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LIVRE PREMIER Flove ct faunc de la CJiine

quet. Il y a transition graduelle de la flore indienne à la flore mandchourienne dans la direction du sud au nord.

L'immigration des plantes tropicales est facilitée par l'inclinaison de nombreuses vallées chinoises vers la péninsule malaise : le passage de l'un à l'autre climat n'est brusqué du côté de l'Indo-Chine par aucune barrière de montagnes, de déserts, de steppes ou de mers, comme au sud de l'Europe, dans l'Asie occidentale et dans l'Amérique du Nord. Un grand nombre de plantes appartenant à la flore hindoue se voient encore à Canton et à Hongkong, d'autres remontent plus loin vers le nord ; c'est dans le voisinage d'Amoï, sous le 24*^ degré de latitude, que les plantes tropicales trouvent leur limite dans la direction du pôle. Les espèces du midi qui se propagent le plus loin vers le nord sont celles qui ont le plus besoin d'une grande quantité d'eau pour leur croissance, et qui demandent par conséquent, sinon des chaleurs tropicales, du moins des pluies aussi abondantes et fréquentes que celles de la région des tropiques.

De toutes les plantes la plus précieuse est certainement « l'universel » bambou. Le grand botaniste Bretschneider le loue en ces termes : « on le trouve dans toutes les provinces de la Chine; il sert à tout et à autre chose encore. On en fait des souliers et des boucliers pour la troupe, des ombrelles, des montants d'échafaudage, des mesures, des paniers, des cordes, des manches de pinceau, des balais, des chaises à porteur, des pipes, des tuteurs pour fleurs et des treillis de jardins. De ses feuilles on remplit des coussins et des oreillers, on tisse une sorte de manteau pour les jours de pluie, un .soï ou « habit de feuilles » et l'on en fait des cordes à haler les bateaux, des tentes pour couvrir ces bateaux, des cannes à pèche, des paniers à poissons, divers ustensiles de pêcheurs, des catamarans, espèces de bateaux, ou plutôt de radeaux, tiges de bambous solidement liées ensemble, et des aqueducs pour amener les filets d'eau dans les champs. Et il contribue aux roues élévatoires pour l'irrigation, et il est part intégrante de la charrue, de la herse, de maints instruments de jardinage et

labourage On sculpte ses racines et l'on en tire aussi des

figures grotesques, des brûle-parfums devant les autels des dieux. Les meubles de Ningpo, les plus beaux de la Chine, sont souvent ornés ainsi de figures, maisons, temples, pagodes de bambou. Les jeunes pousses, au moment même où elles sortent de terre, sont un excellent régal estimé d'un chacun, on les mange bouillies ou en sucreries et bonbons. Une substance qu'on trouve dans les nœuds est employée comme remède.

La Chine. livre

Enfin, dernier, non moindre bienfait, il donne les chop sticks, si fameux en Chine, l'objet le plus important de la vie domestique, d'un usage universel à la maison et aux champs, sur terre et sur l'eau ; et l'on en obtient du papier à tous les degrés de qualité, de celui sur lequel on écrit jusqu'à celui qu'on mêle au mortier de maçonnerie. Bref, il est tout, il sert à tout. ■»

Le principal contraste de la flore sinique avec l'européenne consiste dans le grand nombre de ses espèces ligneuses, lianes, arbustes et arbres : encore à cet égard, la Chine rappelle les régions tropicales, quoiqu'elle ne possède, pour ainsi dire, pas de forêts. A Hongkong, où la végétation arborescente a été refoulée par la culture dans quelques étroites vallées et sur les pentes supérieures des collines, les arbres représentent le tiers des espèces, tandis que dans une île de la Méditerranée, Ischia, qui, par sa situation, peut être comparée à Hongkong, les végétaux ligneux ne constituent que le douzième de la flore, soit quatre fois moins que dans l'île anglo-chinoise.

Même à Peking et dans le nord de la Chine, où pourtant le climat est déjà presque sibérien pendant une partie de l'année, les formes arborescentes sont évaluées au cinquième des espèces.

Parmi ces plantes ligneuses il en est beaucoup dont les feuilles ou les aiguilles persistent tout au long de l'année; surtout les essences résineuses, des types les plus variés, et même la Chine l'emporte à cet égard sur l'Amérique du Nord.

