Traduit par le père Mailla en
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très) y résume les enseignements de Tchou-hi^ qui a commenté Gonfucius et les anciens sages. Tous deux sont panthéistes et reposent sur des axiomes analogues aux principes qui ont inspiré Ëpicure. Ils proclament également le culte du moi qui fait retour^ suivant Lao-tse et Boudha^ à l'unité de substance idéale et suivant Tchouhi à l'unité de substance matérielle. Le premier condamne Thomme, sur cette terre, aux stériles contemplât tions qu'engendrent l'immobilité et le silence, il fonde sa perfection sur l'anéantissement progressif de ses fa« cultes physiques et morales. Le second lui apprend, ad contraire, qu'il doit trouver son bonheur ici-bas dans la satisfaction de sa conscience, la modération de ses plaisirs, l'accomplissement de ses devoirs envers ses sem-. blables et envers lui-même; ses spéculations sont moins élevées, mais sa mdrale est plus pratique; il tend à faire de l'homme un citoyen utile à son pays; il le conduit, par de beaux exemples et de sages conseils, vers un but qui est, à la vérité, le plus pur des plaisirs, mais qui inanque de grandeur et de noblesse. Nous connaissons d'ailleurs l'influence exercée par la pratique des anciennes coutumes et des superstitions nationales sur ces deux doctrines dont aucune né satisfait complètement 9LUX vraies aspirations de l'humanité. Le culte de la raison et le boudhisme sont devenus graduellement polythéistes; le disciple de Tchou-hi, sectateur du Juh-kiao, Qvoque officiellement l'assistance des divinités du ciel et e la terre, choisit de son vivant son tombeau, conjure, ar des maléfices, l'influence des esprits errants, sacrifle IX mânes de ses ancêtres. 11 pénètre son esprit et char^ mémoire des maximes répandues dans les auteurs clas^ ^ues, non pour en faire la règle de ses mœurs, mai§ ir en orner son intelligence, afin de s'ouvrir, par des ces littéraires, la voie des honneurs publics. A vrai \ la philosophie n'est plus en Chine qu'une science
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utile; et, comme elle vit uniquement de son passé, elle parait fatalement soumise à la stérilité et à l'impuissance.
L'histoire et la géographie ne font pas plus de progrès que'^la science .philosophique. Il ne faut chercher dans saiMcis les volumineux ouvrages des historiens et des géographes HISTORIQUES ^^^ j^ simplc récit des événements et l'exacte définition tioGRAPHiQUEs. ^^ Hcux. Les réflexions qui comparent, éclairent, déduisent, les descriptions qui charment et embellissent en sont bannies. Ce sont des œuvres purement réalistes qui racontent sèchement, platement^ les faits et gestes de la toute-puissance impériale, qui font connaître la situation politique, la population, le climat, les mœurs des provinces, villes et villages, entassant presque toujours sans méthode, quelquefois sans ordre, les plus puérils et insignifiants détails, glanant indistinctement tout ce qui tombe sous la main du compilateur, accumulant, sans distinction, les notions sérieuses et futiles, à côté des renseignements les plus stupides ou des légendes les plus ridicules. Si les cartes de l'empire, œuvres des anciens jésuites, présentent en général assez d'exactitude, les informations que renferment les livres chinois sur la situation, la configuration et les habitants des pays étrangers, sont décidément absurdes. Les cartes indigènes représentent la surface terrestre comme un immense carré au centre duquel elles placent le continent chinois bordé au nord par la Russie, tandis que, dans les deux mers qui baignent ses côtes, elles disséminent quantités d'îles de toutes formes et de toutes grandeurs. Ce sont, dans la mer orientale, le Japon, les Liou-tchou, Formose, le Siara, Java, les Birmans et, à l'occident, l'Angleterre, la Hollande, le Portugal, Goa, Luçon, la Bokharie, l'Allemagne, la France, les Indes. Il est rare que l'Afrique et les deux continents américains figurent sur ces informes ébauches. Ce sont, aux yeux du géo-
