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DES IpiENGES ET DES ARTS 377
moins long selon leur volume. Deux méthodes semblables à nos coutumes sont également suivies pour distinguer les jours : Tune, la plus générale, les désigne simplement par h rang numéral quMIs occupent dans le mois : on dit par exemple le 5% le 8®, le 20® jour de la l'S S®, 11® lune; l'autre, sans avoir nul égard à ce rang, leur donne le nom de l'un des signes du zodiaque, tout comme nous les appelons lundi, mardi, mercredi, sans nous préoccuper de leur quantième. On peut dire ainsi que la semaine chinoise renferme 28 jours, le Houangtao (la route jaune) étant divisée, comme la plupart des zodiaques lunaires, en 28 constellations. Ces constellations occupent chacune, dans le ciel, un espace qui varie de 1 à 31 degrés ; mais les astronomes les réduisent ordinairement, dans la pratique, à 12 groupes qui comprennent chacun de 25 à 38 degrés et qui portent les noms des 12 animaux suivants: le rat correspondant à notre Verseau, la vache ^ le tigre, le lapin^ le dragon, le serpent, le cheval^ le mouton, le singe, le coq^ le chien et Vours. La crédulité chinoise place toutes les étoiles dont se composent ces 12 groupes sous le sceptre d'un souverain qui habite la polaire; elle assigne les cinq étoiles du lion pour résidence à cinq empereurs qui gouvernent le ciel sous son tout-puissant contrôle.
Outre les périodes lunaires et zodiacales dont nous
venons de parler, les Chinois admettent deux autres
modes de diviser le temps. L'un, dont l'histoire fait
usage pour faciliter les calculs de la chronologie et qui
fut, dit-on, inventé pas l'empereur Houang ti^ partage
tous les siècles qui se sont écoulés depuis sa date la
'plus ancienne (3637 ans avant Jésus-Christ), en cycles
comprenant chacun 60 années. L'autre, que mentionne
^gneusement l'A/manacA impérial et qui est mis à la
portée de tout le monde, consacre et perpétue l'antique
institution des tsieh. Le tsieh est une série d'environ
Comment
on désigne
les jours.
Le zodiaque et ses
deux divisions.
Cycles chronologiques.
871 vËMpiRE nu mhi^^i
15 ^Qurs qu^^ r^'uiterroippept ni le QQmô^€iï|(5ejp;iç^nt an. mois ni rintercalatioA de l^ lune suppléiQe.Qtaire. Chaque année renCerme 24 de ces séries, dont la j^emièire débute au moment où le soleil entre ds^n^le 15*d^gré du ve^seau et qui portât desnoms s^ppropri^s aui^ époqueç; qu'elles déterminent : comme « eau de. pluie »^ c petite chaleur », t équinoxe du printemps », çtc.
Arithmétique.
Comment
on écrit
les nombres.
MATHÉMATIQUES. ^û mathématiqjues, les Chinois ne sont gu^r^ plusi
habiles qu'en astronpipie. Ils ont coinpifi^., de toute aptiquité, les avantages de la méthode décimale qui seri dç ba^- à leur système des poids et mesures ; mais, s'ils ont composé, sur l'arithmétique, plusieurs livres où les priiici()es éléinentaires de cette science sont méthodiquemeut exposés et nettement définis, l'algèbre, la géométrie^ la trigonométrie, les calculs logarithmiques sur lesquels les missionnaires ont écrit pour eux 36 volumes illustrés» enfouis de nos jours dans la poussière des archives impériales, leur sont généralement inconpus. Au reste, comme ils n'ont point imaginé cette convention si admirablement féconde, en vertu de laquelle la valeur décimale des chiffres est déterminée par leurs positions respectives, comme ils ne soupçonnent pas le rôle capital du zéro, comme leurs chiffres qui représentent 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 100, 1,000, 10,000, sont plus comphqués que les nôtres, ils expriment beaucoup moins facilement que nous les nombres considérables, et leurs calculs écrits sont très-laborieux. C'est ainsi par exemple qu'il leur faut, pour écrire le nombre 3,467,238, lequel renferme 346 myriades, 7 mille, 2 centaines, 5 dizaines et 8 unités, employer les chiffres qui correspondent à 3 et à 100, à 4 et à 10, à 6 et à 10,000(346 myriades); à 7 et à 1,000 (7 mille); à 2 et à 100 (200); à 5 et à 10 (50) , et à 8, —soit 1 3 caractères, tandis qu'avec sept signes nous, faisons comj>rendr0 iip-
médiatement et très-clairement la même idée* Un instrumènt ingénieux, appelé souanpan^ lui épargnei la SpjH9A:|ia)i. nécessité des combinaisons écrites. Il se compose de plusieurs séries de petites boules renfermées dans un cadre commun, traversées par des fils de fer le long desquels m les fait glisser, et représentant, suivant leur couleur Bt leur position et d'après une convention adoptée partout, un nombre variable d'unités. Les négociants ont toujours à leur portée un de ces abaques au moyen des- ]uels ils viennent à bout des quatre règles arithméti- |ues avec une grande prestesse et une remarquable )récîsion. Les chiflfres chinois affectent trois formes graphiques différentes. On emploie généralement la Doihs simple pour exprimer, dans les opérations de commerce, les nombres dont on redoute la falsification.
