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Bonrée, $ octobre

LA REFORME JUDIGLURE,

sur lesquels il exigeait des cuiicessiuus : l** Réduction du matériel de guerre ; 2"" Rétrocession des navires blindés; 3^ Communication aux ambassades oUomanes des négociations suivies à l'étranger par le gouyernement égyptien; 4** Production annuelle des budgets de FEgypto ; 5® Recours à rautorisatiou préalable de la Porte en matière d'emprunts (29 août 1869).

Le Khédive consentit à abandonner à la Porte les frégates cuirassées, à condition qu'elle en payerait le prix; il ordonna qu'elles ne quittassent pas Toulon et que les équipa^^es fussent rappelés en ne laissant à bord des bateaux que le nombre d'hommes nécessaires à leur entretien: il contremanda les fusils commandés en xingleterre; il ne contesta puiiit que ses agents, n'ayant pas été investis du droit d'aborder directement les ministres étrangers, devaient Aire introduits auprès d eux pur les ambassadeurs de la Porte, même s'il s'agissait de négociations économiques non politiques. Mais il déclara impossible de céder relativement aux budgets et aux emprunts : permettre à la Porte de mettre les mains dans les finances de rKgypte, ce serait remonter à vingt-Uuit ans en arrière. Ce qu il pourrait faire serait de publier le budget de telle faron (jiie la Porte en puisse prendre connaissance comme les autres puissances. Quant aux emprunts, ils n'avaient jamais été soumis à une autorisation préalable ; le dernier avait été si^né sur le yacht khédivial, à Constantiiiople même, sans qu'aucuae autorisation eût été demandée

au Sultan. D'ailleurs la question manquait d intérêt, puisque l'Égypte, aux termes de ses dernières conventions financières, ne pouvait -contracter d'emprunt nouveau avaut quatre ans (1*^^ octobre 1609).

Aali se montra coulant sur la question des

budgets, mais inti'uitable sur celle des i iii|)ruats. Il nia qu'auoun des firmans qui assurent aux vice-rois le gouvernement de l'Egypte, leur eût donné le droit de faire des emprunts dont la conséquence pouvait être, en cas d'extinction <le la famille de Méhémet, de ne rendre au Sultan .qu'une Egypte accablée de dettes ^ Cette fois encore, la France, entraînant les autres cabinets, défendit le Khédive. La Tour d'Auvergne écrivit : « Le Firman de 1867 dit : « L'adininis- Iration intérieure de l'Egypte et, par suite, ses intérêts financiers matériels et autres, étant confiés au gouvernement égyptien, la faculté de contracter librement des emprunts semble ressortir nettement de cette disposition et, en -effet, l'emprunt de 1868 a été contracté sans autorisation préalable. La Porte ne gagnerait rien à revenir sur oe:tte concession (7 sept. 1869). » Néanmoins no.tre ambassadeur Bourée restait sympathique à la Porte et celle-ci tenait bon : <i Je suis, disait Aali, rédacteur du firman de 1867; je sais oe que nous avons voulu y mettre. 11 n'a jamais été question d'ajouter quoi que ce soii aux droits que possédait le Vice-Roi en

i. De Bourée» 0 septembre 1869,

LA &i!;FOKME JUDICIAIRE.

matière niilitaire, intérieure, judiciaire et financière. Nous avons seulement confirmé ces privilèges sans les anioiiidiir ni les étendre. Par conséquent le Khédive n'ayant pas, avant le firman, le droit de contracter des emprunts ne Ta pas acquis par ce fii man ^ »

11 soumit les préieiiiioiis d Isiiuiil au Conseil des ministres qui, à l'unanimité, les repoussa. Le Sultan démentit qu'Isnidil eût contracté son dernier emprunt sans autorisation : il l'avait demandée verbalement en personne à son suze* rain. Le Khédive, exaspéré de celte résistance, notiiia que la bienveillance du Sultan lui était plus précieuse que le monde entier, mais qu'il n'irait pas à Conslantinople. Tous les consuls, sauf celui de Russie, eurent beau combattre sa résolution, il fit la sourde oreille. « Quelle serait ma position la-bus ? dit-il au consul d'Autriche, Aali finirait toujours par vouloir que je règle ma situation avec le Sultan, et je ne pourrais que m'incliner devant mon Maître, car nos mœurs ne nous permettent pas de faire la moindre objection à nos supérieurs. Ne prétendez pas que je ponrrais invoquer mes obligations à Tégard des capitaux étrangers. Le Sultan m'accablerait de reproches pour avoir osé mêler les intérêts étrangers a une question du ressort de sa volonté souveraine. Et je serais contraint de sacrifier TÉgypte et des intérêts dont je n'ai pab le droit de disposer. » Le consul lui ayant

i. lie Bûurée, 7 et 14 sepleuibie.

L'£MPiRË LIBÉHAL.

fait observer que le Sultan prononcerait peutêtre sa déchéance et que les puissances européennes n'y trouveraient rien à redire, Ismaïl répliqua: « Eh bienl ce sera la guerre ! Croyezvous que j'accepterais ma destitution ? J'y répondrais par une déclaration d'indépendance, et les armes décideraient. — V. A. ne craindraitelle pas Tesprit musulman de son peuple^ de son armée, qui pourrait ne pas vouloir prendre les armes contre le chef suprême des Croyants? — Ce sont là des fables qu'on vous conte, à vous autres Européens. Dans les mosquées du Maroc, on ne prie pas pour le sultan Abdul-Aziz, mais pour le sultan du Maroc; en Algérie, pour TEmpereur des Français, à Tunis pour le bey de Tunis, au Caucase pour Fempereur de liussie, aux Indes, pour la reine d'Angleterre; l'esprit musulman s'accommoderait, en Egypte, de prier pour le roi d'Egypte ^ »

l<a rupture paraissait irrémédiable. Le Khédive ne répondait plus aux lettres de la Porte. Le Sultan menaça de retirer le iirman de 1867. « U se pourrait alors, riposta le Khédive, que de mon côté je refuse de payer le tribut. » Entre ces deux entlammés, prêts à se ruer Tun sur l'autre, le Cabinet français jeta une goutte d'eau aussitôt consumée. U proposa d'établir en règle permaneiile le précédent du dernier emprunt tel que le Sultan Taffirmait ; aucun emprunt ne pourrait être contracté sans une autorisation

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