‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 6 sur 93 · ÉTENDUE ET · texte numérisé non relu

ÉTENDUE ET

BORNBS DE l'empire.

d'eûyijron 3,400 kilomètres, tandis que sa largeur, à partir de la frontière sud -ouest de l'Ili (Long. E. 6S)> jusqu'à la mer d'Okhotsk (Long. E. 140), n'en développe pas moins de B,400. Sa forme est celle d'un rectangle irrégulier. Une immense étendue de mers que les cartes européennes désignent à partir du sud, sous les noms de mer de la Chine, canal de Formose, mer Jaune, mei* du Japon, golfe de Tartarie, mer d'Okhotsk, la bofdent au sud-est et à l'est. La Cochinchine et les Birmans lui confinent au sud» Les hautes chaînes de l'Himalaya et du Karakoroum oU Isoung-ling séparent le Boutan, le Nepaul, le Poudjab, le Ladack des frontières méridionales et occidentales du Thibet. En remontant vers le nord-ouest, dans la direction des monts Bélour, jus*qu'aux pays soumis à la domination russe, les limites un peu indécises de l'empire chinois touchent successivement aux régions que les géographes appellent le Lahore, le Cachemire, le Badakchan, le Kokandi, et les tribus des Kirgliiz. Au nord, les chaînes immenses de l'Altaï, du Daour, et des Yablonoï qui vont aboutir à la mer d'Okhotsk, séparent la Sibérie de la Chine sur une longueur de 5,300 kilomètres. Le circuit de l'empire est de 20,000 kilomètres, égalant ainsi la demi-circonférence du globe. Ses côtes maritimes mesurent 5,360 kilomètres. Il renferme le tiers de l'ancien continent et comprend la dixième partie des régions habitables du globe terrestre*.

On jugera mieux de ses vastes dimensions par les comparaisons suivantes. La Russie mesure environ 10,(XK) kilomètres dans sa plus grande longueur, 2,400 dans sa plus grande largeur, et 19,000,000 au moins de kilomètres carrés. Les Etats-Unis ont 4,800 kilomètres de longueur, depuis le Pacifique jusqu'aux limites nord-

1. Les cessions que la Chine vient de faire à la Russie ont amoindri notablement ces dimensions.

est du Maine, sur 2,700 de large, depuis le lac des Bois jusqu'à la Floride, et leur superficie égale 6,000,000 de kilomètres carrés. Celle de ]*empire britannique dépasse 11,000,000 de kilomètres, mais il est vrai de dire que plusieurs de ses frontières, aux Indes et dans l'Afrique méridionale, sont toujours indécises et que quelquesunes des possessions russes, anglaises, chinoises sont encore inhabitées, tandis que la plus grande partie du territoire des Etats-Unis est susceptible de culture et pourrait nourrir d'innombrables populations.

La Chine possède beaucoup de montagnes qui hérissent son sol en tous sens, particulièrement au sud et à l'ouest, et fixent, en grande partie, ses limites naturelles. Il convient de définir, en quelques lignes, les principales de ces vastes chsdnes jusqu'à présent bien peu connues, afin de pouvoir ensuite déterminer plus aisément les trois grands bassins qui se partagent le territoire de Tempire du milieu.

Les moni^ Altaï qui "terminent, au nord, le grand plateau de l'Asie centrale, prennent naissance au bord de la mer d'Okhotsk^ non loin de l'embouchure du fleuve Amour^ par le 56» de latitude et courent vers l'ouest, jusqu'au pays des Kirghiz^ oii ils disparaissent dans les steppes désertes. Leur longueur totale est de 3,200 kilomètres, mais ils changent plusieurs fois de dénominations. A partir de la mer d'Okhot^, jusqu'au confluent du fleuve Amour et de la rivière Soungari, les Russes leur donnent le nom de Yablonoï^hrebet^ et les Chinois de Hing-an extérieurs; jusqu'au lac Bai-hal qui est séparé de la mer par une distance de 960 kilomètres, ils deviennent, en russe, les monts Daowr,* pour prendre ensuite le nom d'Akaï (montagnes dorées), en chinois

Kin-chcm, qu'il conservent jusqu'aux plaines desKirghiz. Ils projettent en Sibérie et e^\ Mongolie plusieurs chaînes

montagnes db l'empire

CHIN0I5

Altaï.

Bélour-tag .