Pour mesurer les longueurs, la Chine fait usage du chi divisé en 10 tsoun dont chacun vaut 10 fan. Le tchi lépasse un peu notre pied métrique de 33 centimètres. )ix tchi font un tchang. Les grandes distances se mesuent au /i, lequel, d'après des données récentes, paraît galer en moyenne 620 mètres. Nos missionnaires comlettaient une grosse erreur en évaluant sa longueur, qui arie un peu suivant les provinces, à un dixième de lieue éométrique, soit à 444 mètres. Le mao (670 mètres arrés) et le king (100 mao) sont les deux principales aesuresde superficie.
On emploie pour peser : le tan (60,472 grammes), le Poids. Iirtn(un centième de tan), le liang (un seizième de kin) , etsien (un dixième de liang), le fan (un dixième de sien), le li (un dixième de fan). Les communautés étrangères donnent les noms de pikley catti, taël^ mas, condamne et cache à ces diverses mesures dont les trois derlières ne servent guère qu'aux substances précieuses ou ^Ij^armaceutiques ^ La plupart des marchandises dont
Mesures
de longueur
et de superficie.
1. On voit, d'après ce que nous venons de dire, que le kin pèse
Mesures de capacité.
Monnaies.
Tsin on Li.
nous mesurons en Europe la capacité, ou dont nous trafiquons à la pièce, comme le bois, les liquides, la volaille, le gibier, se vendent en Chine uniquement au poids. Le commerce des grains fait cependant usage de mesures de capacité dont l'administration garantit la justesse par sa marque officielle. Elles ne sont pas uniformes pour toute la Chine. On les fabrique assez grossièrement avec des planchettes de bambou. La principale paraît être le tao qui a la forme pyi'amidale tronquée et qui contient un peu moins de 5 litres.
Sous les dynasties antérieures au xni® siècle de notre ère , la monnaie chinoise , fabriquée avec plusieurs sortes de métaux, affectait des formes aussi variées que bizarres dont on ne trouve plus aujourd'hui que de trèsrares spécimens. Les Youen (1280-1 368) la remplacèrea^ en partie par un papier qui perdit toute valeur sous 1 Ming. Elle est représentée aujourd'hui par un type un que dont le signe distinctif, appelé tsin ou li parce qu* équivaut nominalement au millième d'un liang ou t d'argent, est une petite pièce de cuivre ronde com nos sols ordinaires, mais de moindres dimensions. li, que les étrangei^ désignent par le mot cache ou sap que, ne devraient contenir que du cuivre pur, mais gouvernement, faux monnayeur par nécessité toutes l fois que l'occasion s'en présente, les coule dans un gi*ossier alliage que leur valeur intrinsèque ne guère la deux millième partie d'un taèl. Ils sont au milieu d'un trou carré, afin qu'on puisse les enfil et les lier ensemble par paquets de plusieurs milliers, de plusieurs centaines. Sur une de leur face sont ii». ^" crits, en lettres mandchoues, les noms de l'emperc^-^r régnant et de sa dynastie ; sur l'autre figurent, en c
604 gram. 72 millig. ; le liang «a taël, 37 gram. 793 millig.; le ou mas, 3 gram. 77 centig. 13 miliig. ; le fan ou oondarine, 0 gra 37 centig. 79 miliig. • et le li ou cache, 3 centig. 77 miUig.
