‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 7 sur 93 · GRAND DESERT DE GORI · texte numérisé non relu

GRAND DESERT DE GORI

i% L'EMPIRE DU MILIEU

tricts septentrionaux, le Ran-hdi (mer du Mirage) où se trouvent les villes mahométanes de Kachgar^ Ôksou et Hami, les rivières de Yarkand et de Tarim^ le lac lopnor qui recueille leurs eaux, et la route de Yarkand à Lassa^ ne constituent pas, à proprement parler, un désert, le sud qui comprend une partie du Tsing-haï ou Ko-ko-nor ne possède ni habitation ni culture. On y rencontre des montagnes de sable mouvant, des rochers de formes bizarres et hideuses, une température excessive en toute saisoft, des pierres dont Téclat, sous ce ciel presque toujours sans nuage, éblouit les yeux. Dans ces régions, dit un auteur chinois, « il n'y a ni eau, ni herbe, ni être vivant, ni vapeur d'aucune sorte; c'est Tempire du néant. »

La partie orientale . comprise entre le méridien de Hami et le II80 degré de longitude est, porte plus particulièrement le nom de grand Gobi. Sa largeur, depuis les monts Altaï jusqu'aux Inchan, varie de 800 à 1,100 kilomètres. Une vallée sablonneuse, dont la largeur moyenne est de 60 lieues et dont le niveau le plus bas dépasse d'environ 3,000 pieds celui de la mer, en occupe le centre. Cette vallée, qui constitue le Çha-moh proprement dit, n'est pas dépourvue de végétation. On y rencontre quelques prairies, mais elle ne possède que des eaux saumâtres. Au nord et au sud du Chamoh^ le sol du grand Gobi est plus rocailleux et moins stérile. Il s'y trouve des arbres d'une belle venue, de bons pâturages où séjournent les troupeaux des Kalkas, et, vers les frontières, quelques champs isolés de millet, de froment et d'orge. Le Gobi n'a pas de grands cours d'eau ; cependant plusieurs affluents de l'Amour prennent leur source au nord-est du désert. En résumé, les solitudes du Gobi sont moins affreuses que celles du Sahara, mais elles sont plus désolées que les pampas d'Amérique ou les steppes de la Sibérie.

Les fleuves de la Chine sont sa gloire et sa richesse. Aucun autre pays du globe ne possède un aussi grand nombre de larges et puissants cours d'eau, navigables presque jusqu'à leur source, alimentés par de profonds affluents et portant à toutes les régions qu'ils arrosent Tabondance et la fertilité. Le Hoang-ho^ le Yang-tzekiang^ V Amour et le Tarim sont les plus grands de tous ses fleuves. Le Hoang-ho en est le plus fameux et le Yang-tze le plus utile.

Aux pieds des Bayan-kara, par le 38o de latitude nord et le 94o de latitude est, se trouve une vaste plaine marécageuse : le Sing'Suhrhaï (mer Constellée), renfermant un grand nombre de sources et d'étangs qui alimentent deux lacs jumeaux: les Ala-nor, Le trop-plein des Alanor donne naissance au Hoang-ho ou fleuve Jaune, qui se dirige successivement vers le sud, l'est et l'ouest; contourne l'extrémité orientale des Bayan-kara ; coule au nord-ouest, puis à l'est jusqu'à Lan-tchao^ capitale du Kan-sou. A partir de cette ville, il côtoie la grande muraille, entre dans le Gobi où ses eaux rapides, entraînant les sables du désert, prennent la couleur jaune qui lui donne son nom; tourne à l'est près du lac Teng-ki-ri et par le 41® degré de latitude et ensuite au sud ; sépare le Chen-si du Chan-si; reprend la direction de l'est près de la ville de Tong-tchao-fou où il reçoit la rivière Oueï, le plus grand de ses tributaires ; arrose le Ho-nan et le Kiang-soU) et se jette dans la mer Jaune par le 34^ de latitude, après un cours d^environ mille lieues. — On calcule approximativement que le bassin du fleuve Jaune n'occupe pas moins de 1,500,000 kilomètres carrés. Le niveau de son lit est supérieur, dans une partie de son cours, à celui des plaines qu'il traverse, en sorte qu'il a fallu, pour contenir ses impétueux caprices, élever de puissantes digues dont la surveillance est confiée à un des hauts fonctionnaires de l'empire. Il arrive souvent, à la

fleuves de l'empibe

CHINOIS

Hoang-ho.

