LA TERRE JAUNE
I. LE HOAXG TOU. 11 II. SES EROSIONS GRANDIOSES. Il III. SA FÉCONDITÉ. Il IV. SES RICHESSES MINIÈRES.
A l'exception des pays de hautes montagnes et des plaines alluviales, presque tout le LE bassin du Hoang ho est recouvert de hoang tou,
HOANG c'est-à-dire de « terre jaune ». TOU Les provinces de Petchili, de Chansi, de
Kansou, une moitié du Chensi, la partie septentrionale du Honan, de vastes étendues du Chantoung sont revêtues de ces dépôts, au-dessus desquels s'élèvent les sommets des montagnes, comme des iles au milieu de la grande mer.
Ces terrains occupent un espace supérieur à la France entière.
Ils s'étendent par lambeaux jusqu'aux bords du Yangtze kiang, et du côté de Touest ils vont s'appuyer aux plateaux tibétains. Dans ces contrées, tout est jaune, collines, routes et champs, les maisons bâties en terre, les ruisseaux et les torrents chargés d'alluvions; la végétation même se déguise sous un voile de poussière jaune, et le moindre vent soulève des nuées de fine argile dans l'air, qui parfois en devient presque irrespirable.
Ce sont ces étendues qui ont valu à l'empereur de Chine son nom de Hoang ti, c'est-à-dire « Seigneur Jaune », synonyme de t Maître de la Terre ». Les terrains jaunâtres du Royaume du Milieu, patrie des populations agricoles chez lesquelles s'est développée la civilisation chinoise, devaient