SI
ractères chinois, le nom de l'empereur et les mots tongjMio (monnaie courante). Chaque jour, les fluctuations du marché déterminent, dans toutes les grandes villes, les cours relatifs du liang et du li. Ces cours varient fré* quemment, de 50 à 100 lis par liang, du jour au lendemain, et il en résulte, pour les prix de toutes les denrées^ l'instabilité la plus incommode.
Il va s sans dire que le prix des transactions impor- s«T-ci. tantes ne peut être soldé avec une semblable monnaie. Pour en effectuer le payement, le commerce emploie des lingots d'argent ou d*or auxquels on donne le nom générique de saîci (belle soie). Les sai-ci portent la marque de leurs fabricants qui en garantissent et le poids et la pureté. Leur valeur dépend du nombre de taëls que ce poids représente. En réalité le taël ou liang unité monéuire. est l'unité fictive de la monnaie chinoise. Ses divisions et subdivisions correspondent à celles de l'once et portent le même nom. Ce sont le tsien ou mas qui vaut un dixième de taël, le fan ou condarine qui vaut un dixième de tsien^ enfin le li ou cache dont nous venons de parler, qui représente nominalement un dixième de fan ou un millième de liang et qui est l'unique monnaie courante de la Chine. Le rapport de l'or et de l'argent dépend» comme celui du taël et du cache^ des caprices du commerce et du change.
Dans leurs mutuelles relations, le commerce étranger Monnaies en usage et les négociants chinois ont fait constamment usage, à tra^nMcUons l'exception de toute autre monnaie, des piastres espa* avec l'étranger. gnôles et mexicaines dont les valeurs, à peu près égales, représentent environ 72 centièmes de taël, et que les marchands du sud ont coutume de marquer de leur poinçon toutes les fois qu'elles passent par leurs mains, afin d'attester leur bon aloi et de rendre, pour ainsi dire, impossible la contrefaçon du faux monnayeur. Nous verrons plus tard que les nouveaux traités rendent
382 L'EMPIRE DUIMILIEU :::
obÙgatoire pour la Chine l'emploi, dans ses transactions commerciales, des principales monnaies étrangères dont ils firent les taux respectifs relativement au taël.
MEDECINE. Limitée à Tétude extérieure du corps humain par
Ses théories
bizarres. Vinviolabilité traditionnelle qui protège en Chine les sur la physiologie, cadavres, la science médicale y professe, sur l'anatomie • et le jeu de nos organes, sur la physiologie de l'homine
et sur les faits psychologiques , des principes aussi absurdes qu'étranges. Ne soupçonnant point là circulation du sang et ne faisant aucune distinction entre le sang veineux et le sang artériel, confondant les muscles et les nerfs, elle attribue aux organes internes les plus essentiels des formes qu'ils n'ont pas, leur assigne des positions qu'ils n'occupent point, et leur prête les rôles les plus mystérieux. Elle enseigne que le cœur, où réside l'intelligence, est le régulateur et le prince de tout le corps humain ; que l'estomac est en même temps l'organe de la respiration et le siège de la joie; que l'âme habite le foie ; que le courage a le fiel poui* demeure et qu'on peut l'acquérir en mangeant la vésicule qui le renferme chez l'homme brave ou l'animal féroce; que le crâne, les avant-bras, le bassin, les jambes ne possèdent qu'un seul os, et une foule d'autres théories qui ne sont ni moins ridicules ni moins fausses. Elle ne peut avoir aucune notion chirurgicale et traite au hasard, par des formules magiques ou des remèdes empiriques, les eotoi'ses, les luxations ou les fractures. Au reste, infatigable dans ses patientes et minutieuses études, elle a soigneusement noté et classé depuis plusieurs siècles, dans les volumineux recueils qu'elle a mis au jour*, notam-
I. La partie du catalogue officiel appelée ise-pim (écrits ayant rapport aux professions) mentionne un grand nombre d oarrages compo^ sur la médecine et la chirurgie. Parmi ces ouvrages figurent plusieon traités Tétérioaires qui décrWent fort minutieusement tontes fes mv*' dies des animaux domestiques ainsi que les remèdes qu'il coofkutà'l appliquer.
