LITTÉRAIRES
Siou-lsat (bacheliers).
Kien-sang.
personnelles. Quoique la plupart de ces sages et rigoureuses prescriptions soient souvent éludées à Taide de certaines connivences, les fraudes sont moins fréquentes qu'on pourrait le croire. Le bachelier est un homme hnportant dans son village et devient Toracle de sa famille ; sa qualité l'exempte des châtiments corporels. II a le droit de porter le globule d'argent et d'aspirer au titre de licencié. Il est lancé sur la voie glorieuse des honneurs publics. Malheureusement pour son ambition souvent déçue, l'argent fait concurrence, en Chine, depuis le conamencement du siècle, au mérite littéraire. L'État cherche, dans la vente des Diplômes de bachelier, un déplorable expédient pour combler le vide de ses finances. On donne aux personnages qui les ont achetés, le titre de Kien-sang.
Celui de Kiu-jin (homme promu) est accordé au Siou-tsaï qui triomphe * des solennelles épreuves du Kong-yotun. Elles ont lieu tous les 3 ans, vers le milieu de la 8^ lune ^, au chef-lieu provincial, dans la salle qui porte ce nom. Deux commissaires impériaux envoyés de Péking les surveillent. Le Fou-youeti, assisté de ses plus hauts fonctionnaires, les préside. Elles mettent en émoi toute la province et attirent dans sa capitale un prodigieux concours de population. Chacun s'empresse à saluer, à fêter, à congratuler, dans les vainqueurs, les hommes considérables qui doivent illustrer leurs familles en administrant Tempire. Dès leur arrivée au KoHg-yoHfH^ les 5iofi-/^i sont minutieusement fouillés et introduits dans d*étroites cellules munies d'un banc, d'une Ubie et de 2 ou 3 ustensiles de cuisine. On les enferme à clef et ils sont surveillés par des soldats. Us doivent préi>arer eux-mêmes les maigres aliments dont Tusage leur est permis. S'ils essayent de se soustraire à retraite sur>eillance qui les entoure, ils sont privés de
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leur titre de bachelier auquel ils tiennent plus qu'à la Tie, et leur nom que Ton affiche sur les murs de là salle, est livré à la risée publique. Le premier jour, ils traitent, en prose et en vers, quatre sujets différents empruntés aux quatre livres et rédigent cinq dissertations sur les cinq classiques. Lorsque leurs élucubrations ont été recueillies, ce qui a lieu le lendemain au lever du soleil, ils peuvent sortir et prendre quelques heures de repos. Puis on les enferme une seconde fois et ils ont à répondre, par écrit, à cinq nouvelles questions, parfois très-étendues, concernant les affaires publiques, l'histoire, la géographie. Ils ne subissent point d'épreuves orales et toute réflexion sur la politique du gouvernement leur est expressément interdite. Le nombre des compositions atteint souvent 50 ou 60,000 et celui des lauréats ne dépasse pas ordinairement 80, en sorte que la besogne des examinateurs est aussi ardue que rebutante. Ils s'acquittent en général da leur tâche, dont ils se partagent méthodiquement le fastidieux labeur, avec beaucoup de tact et d'équité. Les œuvres de tous les candidats passent d'abord sous les yeux des assistants inférieurs du Fou-yoïien, Ceux-ci écartent, sans hésiter, toutes celles qui pèchent par la correction ou le style, et le nombre des compositions soumises aux membres supérieurs du jury qui prononcent seuls les admissions est relativement très-limité. Les plus flatteuses, les plus éclatantes démonstrations accueillent le triomphe des lauréats. Leurs noms sont portés à la connaissance de tous par un crieur public qui les proclame du haut des principaux édifices de la cité. On les affiche sur les murs du palais où réside le Fou-yotien. Ce fonctionnaire, qui est dans, sa province la plus importante personnification de l'autorité impériale, s'incline devant le placard ou ils sont inscrits, et convie officiellement les nouveaux kiujinh un banquet solennel.
Tsin-se (docteurs).
Han-lin (académiciens).
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Parmi les Kin-jin, les uns sollicitent immédiatement un emploi public et les autres, désirant parvenir d'emblée à quelque haute position administrative sans passer par les grades inférieurs, continuent le cours de leurs études pour obtenir le titre de Tsin-se dans les concours triennaux qui se tiennent à Péking. Les candidats au grade de docteur sont examinés par un jury composé de hauts fonctionnaires sur des sujets administratifs et scientifiques analogues à ceux qu'ils ont déjà traités dans leurs précédentes épreuves. Ceux qui sont admis se rendent en corps chez Tempereur qui les félicite, et récompense, par quelques dons de sa munificence » les 3 premiers lauréats. L'État rembourse aux Tsin-se les frais de leur voyage et de leur séjour à Péking, et les reçoit dans les bureaux des différents ministères où ils s'instruisent dans la pratique des affaires jusqu'à ce qu'ils puissent être appelés à un emploi vacant. Il arrive fréquemment que Texamen du doctorat tourne à la confusion de l'ambitieux Kiu-jin au lieu d'être pour lui la source des honneurs qu'il attend de ses efforts et de ses succès. Convaincu d'ignorance et déclaré incapable par ses juges, il peut être renvoyé honteusement dans sa province après avoir vu détruire son diplôme de licencié.
