ÉTOFFES DE COTON
Moins belles et moins coûteuses, mais aussi solides et aussi durables, les cotonnades sont beaucoup plus communes que les soieries. Elles procurent la plupart des vêtements dont font usage toutes les classes. Grénéralement on les teint en bleu ; mais les tissus de Nankin,
1. La science donne le nom de ynthia Bçmbyx et û*Arrindia Boni' hyx aux papillons des vers de l'Ailante et du Ricin. Le ver à soie da chêne, plus commun au Japon qu'en Chine, y est désigné par le nom de Y<i'ma»nïai.
dont on estime fort la résistance, conservent la couleur des fibres dont ils sont formés. Il n'existe en Chine aucun établissement semblable aux grandes filatures européen-*ues. La fabrication des étoffes y est presque aussi dissémi* née que la culture des plantes textiles. Le paysan chinois nettoie, carde, file son coton, comme le paysan breton broie et file son chanvre. Souvent il le tisse lui-même» Les procédés qu'il emploie sont ingénieux et simples. Deux cylindres en bois, durs et polis, très-rapprochés l'un de l'autre et mus simultanément par une roue à pédale, étreignent fortement le duvet du cotonnier et le débarrassent, en l'étirant, des graines auxquelles il adhère. On achève de le purifier en le mettant en contact avec la corde d'un arc fort élastique dont le cardeur dirige, à volonté, les vibrations rapides. Ces vibrations l'agitent, le dispersent en tous sens, le débarrassent de toutes ses impuretés, le blanchissent et lui donnent une belle apparence floconneuse. Les métiers sur lesquels on le tisse, après l'avoir filé, ont à peine seize pouces de largeur. La trame des étoffes de coton que confectionne le tisserand est infiniment plus serrée et plus durable que celle des cotonnades anglaises ; mais, comme celles-ci reçoivent de l'impression un coloris et des dessins qui flattent les yeux de l'acheteur, tandis que les tissus chinois sont teints uniformément, comme elles sont en outre beaucoup plus larges et relativement beaucoup moins chères, elles jouissent d'une grande faveur sur le marché.
On y rencontre des toiles indigènes dont quelquesunes fines et transparentes, bien que résistantes et serrées, sont très-appréciées et très-chères. La confection de ces charmantes étoffes auxquelles le commerce donne le nom de Grass-Cloths, et qui ne le cèdent point, pour la finesse et la légèreté, à nos plus belles batistes, est un chef-d'œuvre de patience et de délicatesse. Elles se tis-