DES SËIËNCÈS Et dis ARTS ISéS
ïâélitâahs Vé Poun-liao (voir page itè), toutes tes parties extérieures du ctj^ humain eii inêinë temps qiie lès nià'Iââies qui les peuvent affecter et ïes remèdes qui les ddiv.ent guérir. Elle distingue et dëcrît vîrigt-qUatre différentes espèces de pouls que le praticien doit séiitir au tôudhêr, et reconnaît neuf classés de maladies : celtes qui accélèrent violemment le mouvement du {)OulS) ôëlles qui ne Tinfliiencent que faiblement^ cëlt^ que ]f>i^uit le froid^ celles dès ferbiiies, celles qui attaquent là {)èàii , celles qui nécessitëh't racui)ùiicturè , celles des (retiÏL^ celles de la bouche, celles des os. Ëllè ërbpîoie (à rhubarbe, la gentiane, le ginseng, lecàinphrè, âdniîbil^'irés ordinairement èh pilules, quelques préparations nifercuriélles, une foule innombrable de simples, de rêiîiiès et de substances animales, et une grande Vàriëté ï'èmplâtres dont quelques-uns i^ont très-dàûsiîques. Ë!lle redoute la saignée et ne se sert des sangsues qîie ioùr guérir les tumeurs occasionnées par Un .coup vlôélit; maïs elle applique fort souvent raciïpunctufe et le Ëoxa. Le remède dont elle fait usagele plus fréqu^fhnent, soit pour changer le siège de Tirritâtion', 6ôît pô'ûr larceler, fatiguer et chasser finalement Tesprit qui hante lé coJ*|)s du malade, consiste à pincëi* Vtôléfniiierrt et à (Aàsieurs reprises le cou dé ce dernier Jàéqu'à ce qu'il ièVienne tout noir. Il est rare d'àîlléuts que lé tiiê&édh âdriois, si habile et si èxpériniènté qu'il goit, tï'appèïTè ({aelque pratique superstitieuse àU sedfeWfâ aé itii àîrt. • Lés fièvrëà patudéennëB, très- fréquentes et tr'ès-înV^^- 1^ dtffts le voisinage des «ziêi^és Sii ffôs'AafàïS'(ï<iJ bdf- Sétii \ek lacs et les flefUVèS, ItiWMÙèfttéS éti ^êttéM, tegéûérà'nt quelquefois èii affections péVfticîèuSès tfù l^pfiàiàè^; — les ophthdtmies et les éittardàfèk, Odèâsiôftrféêîi itAt pktVêcUt dès Splendeurs Solaires, soit pat* riiirSà'fûfciîlé dé^ lôgeiffètts, soît plutôt par h st'û^Wèr et îrfék^càtlê liàlSitudé qu'o^ féà CblfiolS (te ié hfifè «èttôyéb
Ses remèdes*
Maladies les plus commîmes.
l'intérieur des paupières avec une oetite spatule d'argent assez semblable à nos cure-oreil|j|^:< — la lèpre qui manifeste sa présence dans toutes les villes et tous les bourgs par les plus affligeants spectacles, et à laquelle l'administration de toutes les grandes cités assigne poçr demeure des hôpitaux fort mal tenus; — les inflammations intestinales; — les loupes et les tumeurs dont la médecine indigène ignore le traitement; — le choléra qui décime parfois les populations et existe toujours à l'état sporadique ; -r- la petite vérole qui fait souvent d'affreux ravages^ mais que l'on commence à combattre par l'usage de la vaccine dont le docteur Pearson a révélé les bienfaits aux habitants de Canton, en 1820; — hsaffectiom cutanées, dont il existe un grand nombre et que propage à l'infini la malpropreté des habitants de la Chine, sont les maladies dont i|i3 souffrent le plus communément. Les étrangers qui habitent l'Empire du Milieu ont particulièrement à craindre la dyssenterie, les maladies du foie et l'anémie qui, après une longue résidence, finit par ralentir les fonctions de leur organisme et par miner leur constitution.