A-t-il reçu, au contraire, celui de docteur, est-il assez riche pour préférer la gloire aux ressources pécuniaires que pourraient lui procurer immédiatement les emplois publics, se sent-il pourvu d'assez de courage et d'intelligence pour prétendre aux périlleux honneurs de Vacadémie^ il se prépare, par de nouvelles études et des intrigues de toutes sortes, à y concourir. Tous tes 3 ans, un jury, dans lequel siègent les plus grands fonctionnaires de l'État et qui occupe une des salles du palais de l'empereur, interroge par écrit, sur la politique et les sciences, les aspirants au titre de Han4in, Nous savons déjà que les académiciens constituent un desgrands
Nombre limité
des
diplômes.
Classe
des
lettrés'.
corps de TËtat, qu'ils reçoivent uix traitement annuel (Tenvîron 700 francs et qu'ils sont appelés aux emploi^ fes phjs respectables et les plus considérés.
En Chine, comme en France, le gouvernement ne dispose pas d'un nombre sufDsant de places lucratives pour satisfaire les exigences de ses administrés. Tenu d'appeler aux fonctions publiques tous les lettrés qui ont conquis le diplôme de Tsin-se/il repousse forcément les sollicitations d'un grand nombre de Kiu-jîn et de SioU'tsàî.Ces derniers, qui dédaignent le travail manuel et parmi lesquels se recrutent les professeurs, les maîtres d'école, les médecins, les secrétaires, commis et emplo]^és des prétoires, constituent une classe nombreuse et influente dé mécontents et de frondeurs avec lesquels radministration doit souvent compter. Afin de maintenir dans de prudentes limites les périls incessants dont toutes ces ambitions déçues menacent le repos public, le gouvernement chinois a fixé le nombre des diplômes que peuvent recevoir les lettrés dans les concours périodiques auxquels ils se présentent. Il n'est point proportionné, ainsi qu'on le pourrait croire, à la population ; mais il varie pour chaque province, suivant les titres que ses habitants ont acquis, dans les grandes circonstances nationales, à la faveur de TÉtat. On estime qu'à la fin de chaque période triennale le gouvernement institue 1300 licenciés et 300 docteurs.
Quant aux gradués militaires dont les diplômes, ainsi que nous l'avons vu dans l'un des précédents chapitres graduésmiiitatrei (page 321), constatent la force, l'agilité, et non le savoir ou l'intelligence, ils appartiennent ordinairement aux classes riches de la société et attendent, avec beaucoup plus de patience, les emplois que leur réserve la faveur impériale.
Position (les
Il n'y a pas en Chine d'école pour les jeunes filles ; édocahon maïs, bien que les lois et les mœurs attribuent auxfem-
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mes, dans la société^ un rôle humiliant et secondaire, les bienfaits de l'éducation, les honneurs et les avantages de la science ne leur sont pas entièrement refusés. Quand elles peuvent déployer assez d'énergie et de courage pour vaincre les formidables obstacles qui protègent leur ignorance et leur frivolité ; quand, ayant su mettre à profit les connaissances de leurs amis ou de leurs parents, elles ont étudié les classiques, les historiens, les belles-lettres et se sont exercées, avec succès, dans l'art difficile de la composition, elles deviennent les oracles et font l'orgueil, la joie, l'illustration de leurs familles. La Chine a eu plusieurs femmes auteurs dont elle a précieusement conservé les noms dans ses archives. L'une d'elles, Pan-botti-ptn. Pan-houi-pan^ qui vivait dans le premier siècle de notre ère, a écrit, pour la direction de son sexe, un livre fameux qui respire la vertu la plus austère, où Ton trouve des maximes excellentes, de très-pratiques conseils et dont la vogue s'est maintenue pendant 18 siècles. Dans un livre intitulé c le guide des femmes i, un auteur Loincbao. moderne, Lou-tchao^ a développé et commenté l'œuvre quelque peu vieillie de Pan-houi-pan. Il exalte l'influence souveraine et salutaire que l'instruction de la femme peut exercer dans sa famille ; mais il ne veut pas qu'elle préfère l'étude aux humbles succès, aux devoirs modestes du ménage. La jeûne fille a dix ans pour orner son esprit et développer sou intelligence. Une fois mariée, tout son temps est dû à l'entretien de sa maison, à la surveillance de ses domestiques, à l'éducation de ses enfants ; les rares instants qu'elle peut dérober, sans le moindre inconvénient, aux soins de son intérieur, sont les seuls qu'il lui soit permis de consacrer aux livres. U est rare que les femmes chinoises usent de l'autorisation que leur accorde le Lou-tchao. Beaucoup d'entre elles savent un peu lire, écrire et chanter en s'accompagnant du luth ou de la mandoline. Leur instruction, en général, ne va pas plus loin.