'administration deux obligations bien re^ doutables : la surveillance réciproque , el la mutuelle rôqK)nsabilité. Aucun fonctionnaire ne peut prendra une décision grave sans consulter son collègue ^iri eG partage le fardeau avec lui. Le pouvoir absolu ne doit ^mais être confié à un seul homme et chacun des agenis supérieurs de l'autorité a sous ses ordres un corps 4e troupe spécialement préposé à sa garde, afin qu'il puisse maintenir, au besoin par la force, son indépendance. Tous les Chinois savent que leurs actes sont silencieux sèment épiés par leurs supérieurs, leurs égaux ou leurs voisins et que la loi leur attribue une certaine part de culpabilité dans des crimes et des délits qui ne sont nullement leur œuvre, mais dont ils auraient pu empêcher la perpétration par leur vigilance, leurs conseils, leur contrôle officieux ou officiel.

On peut dire que, pour échapper aux terribles consédmiâiit^âtifs. quences de ces rigoureuses et étroites obligations, tous les habitants de l'empire ont conclu un pacte tacite d'où découlent des abus sans nombre, des hontes et des misères sans nom. Le peuple chinois est d'autant plus malheureux el plus avili, que ses institutions ont voulu le rendre plus parfait. Parmi les fonctionnaires, les inférieurs trompent toujours et corrompent systématiquenient leurs supérieurs qui se savent tromper, se laissent corrompre, trompent et corrompent égalen^ent leur

Alras

GOUVEtiNBMENt ET LÉGISLATION ^

dteff . Ces pratiques uniterselles de corruption et de déeeptiods ne s'&rrétent qu'à l'empereur qui, trompé par locrt le monde, demeure, dans Téclat de sa splendeur et de son souverain pouvoir, solitaire et impuissant. De là ces abominables malversations dont nous avons parlé plus baut, ces exactions commises par tous les agents du pouvoir et qui ne seraient jamais punies si le scandale ne devenait trop odieut, ou si l'émeute n'était imminente. De là le méptls mêlé de terreur qu'inspire l'autorité et les bénédictions dont la gratitude publique comble te fonctionnaire équitable. De là aussi l'égoîsme impitoyable dé l'homme du peuple qui laisse brûler ou dévaster la maison de son voisin sans le secourir, eipirer un desessemblaUes de faim et de misère à sa porte sans le faire entrer sous s(m toit, et son cadavre tomber en putréfaction sans oser l'ensevelir de peur d'être impliqué dans une mauvaise affaire; qui accepte les maux publics dont il a sa part avec une impassible ou môme une sereine résignation; <[ui est toujours prêt cependant à prendre les armes et à secouer le joug sous lequel il gémit, mais qui n'a ja- :mais recours à la violence s'il n'est réduit aux dernières extrémités, parce que son expérience des excès adminis- ^Mitifs lui fait tout redouter de l'avenir.

Subissant ainsi le despotisme des agents du pouvoir, led assogutions Chinois ont coutume de demander à l'association de leurs populaieu. j^arentéSy de leurs professions, de leurs intérêts, de leurs ^^efsou de leurs mauvais instincts, un appui ordinaire- * mtexki prudent et craintif, quelquefois téméraire et factieux contre leurs procédés arbitraires. C'est là , nous le croyons, ^{u'il faut aller chercher, avant tout, l'origine des clans, ^es corporations de métiers, des clubs de notables et de voyageurs, des sociétés secrètes, des bandes de pirates et de rebelles dont il existe en Chine un très-grand nom- ]»M| et que f on retrouve à toQtes les dates de son histoire.

Clans.

Corporations.

Mendiants.

Les clans, dont on compte plus de quatre cents répandus sur tout le territoire de Tenlpire, particulièrement dans le Kouang-toung et le Fo-kien, sont des réunions de familles portant le même nom et descendant d'un auteur commun. Par leurs habitudes belliqueuses, leurs impitoyables rivalités, par l'indissoluble union qui lie entre eux tous leurs membres, soit qu'ils habitent la même ville ou le même village, soit qu'ils résident, au contraire, dans des lieux très-distants les uns des autres, ils tiennent souvent en échec le mauvais vouloir de l'autorité et mettent quelquefois en péril le repoâ public.

Délibérer dans leur salle commune sur tous les objets qui intéressent leur métier, leur commerce ou leur industrie, sur les prix courants, le taux des salaires, l'ordre et l'époque des fêtes publiques célébrées en l'honneur de leur patron, l'attitude qu'il convient de prendre dans les crises politiques : tel est le but ordinaire des corporations dont la conduite est en général paisible et pacifique, mais qui savent résister parfois, dans une certaine mesure, aux exigences de l'autorité et qu'elle surveille d'un œil jaloux, La corporation des porteurs de chaises et de fardeaux est une des plus nombreuses. Celle des mendiants jouit de singuliers privilèges. Tous eeux de ses membres qui sont âgés de 70 ans, ont le droit de se servir d'un long bâton de forme recourbée avec lequel ils frappent continuellement leur écuelle et d'importuner ainsi la charité publique jusqu'à ce qu'elle ait soulagé leur misère. En aucun pays du monde, la mendicité n'est aussi commune, aussi déplaisante, aussi incommode, aussi affreuse. Attifés, pendant la saison froide, des plus dégoûtants lambeaux et des loques les plus immondes, étalant à nu, pendant l'été, les plus hideuses maladies, étendus çà et là sur la voie publique QÙ ils expirent parfois dans d'horribles agonies , sous

les yeux mêmes des passants, infectant les rues de leurs purulentes infirmités, poussant sans cesse des cris lamentables,— les mendiants chinois nous ont toujours paru les types achevés de Tabjection et de la misère humaine.