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fonte des neiges, que ces digues sont rompues et que d'eifroyables inondations désolent les pays voisins. Le cours du Hoang-ho est si rapide qu'en beaucoup de points on ne le traverse qu'avec les plus grandes difR»cultés. Comme le Nil, ce fleuve célèbre reçoit très-peu d'affluents. Ses principaux sont, dans le Chen-s% le Lou et leOweïqui traverse toute cette provincedel'ouest àl'est, le Fewndansle Chan-sietle lac ffong-tsihAdinsle Kiang-sou, Yang-ize-kiang. Les sources du Yang-tze-Mang que les Chinois nomment aussi Ta-kiang, le grand fleuve, ou simplement Kiang, le fleuve, n'ont pu être encore déterminées. On sait toutefois qu'il est formé par la réunion de deux rivières qui mêlent leurs eaux au sud de la province du Se-tchouen, L'une, le Mourous-oussoii {en chinois, Mouh'loU'Sou) *, sort des flancs du Bayan-kara et des plaines désertes du Ko-ko-nor, coule à l'est, puis au sud à travers les gorges du Youn-ling. L'autre, le Yoh-loungkiang^ que les géographes chinois regardent comme la branche principale, prend naissance dans le Bayan-kara, non loin du Sing-suh-hai d'où se déverse, comme nous l'avons vu, le fleuve Jaune et pénètre ensuite dans le Se-tchouen. Ces deux rivières coûtent parallèlement sur une longueur de près de deux cents lieues ; elles ne sont pas assez profondes pour porter bateau, mais elles charrient de grands radeaux construits en bois de charpente. A partir du lieu où elles se confondent, le fleuve qu'elles ont formé prend le nom de Ta-kiang jusqu'à Ou-tchang-fou et de Yang-tze-kiang (fienye^ fils de TOcéan) depuis cette ville jusqu'à la mer. Il arrose les districts sud-est du Se-tchouen et le Hoitpé, borde le Kiang-si au nord, baigne le Ngan-hoeï et le Kiang-sou et va se jeter dans la mer Jaune par deux larges embouchures qui forment la grande île basse de Isoung-ming. Ses principaux affluents sont, au sud : le Kan-kiang qui parcourt le

i. Appelé aujjsi Kin-cha-kiang (la rivière aux sables d'or) .

GÉOGRAPHIE i5

Kiang-si dans toute sa longueur et se jette dans le lac Po-yang dont les eaux communiquent avec le grand fleuve ; le Siang et le Youen qui descendent des Nanling, fertilisent le Ho-nan et alimentent le lac Toungting ^ ; et, au nord : le Grand-canal^ une des principales artères de l'empire, qui unit Peking à la mer ; le Hankiang qui arrose, par ses affluents, le sud du Chen-si^ le Ho-nan, le Hou-pé ; enfin le Min-kiang et le Kia-ling dans le Se-tchouen. Le Yang-tze-kiang est un des plus beaux fleuves du monde. Navigable par bateaux à partir de Toung-tchouen-fou dans le You-nan et sur une longueur de sept cents lieues, il peut porter de gros navires, ainsi que l'ont prouvé les expéditions récemment entreprises, bien au delà de Nanking. Dans la partie inférieure de son cours, et partout où son lit n'est pas resserré par des collines ou des rochers, il coule constamment à pleins bords, large, profond, lent et majestueux. Il ne déborde presque jamais et ressent encore les effets de la marée à {îent soixante lieues de son embouchure, ce qui est une précieuse ressource pour la navigation. Dans beaucoup d'endroits on ne trouve pas le fond de son lit à vingt brasses et il mesure encore plus de dix brasses à quelques mètres de ses rives. Il renferme une variété infinie de poissons de toute grosseur. Ses afiluents sont les routes commerciales des plus florissants districts de la Chine. Le bassin qu'il arrose, qu'il fertilise, qu'il enrichit et dont il substante, en partie, les habitants, mesure 1,200,000 kilomètres carrés. Les Chinois le nomment avec orgueil Isl Ceinture de V Empire, et ils le considèrent comme divisant leur pays en deux régions distinctes : le nord et le sud de la rivière. Un grand fleuve que les Chinois et les Mandchoux appellent ^e/i-tongf et Sagalien (Dragon noir), et qui se Amour. nomme aussi Onon, Chilka^ Amour et Kouen-toung dans

i. Le TouDg-ting est également en communication avec le Yang-tze.