Tien-c^au.

dont la principale est celle des Tang-nou, où l'on rencontre plusieurs plateaux élevés et qui va rejoindre, au sud, les montagnes célestes. L'altitude moyenne des Altaï ne paraît pas dépasser 1,600 mètres. Quelques pics isolés y atteignent seulement la hauteur des neiges éternelles.

Les Belour-tag^ également appelés Tartasch-Ung et Tsoung-ling (montagnes aux oignons), apparaissent vers le 40» (latitude nord), où ils forment un angle droit avec les Montagnes célestes, s'avancent vers le sud, séparent Tlli du Badakchan, et comprennent plusieurs chaînes très-élevées, mais fort j)eu connues, dont la principale, le Karakoroum^ aboutit, dans le sud du Turkestan chinois, au fameux groupe montagneux connu sous le nom de Pouchti-kour, A ce groupe viennent se souder également les Koulkoun qui traversent le grand plateau central et les Himalaya^ les plus hautes cimes du monde.

Les Montagnes célestes, Tierirchan^ en mongol TengkirH et Ala^k^ suivent, à travers l'Ili qu'ils divisent en deux parties (la Soungarie et le Turkestan chinois), la direction du 42o de latitude. L'une de leurs chaînes, le Bogdo^oula^ renferme lies plus hauts pics de l'Asie centrale, bien que les Tien-chan n'atteignent pas en général la hauteur des neiges éternelles. Un peu à l'ouest du Bogdo-oula^ se trouvent le Pi-chariy le seul volcan en activité de^ la Chine, et, au delà du Pi-chan, un fort remarquable glacier que traverse la route de Yarkand, par le célèbre défilé de Mouzdaban. Les Tien-chan qui, selon l'opinion de Humboldt, vont rejoindre, à Test, les montagnes de Mongolie, se prolongent, vers l'ouest, sous les noms de Mouz-tag, Ak-tag et Afterah-tag^ qu'ils portent successivement à partir du défilé de Mouzdaban, bien au delà des frontières delà Chine. Un peu après avoir franchi ces frontières, ils se couvrent déneiges perpétuelles.

Dans une direction presque parallèle aux Tien-chan, Nan-chan. s'étendent, à partir du fameux groupe Pouchtirkour^ les monts Nan^chan^ appelés aussi Koulkoum ou Komnloun. Après avoir formé les communes frontières du Thibet et de rili, ils se divisent en deux chaînes vers le 78<> de longitude. L'une, le Bayan-kara ou Sioué-ling (montagnes neigeuses), s'avance dans le sud-est, à travers le Kokonor et le Se-tchouen^ où elle va rejoindre le Youn-ling (monts nuageux), par le 33o de latitude. L'autre, nommée Kihlien-chan, In-chan et Ala-chan, s'infléchit dans la direction du nord-est, non loin de la source du fleuve Jaune, et va se réunir, à l'est du Kan-sou, aux Hingan intérieurs. Toute la région comprise entre les Tien-chan et les Nan-chan, à l'exception du versant méridional des Monts célestes où l'on rencontre quelques grandes villes et de riches cultures, est occupée par les plaines désertes du Gobi. On présume que les flancs des Nanchan recèlent beaucoup de pierres précieuses. La légende chinoise peuple ces pays arides et désolés de ses merveilles, de ses monstres et de ses génies. Youn-Ung.

Aux Bayan-kara viennent se rattacher, au centre du Ko-ko-nor qui n'est lui-même, comme le Pouchti-kour^ qu'un vaste réseau montagneux, quatre grandes chaînes très-rapprochées l'une de l'autre et convergeant, dans la direction du sud-est, vers le Se-tchouen et le You-nan. La plus remarquable est le Youn-ling (monts nuageux), qui constitue la frontière occidentale du Se-tchouen, traverse le You-nan, le Koueï-tchéou et le Hounan, projette vers le nord deux bras jusqu'au fleuve bleu , sépare le Kouang-toung et le Fo-kien du Kiang-si^ et du Tcheh-hiang, tourne ensuite au nord-est et vient aboutir à la mer Jaune, en face des îles Tchousan, 'après avoir pris successivement les noms de Nan-ling, Mèi-Ung et Ou'i-chan. A partir des Bayan-kara jusqu'à la mer, le Yov/n-lmg s'abaisse par une pente insensible et ne

renferme qu'un très-petit nombre de pics neigeux.