Les lauriers appartiennent également à la physionomie normale d'un paysage chinois. De même les formes arborescentes de la Méditerranée ont toutes des espèces correspondantes dans l'aire chinoise, et la plupart des arbres à feuilles caduques, tels que les tilleuls, les frênes, les sycomores, les érables, se retrouvent en Chine, appartenant aux mêmes genres que ceux de l'Europe. Enfin, dans la série des arbustes, le laurier-rose et le myrte rappellent aussi la flore des régions méditerranéennes.

Une curiosité delà flore chinoise, les arbres nains, donnent un aspect original à certains bouts de paysage : tel, aux environs de Hongkong, un lycopodium tout à fait charmant, le mannintchang, que les Chinois montrent aux étrangers comme un pin resté à l'état d'enfance.

Autre et précieuse supériorité de la flore chinoise sur l'européenne, le « Noble Empire » possède un grand nombre d'espèces remarquables par l'éclat de leurs fleurs ou l'élégance de leur feuillage.

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PREMIER Flore et faune de la Chine.

Ainsi, dans l'archipel de Tchousan, Fortune parcourut une petite île boisée dont le sous-bois était composé de camélias, s'élevant à la hauteur de 6 à 9 mètres. C'est du « Royaume Fleuri » que nous viennent ces fleurs admirables, de même que le jasmin, l'azalée, la glycine. C'est aussi la Chine qui nous a donné la soie, la plus précieuse de nos fibres textiles.

Quoique des zoologistes instruits, persévé- // rants, aient parcouru la Chine dans tous les sens,

FAUNE sa faune est encore loin d'être connue dans son DE entier, et chaque nouvel explorateur y découvre

LA CHINE des espèces ignorées. Il est probable que beaucoup d'autres ont cessé d'exister pendant l'époque historique : les empiétements continuels de l'agriculture ont fini par les priver de tout refuge. Ainsi, les anciennes descriptions nous parlent du rhinocéros, de l'éléphant, du tapir, comme d'animaux vivant dans l'Empire; on ne sait à quelles époques ils ont disparu.

La faune chinoise, telle qu'elle a pu se maintenir dans les régions montagneuses et dans les forêts des plateaux de l'ouest, est très riche, beaucoup plus que celle de l'Europe; mais dans l'intérieur même de la Chine on ne trouve plus que de rares espèces sauvages. De même que pour la flore, la transition graduelle se fait, pour la faune, des espèces hindoues à celles de la Mandchourie. Les singes, que l'on peut considérer comme des représentants du monde tropical dans la région tempérée de la Chine, vivent en petit nombre dans les fourrés et dans les cavernes des montagnes jusqu'aux alentours de Peking. D'après Swinhoe et Armand David, au moins neuf espèces de quadrumanes se rencontrent en territoire chinois et tibétain. Une douzaine d'espèces de félins, parmi lesquels le tigre, la panthère, et d'autres carnassiers que l'on s'attendrait à trouver seulement dans les forêts tropicales, parcourent aussi, mais en petit nombre, les régions les moins populeuses de la Chine proprement dite.

Dans son ensemble, la faune chinoise diffère beaucoup de celle de l'Europe occidentale. Ainsi, sur deux cents espèces de mammifères, on n'en compte qu'une dizaine qui soient à la fois européennes et chinoises; encore quelques petites différences entre ces animaux de l'Orient et de l'Occident sont-elles considérées par certains naturalistes comme des caractères spécifiques.

La Chine.

Les oiseaux européens sont plus nombreux en proportion dans la faune chinoise, puisqu'on en trouve un cinquième, soit 146 sur 704, presque tous oiseaux de proie et des espèces aquatiques; une soixantaine appartiennent aussi à la faune du Nouveau Monde.

Parmi les tortues, les sauriens, les ophidiens, les salamandres, aucun des nombreux représentants que possède la Chine n'existe en Europe. A l'exception de l'anguille, tous les poissons des fleuves et des lacs chinois diffèrent de ceux de l'Occident; ils ont plus de ressemblance générale avec les espèces de l'Amérique du Nord. La cause de ce phénomène est la convergence des eaux fluviales de l'Ancien et du Nouveau INIonde vers le vaste bassin de l'océan Pacifique, où les communications ont été plus faciles que d'une extrémité à l'autre de la masse continentale.

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