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diverses parties de son cours, baigne lelpays si tué au nord des monts Sialk-hoï et des Hing-an intérieurs. Il sort des monts Daour, près des frontières communes de la Sibérie et de la Mongolie, par leSO^delatitude nord et le IIO^ de longitude est, coule en Sibérie à Test, puis aunord-est,puisau nord sous le nom de rivière 07io7ij reçoit celui de Chilkha après sa jonction Qi\ecV Ingoda, arrose Nertcjiinsk, tourne à l'est et fait son entrée en Mandchourie aux pieds du fort Baklanova par le 121<> de longitude. Il se dirige alors, vers le sud, papBèlement aux Hing-an, s'infléchit au nord-est aprSsavoir mêlé ses eaux à celles du Soungari et se jette dans la mer de îartarie par une large embouchure qui forme le golfe de Saghalien, Cette embouchure est située près du 53° degré de latitude nord. A partir du fort Baklanova, le grand œstuaire des pays mandchoux est appelé A7nour^ Saghalien^ Heh-loung; un peu avant d'entrer dans la mer, il devient le Kouentoung; les géographes lui donnent communément le nom d* Amour depuis sa source jusqu'à son embouchure. Le fleuve Amour a de nombreux affluents. Ce sont, au nord et à partir de sa source: l^ Y Ingoda dont nous avons déjà parlé et qui descend aussi des monts Daour ; 2* la Nertscha; 3" la Zoya formée des eaux de plusieurs rivières qui sortent des Yablonoï; 4* VArgoun qui rejoint le fleuve près de son embouchure; et au sud : !<> le Ker- Zon qui est le plus puissant de tous ses tributaires; il prend sa source non loin de celle de l'Amour dont il forme, dans l'opinion de plusieurs géographes, la branche principale, contourne la chaîne des Hing-an de l'ouest, traverse le lac Kouloun et reçoit ensuite le nom d'Argoun jusqu'à son embouchure; 2o la Soungari qui naît dans le Ghlrm^ coule au nord-ouest, puis au nordest, reçoit la rivière Non-ni et est elle-même un grand fleuve; 3° VOusowH qui verse dans le Saghalien les eaux des monts Sih-hi-tih. Le bassin de l'Amour renferme au

moins 1,400,000 kilomètres carrés. Dans ces derniers temps, les Russes ont exploré son cours avec soin. Sa navigation, que Ton peut comparer à celle du Danube, est interrompue, principalement vers l'ouest, par de nombreux rapides et de dangereux récifs.

La plus grande partie du territoire que les Chinois appellent le Tien-chan-nan-lou *, et qui est situé au sud de rili, constitue le bassin du fleuve Tarim, Le Tarim est formé par la réunion de quatre rivières, sortant du Belour-tag et portant chacune le nom de la ville mahométane qu'elle arrose. Ce sont les rivières de Yarkand^ de Kachgar^ d'Oksouet deKhoten, Le grand fleuve auquel ces quatre affluents donnent naissance, coule de Touest à Test, traverse d'abord une région stérile et froide, reçoit le Kai-dou qui descend des monts Célestes et qui alimente le lac Bostang, pénètre ensuite dans de vastes marécages et se jette dans le Lop-nor, par le 42» de latitude après un cours de 400 lieues. Les lacs Lop et Z?o5lang sont situés sur le confin oriental du désert. Au nord du Bostang, le Kaï-dou et ses affluents fertilisent la contrée qu'ils arrosent.

Pour achever l'énumération des principales rivières de la Chine, il nous reste à mentionner ; lo le Tchou-kiang (fleuve des perles), qui entre dans la mer près de Canton et dont le bassin, d'environ 300,000 kilomètres carrés, embrasse les provinces du Kouang-si et du Kouang-toung, Il réunit les eaux de trois affluents qui viennent des Nanling et auxquels on a donné les noms de rivières de l'ouest {Sirkiang), du nord {Pe-kiang)^ de l'est {Toungkiang)^ suivant les directions de leurs cours; de ces trois affluents, le Si-kiang qui baigne le Kouang-si, de l'ouest à l'est, et sur lequel sont situées des villes importantes, est le plus considérable ; — 2o le Ming^ qui arrose Fou-

Tarim.

Rivières

de

second ordre.

i. Districts situés au sud des monts Célestes.

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tchao'fou, capitale du Fo-kienn ; - 3o la rivière Tsih, qui se jette dans la mer près de Ningpo; — 4* le Tsien-tang^ dont l'embouchure forme la fameuse baie de Hang-tchaofou où les navires sont si nombreux et les marées si redoutables; — 5o le Peî'ho^ que nos dernières expéditions ont rendu si célèbre ; il prend sa source en Mandchourie, coule vers le sud-est, passe à quelques kilomètres est de Peking, reçoit les eaux du grand canal et entre dans le golfe de Petchili par le 39» de latitude ; — 60 Le Léao-ho, qui traverse la province de Léao-tong du nord au sud et va rejoindre le golfe du même nom par le 41« parallèle ; — 7^ le Yahou-yen, venant des monts Shih-i-tihet baignant le nord de la Corée; — 8* en Mongolie, la Selenga; elle sort des monts Kou-kou-daban, se dirige vers le nord-est, reçoit l'Or/con, pénètre en Sibérie par les gorges de TAltaï et se déverse dans le lacBaïkal ; — 9* enfin les rivières qui baignent la province du Younan et qui toutes sont tributaires des grands fleuves de Cochinchine. ,

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