‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 60 sur 93 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'industrie

C!onditions de l'industrie en général. — Ses procédés. — Métallurgie. « Industrie séricicole. — Étoffes de coton. — Toiles. — Étoffés de laine. « Cuirs. — Céramique. — Poteries. ^ Verrerie. — Laque. — Sculpture et gravure en relief..— Fabrication des lanternes. — Pêcheries et pisciculture. —' Ëclosion artificielle. —' Progrès de lindustrie. •

ÉTAT ACTUEL Merveilleusemeiit disposés par leurs facultés intellec- DB l'industrie tucllcs ct leuTS habitudes nationales aux pratiques des

arts utiles à la yie, les Chinois eussent fait, sans aucun doute, de grands et rapides progrès dans Tindustrie, si la portée de leur esprit, Tétendue de leurs connaissances mathématiques, leur ardeur des recherches et leur zèle pour rinvention eussent égalé leurs goûts pour les professions pacifiques, pour Tordre et l'économie, leur patience ct leur âpreté au gain, leur incroyable talent d'imitation, leur respect servile du passé et leur méfiance instinctive de toute nouveauté et de tout inconnu. Maîtres des procédés et des formules à Taide desquels l'Europe transforme le monde par la physique, la statique et b chimie, ils fussent devenus le peuple le plus riche et le plus puissant de la terre. Si, depuis un demi-siècle, remploi intelligent de la vapeur et la savante application de nos modernes découvertes eussent secondé leur activité industrielle^ l'adresse et le bon marché de leur

main-d'œuvre, la fécondité de leur sol;* s'ils avaient eu des machines pour fouiller et extraire les incalculables richesses qui s'y trouvent enfouies, des steamers et des rail ways pour transporter sur leur territoire ou exporter au loin leurs innombrables marchandises, des télégraphes électriques pour faciliter leurs relations commerciales, s'ils avaient connu le secret de ces combinaisons qui désagrègent, purifient, allient les métaux ; ils eussent rempli l'univers entier de leurs innombrables produits, découragé partout la concurrence, atteint un degré de grandeur et de civilisation que notre imagination peut à peine concevoir. Mais à supposer qu'ils doivent à leur propre génie et qu'ils n'aient point emprunté aux Indous ou aux Égyptiens presque tous leurs arts industriels, ce qui est un point historique encore fort obscur, il est certain qu'ils ne les ont pas sensiblement perfectionnés. Autant que nous en pouvons juger soit par nous-mêmes, soit par leurs propres livres ou les récits de nos voyageurs, les procédés qu'ils leur appliquent n'ont encore rien perdu, pour la plupart, de leur primitive et dispendieuse simplicité.

Ceux qu'ils emploient pour l'exploitation des nombreuses mines de fer, de plomb, de cuivre, de zinc, d'or, d'argent, de mercure que recèle leur territoire, pour le triage et le grillage des roches métalliques, pour la fonte et l'afïînage des métaux, nous sont très-imparfaitement connus. Nous savons toutefois qu'ils laissent beaucoup à désirer puisque, malgré l'incontestable adresse de ses artisans et le bon marché de sa maind'œuvre, la Chine livre généralement au commerce ses produits métallurgiques de* toute espèce pour un prix plus élevé que nous ne vendons les nôtres.

Avec le fer qu'ils savent réduire, probablement sous la percussion du martinet^ en lames de tôle fort minces,

Page 1