Dans les grandes villes de l'empire où le trafic est ciubi. considérable, les voyageurs et les marchands d'une même province, qui parlent le même dialecte, observent les mêmes coutumes et ont souvent des intérêts communs, entretiennent une maison où ils se retrouvent avec plaisir et profit quand le hasard les rassemble, où la table et le logement leur sont assurés, où ils rencontrent, sinon des connaissances et des amis, au moins des compatriotes dont ils entendent le lan- :$age et dont ils peuvent réclamer le sympathique concours. Les habitants notables des cités importantes ont -coutume égalemeitf de louer une vaste salle pour ^'entretenir à leur aise des affaires publiques. Ces • ^lubs de voyageurs et de notables s'adressent à l'au- "torité qui les traite presque toujours avec égard, par J'intermédîaire des Toung-se^ sortes d'entremetteurs patentés dont les démarches leur épargnent^ beaucoup de Tteraps et de soucis.

Dissimulant avec soin, sous des rites impénétrables, sociétés secrèies. leur but toujours religieux en apparence, mais souvent politique en réalité, convoquant dans leur sein des ^conspirateurs ou des fanatiques, réunissant sous leur drapeau, à l'heure de la lutte, les mécontents, les am- X>itieux et les malfaiteurs, d'autant plus influentes qu'elles sont plus mystérieuses et plus persécutées, lessociiétés secrètes ont menacé, à diverses reprises, l'existence ^u gouvernement de sérieux périls. Les plus redoutables furent le Nénuphar blanc (Pi-lin-kiaou) et la Triade. L'une alluma, au commencement de ce siècle, le feu de la révolte dans cinq provinces, conspira contre

la via d« l'6m{)erear Kia-kingf lutt» pmidal»! dii ans, avec una iodomptable opiniâtreté, 6ontr6 ses meiUettjnds Iroupes; l'autre, qui prit naissance il y a deux d^nts ans S9II8 le règne de Ktmg^hi^ trama âe» complota dans l'ombre, pendant quelque temps, contre la dyoas^ mandchoue, arbora plus tard Tétendard national dans la Kouang^t^g, le Hothnan^ la Fo-kien^ le Kûwmg'H, recruta des affiliés parmi les fonctionnaires publics^ ^ devint, an dépit des constants efforts du gouvernement, l'ftme de cette insurrectioa formidable, dont las soldata« fifroces jusqu'au délire, ont fait couler partout des flots da sang, dont les victoires, rapide» comme la £M^a^ 0»t dévasté las plus riches provinces de la Chine^ ftmdé un trône à Nanking, porté le fer et le feu jasqu'aui portes de la capitale, et que l'intervention étrangère a enfin vaincue. Les membres de ces puissantes associa* tions^ dont l'inQuence s'éteod jusqu'jtux parties le» plus • reculées de l'empire^ font usage, pour se reconnaîtra et se communiquer leurs plans, de »gnes mystérieux que TautcHrité connaît sans les comprendre. Elle les poursuit avec a^le, et la loi les frappe avec une rigueur impitoyable ^ Piraterie. Pendant que les conspirations des sociétés secrètes

menacent le repos des paisibles habitants de l'empire et l'eiistenca même de la dynastie, des bandes nom^ breuses de voleurs, qui trouvent un impénétrable abri dans les montagnes dont le pays est sillonné, infestent ses plus riches districts, pillent les voyageurs, rançonnent las villages isolés, et des flottes entières de pirates, mieux armées, mieux commandées, beaucoup plus redoutables que les escadres impériales, crœsent constamment à l'entrée des ports de commerce» sur les lacs at sur les grandes rivières. La piraterie est le grand fléau

1. On peut consulter au sujet des sociétéssecrètes les articles <|ue]u>u« àVons publiés dans la Revue des Iktix-Mondes,' en 1860, sur rinsurrec- Uon chinoise.

du commerce chinois. Elle se recrute ouvertement parmi les misérables populations des îles et des c6tes qui lui fournissent des munitions et des vivres, leur prêtent leur concours en toute circonstance et partagent ses profits. La marine impériale, presque toujours vaincue à égale force, évite tant qu'elle peut de la combattre et l'attaque seulement quand elle est sûre de l'écraser. Les autorités composent souvent avec elle et achètent, par d'onéreux subsides ou des honneurs officiels, la neutralité de ses chefs. On a vu au xvii" siècle Tun d'eux, le célèbre Ko-ching-tty résister avec succès, sur les côtes des provinces orientales, aux armées du puissant empereur Kang-hi et chasser ensuite les Hollandais de Formose.

Incapable de défendre contre les complots des so- PoUUqae ciétés secrètes, les entreprises des bandits et des pirates, ^" ïï^îîîîd"*" la nation qu'il tient sous sa dure tutelle, le pouvoir dé- des associations courage cependant avec persévérance, comme s'il obéissait partout à un mot d'ordre venu dePéking, les mesures que les habitants des villes et des bourgs prennent quelquefois de concert pour se protéger, eux-mêmes. Il les considère comme des manifestations dangereuses, comme des protestations hostiles contre le système d'égoïsme et d'isolement qui doit, suivant les calculs de sa politique séculaire, assurer l'humble soumission du peuple en disséminant ses forces individuelles, en brisant les faisceaux qu'il pourrait former afin de vaincre l'oppression qui l'écrase, les abus qui le déshonorent et le ruinent. Pour que l'antique édifice de la société chinoise reste encore debout sur ses bases ruinées par tant de tempêtes, pour que l'anarchie ne soit point le résultat permanent de tant de corruptions et de misères, il faut que la race aux cheveux noirs soit naturellement, essentiellement, énergiquement douée des grandes qualités morales qui fondent, organisent et perpétuent les sociétés.

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