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graphe chinois, de trop insignifiantes régions pour qu'il daigne s'en occuper. Depuis le commencement du siècle, les Européens^ principalement les missionnaires protestants, ont cherché, sans grand succès^ à répandre parmi les populations de Tempire des notions géographiques plus nettes et plus exactes, et celles que rejiferment les livres publiés, en 1820, par le savant Tsing-laï^ sous le patronage de Youen-youen^ gouverneur du Kouang-tong^ sont un peu moins erronées. Parmi les meilleurs ouvrages historiques, biographiques, géographiques, dont les titres ne figurent pas sur la liste des œuvres classiques que nous avons donnée plus haut, nous citerons : le Sing-poUy biographie des hommes illustres en 120 volumes; — le Liehnu'tchouen (vie des femmes célèires) ; — les récits de voyage du prêtre boudhiste Fa-hien <im parcourut, au iv^ siècle, toutes les régions oii l'on 3)rofessait son culte, l'Inde, Ceylan, les pays afghans * ;
« les Recherches sur l'antiquité, » ip^r Ma-touan-lin,
^)uvrage immense dont l'auteur mourut dans le xiii® siè- ^e de notre ère, mais qui fut continué jusqu'à nos jours, sous le patronage officiel de la dynastie actuelle- ^^nent régnante. Ses 348 chapitres traitent, au point de "^'ue historique et statistique, de tous les sujets qui ont ^u rapport, depuis quarante siècles, à la géographie ^^K>litique de l'empire. A. de Rémusat faisait un cas particulier de ce vaste répertoire oîi l'on trouve, sur toutes ies cités de Terapire, sur les vicissitudes qu'elles ont subies, sur leurs habitants et leurs mœurs, sur les distances ^ui les séparent, des renseignements circonstanciés et ^iurîeux. Ajoutons que chaque ville de la Chine possède, clans ses archives, plusieurs traités renfermant la minutieuse description des lieux où elles sont situées et le T'ëcit légendaire des principaux événements qui s'y sont
i. Traduit par Abel Rémusat en 1836..
accomplis depuis un temps immémorial. Aucune information ne fait défaut au voyageur chinois qui parcourt son pays natal. Les nomhreviji itinéraires qu'il peut se procurer lui fournissent en abondance toutes celles dont il peut avoir besoin.
moNoxii.
Système e T8in(-4al.
perstitionsastrolofiqaes.
D'après les théories émises, il y a trente ans, par Tsingloi et qui sont le dernier mot de la science théogoniqûe des Chinois , le ciel est formé de dix sphères creusés, translucides et concentriques dont la terre est le noyau. Les huit premières renferment les orbites, de plus en plus vastes, de la lune, de Mercure, de Vénus, du soleil, de Mars, de Jupiter, deSaturne et des vingt-huit constellations ; la neuvième embrasse les huit premièîres ; la dixième est la demeure du souverain céleste, le maître du monde, qui y réside au sein de la tranquillité éternelle, entouré de ses dieux et de ses sages. Il y a deux pôles nord et deux pôles sud superposés le long d'un même axe qui coupe, en deux parties égales, l'équateur et l'écliptique. Les pôles de Técliptique tournent continuellement sur eux-mêmes et règlent, par leur constante rotation , tout le mécanisme des évolutions célestes. Ceux de Téquateur, au contraire, demeurent immobiles, éternels pivots du monde primitif. Ce ne sont pas deux étoiles comme on le croit généralement , mais deux points fixes dans les immensités de l'espace, situés l'un au nord, l'autre au midi. L'esprit judicieux de Tsing-lat n'est nullement étonné de ce que renferme de vague et d'incompréhensible un pareil système qui, d'ailleurs, réalise lui-même un très-appréciable progrès sur les conditions antérieures de Tastrononiie nationale. A vrai dire, les Chinois, attribuant aux étoiles, aux météores, aux perturbations de l'atmosphère, une influence directe sur les événements de notre planète, ont été guidés principalement, comme les Chaldéens, dans Tétude des phéno-
