LA MALADIB DE L'EMPEREUR
Hohenzollern est antinationale; le pays ne la suppoittrait pas, il faut la provenir*. » Et ce souverain, moins de six mois après, aurait conseillé d'adopter cette candidature? L'évidence ne se démontre pas. La déclaration de Silvela rétablit : « Aucun nom n'a été prononcé. » Elle est encore confirmée par la note que le prince Charles de Roumanie, alors à la \\ cinbourg avec son père et son frère Léopold, a écrit sur son Journal à la date du 17 septembre : « C'est un secret connu de tout le monde que Tempereur Napoléon appuie la candidature du prince des Asturies. » Si TEmpereur avait recommandé à Prim la candidature du prince Léopold, le prince Charles ne Teût pas ignoré.
Le nom de Hohenzollern ne fut donc pas prononcé aux Tuileries, il le fut à Vichy où Prim s'était rendu de Paris avec Silvela. L'agent espagnol de Bismarck, Salazar, était venu les y rejoindre. 11 essaya de gagner Prim à la combinaison que, du Portugal, Seysaal avait conseillée. Il paraît bien qu à ce moment Prim ne dit ni oui ni non, mais simplement : « Allez aux ren-* seignements et sachez ce que l'on peut attendre des princes de Hohenzollern. » Il ne donna pas de lettre d'introduction, voulant que Tentreprise
i. Empire libéral^ t. XI, p. 579.
ne prît pas un caractère officiel et restât une affaire d'initiative privée. Salazar partit donc à tout hasard. Maïs il fallait de l'argent pour en (reprendre ce voyage et il était dépourvu de toute fortune : le fonds des reptiles de Bismarck y pourvut; il put se mettre en route.
La première difficulté était d'aborder les princes. Elle ne Tembarrassa guère. 11 s'adressa au ministre prussien à Munich, Werthern, qu*îl avait connu en Espagne. Ce ministre cependant n'aurait pas consenti à prendre sur lui d'être son introducteur, s'il n'y avait été autorisé par Bismarck. Au château de Weinbourg, se trouvaient alors réunis les deux fils du prince Antoine, Charles, prince de Roumanie et Léopold^ prince héréditaire, avec sa femme, princesse de Portugal. Charles arrivait de Vienne où sa réception par François-Joseph avait justement bien dénoté comment étaient considérés en Europe les membres de sa famille : « Pour montrer qu'il voit dans le prince le parent de la maison royale de Prusse, l'Empereur a ceint le grand cordon de l'ordre de l'Aigle noir, ce qu'il fait pour la première fois depuis 1866*. » Wer-
1. Tous les incidents significatifs du complot Hohenzollern sont notés avec une précision qui ne permet pas le démenti dans un écrit publié sous le titre de : <c Notes sur la Tîe du roi Charles de Roumanie. » Ces notes d'une Taillante loyauté démentent la plupart des mensooges des historiens allemands. C'est pourquoi nos historiens dans leurs récits, plus prussiens que ceux des Allemands, n'en ont tenu aucun compte. Ten excepte un homme qui unit h un noble cœur, une hne et perspicace intelligence, le baron Jehan de Witte. Il