Peiing. Le KoMing-chan on Pe-ling {moniSignes du, nord) vient

se réunir également aux Bayan-kara dans le Ko-ko-nor.

11 forme une chaîne peu élevée qui court vers l'est et

le nord-est, entre le fleuve Bleu et le fleuve Jaune, borde, à l'ouest, le Ngan-hoeï et constitue, avec les ramifications du Youn-ling^ un système montagneux qui embrasse tout Toccident de la Chine proprement dite.

Hing-an, H faut. encore mentionner, dans le nord de la Chine :

1® les Hing-an intérieurs, appelés aussi Sial-koiou Soyort% qui prennent naissance dans le Chen-si^ à la suite des monts Ala-chan^ côtoient le fleuve Amour, entrent en Mongolie, puis en Mandchourie, et vont rejoindre, par le 56o de latitude nord, les Hing-an extérieurs ou Yabloncn-

sih-hi-tih. krebet; 2o les Sih-hi-tih^ qui partent des bouches du fleuve Amour ; longent, dans la direction du sud-ouest, le golfe de Tartarie et la mer du Japon ; étendent vers l'ouest, dans la Mandchourie, une grande chaîne nommée en tartare Kolmin-chang-hin-aUn^ et en chinois Tchang-pe-chan (longue montagne blanche) ; pénètrent ensuite en Corée, et se terminent à la pointe méridionale de cette presqu'île. Ces montagnes n'ont jamais été explorées par aucun voyageur européen. On sait seulement que, du côté du désert, les Sial-koï préscintent un aspect stérile et désolé, tandis que leur versant oriental est boisé et fertile. Entre les Siàlrkoi et les Sih-hirtih^ se trouvent deux autres chaînes de moindre importance, qui forment le bassin de la rivière Nonrni.

Pour achever la description du système montagneux de l'empire chinois, il nous reste à parler des monts Himalaya y des Gan-dis-ri et des Karakoroum déjà mentionnés plus haut. Les Himalaya forment la frontière

Himalaya. méridionale du Thibet; ils renferment, comme on sait, les plus hauts sommets du globe, et appartiennent plutôt aux Indes qu'à la Chine. ^ Les Gan^is^ri^ appelés aussi

GÉOOBAPHIB li

Zang ou Kài-la-sa, traversent le Thibet dans toute sa longueur. Cette grande chatne, que bien peu de voyageurs ont visitée et qui possède des pics d'une prodigieuse élévation, n'est séparée, à Test, des monts Youn-ling, que parj'étrolte vallée du Yang-tze-kiang. Elle se rattache aux Himalaya par de hauts plateaux où se trouvent les lacs Manesa-roua et Ravanbrad, ainsi que les sources de rindus et du Gange. — Les Karakoroum^ considérés, en général, comme un prolongement des Tscung-Ung^ séparent le Thîbel du Ladack qui a cessé de payer tribut à la Chine, en sorte que ces montagnes constituent, en réalité, une partie des frontières de l'empire. Le Ladack oii est situé le pays de Kachemire, a été souvent visité et décrit ; on ne sait absolument rien des vastes espaces qui s'étendent sur le versant oriental des Karakoronm.

Gan-dis-rl.

Earakoroum .

Entre les Monts célestes au nord-ouest, les Belourtag à l'ouest et au sud-ouest, et les Sialkoï au nord-est, se développe, sur une longueur totale de 2,800 kilomètres et une largeur moyenne de cent quatre-vingts lieues, le grand désert de Gobi ou Cha-moh (mer de sable). Sa superficie comprend au moins 3,000,000 de kilomètres carrés et n'est pas partout infertile. Les districts mahométans> situés aux pieds des Monts célestes, sont cultivés et populeux, et l'aridité du 6^061 paraît tenir plutôt à la grande élévation qu'à la nature même du sol. Le méridien de Hami et la route qui unit cette ville à cdle de Kiao-kouan^ séparent réellement le grand désert en deux parties qui ont chacune une physionomie particulière. La largeur du Gobi, à cet endroit, n'a pas beaucoup plus de 200 kilomètres.

A l'ouest, les plaines immenses que bordent les Tienchan, les Tsoung^ling et'les Koulkoun^ et dont la hauteur moyenne est de'4,S00 pieds au-dessus de la mer^ présentent de violents contrastes. Tandis que les dis--

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