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niène$ Qélestes, par leurs superstitions astrologique^. Aussi as^guent-ils ordinairement à ces phénomènes des causes, des origines, des effets surnaturels, et se sont-ils hâtés de mettre à peu près en oubli les notions astronomiques que leur avaient données nos missionnaires. Ils croient que les éclipses ont pour cause l'engloutissement momentané, par le Dragon , du soleil ou de la lune ; que ces astres sont les foyers permanents des deux principes universels : le yang[ qui réside dans le soleil, et le yin dans 1^ liine ; que, de qoncert avec les cinq planètes, Meçcure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, ils règlent les . ssûsons et gouvernent la température ; que, par leurs changements de couleur, les évolutions qu'ils accomplissent, dans l'espace^j les positions respectives qu'ils y occupent, ils préparent et annoncent tous les faits importants qui ont lieu sur notre globe. Ils désignent les cinq planètes, dans Tordre où nous venons de les énumérer, par les caractères qui représentent l'eau, le métal. Je feu, le bois, la terre, envisagés comme éléments, ou Jbien encore le noir, le blanc, le rouge, le vert et le Jaune; ils admettent qu'elles exercent, dans l'homme, une action directe sur ses reins, ses poumons, son cœur, • 9€>n foie, son estomac et fondent sur ces correspondflfcïîces, ces influences, ces relations, de nombreuses et bÎ2Karres combinaisons astrologiques. Chaque année, le gouvernement publie à Péking^ sous le contrôle spécial d'un bureau dépendant du ministère des rites, un aima- Aimanach impèrit nach qui indique les heures du lever et du coucher du soleil, les phases de la lune, la distribution des Tsieh ou périodes égales de quinze jours (dont la première com- '^^nce à courir lorsque le soleil entre dans le 15^ degré ^^ Verseau), les éclipses, les jours fastes et néfastes. ^^*s les astronomes officiels ne savent plus se servir des Procédés et des instruments dont les jésuites leur avaient ï^seî^n^ l'usage,, en sorte que V Aimanach imjférial ^^ï^ille de grossières erreurs.
iiiUquilè de Tasinomie chinoise.
vision de ranuée chinoise.
Coinincul
se comptent
les heures.'
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S'il faut admettre la tradition que mentionne le livre des annales, ce fut l'empereur Yao qui donna, 23 siècles avant notre ère, le signal des études astronomiques, en sorte qu'à l'exception des Égyptiens dont les zodiaques semblent présenter les signes de la plus nébuleuse antiquité, les Chinois seraient les plus anciens astronomes du monde. Le célèbre Fao, qui fut le Noé de l'Asie orientale (voir livre VI), prescrivit à deux savants, Hi et Ho y de calculer, par leurs recherches, les époques des solstices et des équinoxes, d'établir l'exacte durée des saisons et de remédier, par des intercalations périodiques, à la trop grande brièveté de l\uïïée lunaire dont les 354 jours n'embrassaient pas complètement le cours des quatre saisons. Ces intercalations, dont les époques et les limites ont été soigneusement déterminées par les missionnaires, furent d'abord fixées à 7 mois de 27 jours pour chaque période de 19 ans.
D'après le système qu'ils ont introduit et qui est resté en vigueur, Tannée chinoise renferme 12 mois lunaires de 29 et de 30 jours alternativement, et est complétée, tous les trois ans, par l'addition d'un treizième mois de 29 jours, de telle sorte qu'elle soit maintenue aussi exactement que possible, par ces accroissements périodiques, dans les bornes des révolutions solaires. Son premier mois a 29 jours. Elle commence à l'époque où le soleil occupe le signe du Verseau, c'est-à-dire entre le 21 janvier et le 19 février. Chaque jour est divisé en 12 périodes égales, de 120 minutes, dont la première commence à 11 heures du matin. Pour mesurer ces périodes qu'ils appellent Chin, ainsi que leurs fractions, les Chinois emploient le cadran solaire dont l'usage leur a été, sans doute, enseigné par les jésuites, le clepsydre et les bâtons odoriférants dont la grosseur est calculée de manière à ce qu'ils soient réduits en cendre, par un feu lent et égal, dans un certain espace de temps plus ou