NATIONALE
M'' Allou : Ce que nous avons à demander à M. Arnaud de l'Ariége, c'est qu'il nous fasse part à son tour de ses souvenirs relativement à ces réunions des maires dont M. Vacherot vient de nous entretenir, soit avant, soit après Buzenval. Nous le prions de vouloir bien nous dire quels étaient alors les sentiments de la population parisienne. M. Vacherot nous a dit tout à l'heure que l'énergie, l'ardeur de cette population n'avaient pas été brisées par l'insuccès de Buzenval. Ces derniers et douloureux épisodes du siège ont-ils laissé dans l'esprit de M. Arnaud de l'Ariége la même impression?
M. Arnaud de l'Ariége : Il s'agit, je crois, de ces réunions dans lesquelles nous avons eu l'honneur d'entendre les membres du Gouvernement de la Défense nationale et M. le général Trochu. Nous étions fort émus du point où la défense était arrivée ; nous voyions que l'effort de la défense n'aboutissait pas au gré de la population. Alors , dans cette réunion, qui a été provoquée, autant que je puis me souvenir, par M. Jules Favre, nous faisant un peu l'organe de la population, — car je dois dire qu'un homme qui n'est pas militaire aurait très-mauvaise grâce à parler de ces questions sur lesquelles il n'est pas compétent; — nous faisant, dis-je, un peu l'écho de cette population avec laquelle nous étions tous les jours et très-directement en contact, 'nous avons pensé qu'il serait bon d'engager le Gouvernement de la Défense à obtenir du général Trochu qu'il voulût bien s'entourer d'un certain nombre d'hommes soit pris dans les rangs de l'armée, soit même pris parmi ceux qui remplissaient des fonctions militaires en dehors de Tarmée régulière, afin de lui faire une sorte de conseil. Le général Trochu nous a dit qu'il avait pris dans l'armée tout ce qu'il avait pu y trouver; quil ne voyait pas l'importance de ce conseil qu'on voulait lui adjoindre, ci — je vous demande pardon si je suis un peu troublé, je ne peux mo reporter au souvenir de cette époque sans ressentir une vive émotion — il a exprimé la pensée qu'il était obligé de garder les éléments qu'il avait sous la main, — c'est de la première réunion avant la bataille de Buzenval que je parle; — l'idée des maires a été écartée; cette bataille