PHYSIQUE. A peine les Chinois soupçonnent-ils l'utilité de la phy-
sique, sur laquelle ils professent des théories naïves et mystérieuses, où l'invraisemblable le dispute à l'absurde. Il paraît certain qu'en appliquant à ses constructions architecturales ou à ses travaux agricoles les lois mécaniques et statiques qui font la puissance du levier, de la pouHe, du treuil, du coin, de la vis, ce peuple intelligent et observateur est guidé, avant tout, par ses in-
Boussoie. dustrieux instincts. Ce ne sont pas assurément ses calculs scientifiques qui l'ont conduit, vers le commencement de Tère chrétienne, à l'invention de la boussole. Un des dictionnaires publiés sous le règne de Kang-hi nous apprend qu'il en faisait usage il y a quatorze siè-
cles^ et Ton sait qu*il connaissait^ de toute antiquité, la puissance attractive de Taimant; mais il ignore luimême à quelle époque il construisit ses premiers compas de marine. Ceux-ci, auxquels la crédulité des marins rend de superstitieux hommages, sont passablement défectueux. Us consistent simplement en une aiguille aimantée, longue de deux ou trois centimètres, posée au fond d'une large écuelle dont les parois intérieures sont soigneusement vernissées. Dans les cercles cone^triques qui occupent ses rebords aplatis, sont tracés les huit caractères mystiques de Fou-hi (voir page 363), les 12 heures, les 24 tsieh^ les 28 constellations zodiacales. Sollicitée par l'attraction magnétique, Taiguille tourne aisément sur le fond lisse de Técuelle. La science nationale admet que cette attraction se fait sentir dans la direction du sud, et ils placent, par conséquent, du côté de Test, la déclinaison occidentale de la pointe aimantée. Il paraît, d'après Jes informations recueillies par Klaproth, qu'autrefois la boussole guidait le voyageur dans les steppes désertes comme à travers l'immensité des océans, et que les chars étaient munis de figurines aimantées qui indiquaient toujours du doigt le même point de l'horizon.
Si le peuple chinois ne saurait nier que ses connais- chimie. sances chimiques sont infiniment moins approfondies et moins étendues que les nôtres, il peut revendiquer légitimement l'honneur d'avoir constaté, par ses studieuses observations, certaines propriétés essentielles des substances et d'avoir su faire, depuis plusieurs siècles, de constantes applications de ses découvertes au profit de la médecine et des professions industrielles. 11 est certain que ses droguistes, ses teinturiers, ses métallurgistes, ses peintres arrivent à fabriquer, par des méthodes presque toujours imparfaites, mais souvent déli-
cates et parfois përilieuses, des ingrédients pharmaceutiques très-utiles ^ ; qu'elle étend sur la porcelaine, la soie, la toile, des couleurs dont Téclat, la variété, la durée sont vraiment admirables ; qu'elle compose des amalgames métalliques, comme le cuivre blanc, que Tondre à etiioD. nous n'avons pu encore imiter. Tout le monde sait
qu'elle précéda l'Europe dans l'invention de ce meurtrier mélange de nitre, de charbon et de sonfire qui s'appelle la poudre à tanon ^. Ses annales historiques mentionnent, avant le x® siècle, l'usage des feux d'arti* fice et des fusées d'artillerie ; mais comme MarethPoh., qui fut employé dans l'armée impériale, vers Fan 1273, au siège de Siang-yang-fou^ aj^t aux Chinois l'art de construire la baliste, et qu'il ne parie* pas de leurs canons dans ses minutieux récits, il n'est guère probable qu'ils se soient servis avant nous des armes à feu. Peutêtre même serait-il naturel de penser qu'ils les ont employées pour la première fois à notre exemple.
i. La médecine emploie prineipalement à rexténeor on certain nombi« de préparations mercorielles comme les oxydes et mariâtes de mercore que les droguistes obtiennent, ainsi qne l'ont obserré des chimistes européens, par des procédés longs, coûteux et très-faillibles.
î. Notre poudre de guerre contient 75 de nitre, I5i»5 de charbcn, et 9,5 de soufre pour 100; ces proportions dans la pondre rbinniao sont 75,7. 14,4 et 9,9.