DE LA LANGUE
Formation du langage écrit. — Symboles primitifs. — Éléments phonétiques. — Nombre et classification des caractères. — Radicaux. — Les modes et les tons. — Les trois principaux dialectes. — Grammaires. — Dictionnaires. — Les six textes d'écriture. — Encre, papier, pinceaux. — Imprimerie. — Texte, formats, prix des livres.
Parmi les langues dont font usage actuellement les antiquité diverses nations du globe, il n'en est pas d'aussi ancienne de l^ langue ni d'aussi répandue que la langue chinoise. Plus de 400 millions d'hommes, habitant les riches et fertiles contrées qui forment la partie orientale du continent asiatique, la Chine propre et ses dépendances, l'empire d'Annam, le Japon, l'emploient tous, sinon comme leur idiome naturel et dans leurs rapports intimes, au moins dans leurs communications officielles. Ils ne la parlent pas avec le même accent, mais ils l'écrivent avec les mêmes signes, et elle est le plus sûr, le plus utile passeport du voyageur perdu au milieu de ces vastes et loin-
taines régions. Tandis que les dialectes antiques des races primitives qui peuplaient le centre et Toccident de l'Asie : le sanscrit, Thébreu, le zend, le copte sont devenus des langues mortes, dont on eût à peine conservé le souvenir si le culte national des traditions religieuses et les infatigables recherdies de U i^cience moderne n'en perpétuaient pieusement les vestiges sacrés, le langage que parle de nos jours le peuple aux cheveux noirs se retrouve avec ses signes et sa syntaxe dans les œuvres classiques rédigées, il y a plus de trente siècles, par les anciens sages de la Chine. Organe d'une des plus vieilles civilisations, d'une des plus intelligentes et des plus laborieuses races du monde, il eût été, sans aucun doute, un des plus féconds instruments de la pensée humaine si, comme nous le verrons tout à l'heure, les lois de sa formation et de sa structure ne le rendaient essentiellement impropre à l'expression nette et précise, par conséquent à la facile transmission des idées.