MŒURS DES CHINOIS
I. MEILLEURS QUE NOUS OU PIRES"? Il II. CONTR.\RIÉTÉ DE NOS USAGES ET DES LEURS, il III. BONNE TENUE, POLITESSE, BIENVEILLANCE. Il IV. ABSENCE d'initiative ET FATALISME; ESPRIT ULTRA-PACIFIQUE.
IL est bien difficile de porter un jugement équitable sur les mœurs des Chinois et d'assigner MEILLEURS aux i enfants de Han » leur vraie place parmi les QUE NOUS nations civilisées.
ou PIRES? Chez nous, beaucoup d'observateurs impar-
tiaux ou s'estimant tels, préfèrent leur civilisation à la nôtre; beaucoup aussi, voire le plus grand nombre, la nôtre à la leur.
Chez eux, c'est autre chose, et l'on ne trouverait peut-être pas un Chinois capable d'estimer l'Occident plus que la Chine et de préférer les idées, la « morale » des Occidentaux à celle des Chinois.
On conte qu'un ambassadeur chinois, rencontrant en Angleterre le missionnaire Legge, revenu récemment de Chine, lui dit à brûle-pourpoint : « Vous qui connaissez ma Chine aussi bien que votre Angleterre, lequel de ces deux pays préférezvous?
— L'Angleterre, bien sûr, répondit en bon Anglais, l'Anglais Legge.
— Bien! reprit l'ambassadeur, visiblement surpris, quoique toujours poli. Votre patrie vous plaît mieux, et c'est bien naturel ! Mais je vous parle au point de vue moral : des Anglais ou des Chinois, lequel des deux peuples est le meilleur de