Mémoires du priuce Charles de Roumanie, 7/19 sept
Guillaume seraient d'accord sur l'accession de
mon fils au trône qu'il me serait possible de soumettre la question à un examen plus approfondi. » Il eût été, en effet, naturel qu'un homme aussi avisé que le prince Antoine eût subordonné tout examen de la question à une entente préalable entre le chef de sa famille, le roi de Prusse, el le voisin de TEspagne, l'Empereur des Français; mais il est inadmissible que lui, membre soumis de la famille royale de Prusse, laissât à un gouvernement étranger le soin d'intervenir dans une affaire qui devait être traitée directement par lui seul avec le chef de su l'uiiiille. Celle condition, en réalité, n'a pas été posée, car elle eût été indiquée dans le journal du prince Charles, où le moindre détail ■d'importance est noté. Du reble elle n'aurait eu aucun effet pratique, puisque la première condition posée par Léopold équivalait à un refus, et que, évidemment, un ne pouvait promettre à ce prince l'unanimité en face de l'obstination de Montpensier et de ses amis.
Cette première condition équivalait à un refus.
Salazar l'interpréta ainsi et considéra sa mission comme ayant échoué. Toutefois, avant de reprendre la route de l'Espagne, il pria le ministre prussien , son introducteur, d'essayer une nouvelle tentative. En effet, le prince Charles s'étant arrêté à Bade dans le voyage qu'il fit à Paris, Werthern l'y rejoignit et insista pour que la maison de Hohenzollern ne renonçât pas à une si belle couronne.
LA MALADIE DE L*EMP£RËUa
L'intervention prussienne oliicielle apparaît ainsi dès les premières démarches en Allemagne ; le ministre de Bismarck se montre lassocié actif de son agent secret espagnol.
Peu après lo dépari de Salazar, le octobre, le prince Chaiies vint à Paris. L'Empereur mieux portant avait pu se montrer sur les boulevards le 10 septembre et rassurer l'opinion. Il reçut le prince sans retard à Saint-Cloud et Tinvita à un d< j< uner intime auquel l'Impératrice, en route vers l'Orient, pour présider à l inuugurutien du Canal de Suez, n^assistait pas.
Le prince trouva FEmpereur vieilli, soucieux, marchant a> uc peine, se plaignant d'être constamment fatigué, mais toujours bon, bienveillant, confiant, causeur. Il exprima l'immuable intérêt qu'il portait à la Roumanie : il espérait que ce pays resterait attaché aux puissances occidentales; la Russie n'a jamais poursuivi que des buts égoïstes en Oriejit, et elle continuera à le faire; lui a cherché à enrayer Tinfluence de la Russie par la guerre de Crimée, et la Roumanie ne devrait pas l'oublier. Les malentendus qui ont visiblement refroidi ces derniers temps les bonnes relations sont maintenant dis- ^ipéSy et l'Empereur voit dans la visite du prince la preuve que la Roumanie s'efforce de conserver les sympathies de la France. Il s'euquil du roi de
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Prusse. « Il apprit avec plaisir qu'il était toujours aussi dispos et valide; il rappela l'excellente impression que le roi Guillaume avait laissée h PariSy s'informa de la reine Âugusta et chargea tout particulièrement le prince de dire au Roi combien ses idées étaient pacifiques, et son désir sincère d'entretenir les meilleures rclationsavee la Prusse ^ Le prince instruisit l'Empereur de ses projets de mariage. Il lui raconUi qu'il allait, à son retour, se rencontrer avec la princesse de Widde, qu'on disait une personne accomplie. L'Empereur l'approuva, ajoulant : « Les princesses allemandes sont si bien élevées ^ »
Dans ces entretiens intimes le prince ne souffla mot de la candidature de son frère en Espagne. L'Empereur me l'a affirmé. S'il en îivait dit quelque chose, le prince, qui venait de quitter l'envoyé espagnol, n'aurait pas manqué d'en faire mention, et de rapporter à son père les paroles de Napoléon III, puisque la volonté du souverain français était un des éléments essentiels de la résolution demandée aux Hohenzollern. D'ailleurs, pourquoi auraient-ils sonde les dispositions de l'Empereur? Le premier mot d'Antoine de UohenzoUern n'avait-il pas été, à l'annonce de la candidature de son fils : La France ne le supportera pas ^ » ?