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I. Flourems. Paris livréf p

L'EMPIRE LIBÉBAL

ceux qui le nient. Que sera cette guerre? Une

guerre de conquête? Quelle est la conquête à faire? La liberté. » Il demanda i'embrassement de la république et du socialisme, souhaita que notre liberté in) maculée et inviolée fût comme la Jungfrau, une cime vierge en pleine lumière. 4c Je salue la révolution future I »

Une grève éclata ;i Aubin dans rAveyioii ♦ (8 octobre) qui fournit encore un aliment aux déclamations révolutionnaires. Douze cents ouvriers (1rs mines suspendirent tout travail, demandant une augmentation de salaires et le renvoi ou la démission de l'ingénieur en chef. Ils se livrèrent à des manifestations d'une brutalité extrême. Les représentations bienveillantes du préfet étant restées vaines, trente hommes de troupe furent envoyés pour protéger les ouvriers paisibles et laborieux. Les grévistes se précipitent sur eux, essaient de les désarmer^ les accablent de pierres, de débris de fonte et même de barres de fer rougies au feu. Plusieurs soldats sont blessés. L'officier, conformément au règlement militaire qui prescrit aux hommes attaqués de se défendre, les voyant acculés^ écrasés par le nombre, leur crie : « Défendezvous ! » Les soldats tirèrent et il y eut quatorze morts et environ vingt blessés. Les journaux réclamèrent justice contre le lieutenant qu'ils appelaient un bourreau. Le ministre delà Guerre ordonna une enquête : il en résulta que l'officier avait été irréprochable, et Le Bœuf proposa de le décorer ; Magne et Chasseloup se récrièrent. .

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Le Bœuf insista, offrit sa démission ; la décoration fut accordée. L'armée apprit ainsi que dans les conflits, tous les jours imminents, elle ne serait pas désavouée par le gouvernement.

Les députés de lu Gauche voulurent prendre leur part à l'agitation. N'osant pas être révolutionnaires par des actes, ils étaient condamnés à Têtre par des paroles. Ausbiiùl la promulgation du sénatus-consulte, ils prétendirent avec arrogance que la Constitution exigeait impérieusement la réunion dans les six mois au plus tard, de tout Corps législatif dissous, que la petite session de juillet ne saurait être considérée comme une convocation suffisante et que, dès lors, la session devait être reprise immédiatement ou au plus lard le 26 octobre. Le ministère, à juste litre, n'admit pas cette interprétation arbitraire. A ses yeux, l'exigence constitutionnelle avait été satisfaite par la session quelque courte qu'elle eût été, et dès lors, il restait maître de choisir l'époque où il ferait cesser la prorogation. Il lui fallait se donner le temps de réfléchir, d'adapter son personnel aux exigences du régime nouveau et de ne pas se trouver, comme l'avaient été ses prédécesseurs, incertains et sans cohésion, aux prises avec une Chambre impatiente. La Gauche n'avait qu'à répondre à des arguments par des arguments, mais comme

bi lUi relaid insiguiliaiil allait niettre TEtat en péril, ils recoururent aux sommations menaçantes. Kéralry commença : A un ministère de mau\aibe foi ou iiicapablt- tl aiïrouler les débats publics, à unsénatus-consulte accepté avec confiance et qui ne serait plus ([uan leurre, si l'acliuii |>aileuieutairc, qui seule peut le vivifier est étouffée, à uu gouvernement épuisé par lui-même, incapable d'une ferme résolution, on devra répondre le 26 au malin, par une mise en demeure au pouvoir exécutif méconnaissant la Constitution et faire appel à une nouvelle Constituante, car tous les intérêts souiïVenl, ils comptent sur nous : il n'y a pas d'autre moyen de les sauver. Donc au 26 ! » Le fougueux député couNuquait ses collègues sur la place de la Concorde ; do là ils se rendraient au Palais législatif où, après avoir pénétré par la force, ils reprendraient leurs sièges et voteraient la reuaiou d'une Constituante.

Gambelta se hàla de faire écho à ce programme héroïque : « Le sullrage universel, ce maître des maîtres, est déjà depuis trop longtemps tenu en échec par le {mouvoir exécutif,, qui n'est en somme que sa périssable créature. Jl faut en finir. Les représentants du peuple doivent s'emparer de toute occasion propice et juste de proteslei contre Tintolérable conduite du gouvernement. Le rende/-*vous au 26 octobre prochain, donné à tous ses collègues de la Chambre par le député du Fmistere, nous présente cette occasion : c'est TessentieL M. de Ké*

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NÉGOCIATION ENTRE L'ExMPEREUR ET E. OLLiVlER. i09

ratry propose de se réunir le S6 oi tohre au lieu ordinaire des séances^ de se constUuer^ de délibérer; en un mot^ de passer outre aux inqualifiables résistances de r exécutif. A merveille. Le devoir d'un représentant du peuple çn telle occurrence est tellement clair et net que j'éprouve à peine le besoin de vous dire : J'y serai. » (1 " octobre.) 11 y sera, fût-il seul! Raspail adhère, Bancel annonce « qu'il se rendra à Paris remplir dans leur sévère rigueur ses devoirs de représeiUaut du peuple ». Le troupeau démagogique s'émeut de ces fiers accents et applaudit. Les électeurs somment les tièdes, tels que Gai niei-l^igès, de prendre des résolutions viriles. « 11 n'y a pas à s'y méprendre, s'écrie le journal de Deleschize, c'est la révolution. » En 1829 et en 1847 le mou- . vement n'avait pas eu une telle intensité.

S'incliner devant ces insolents déiis, c'eût été de la part du ^oun prnenieul un suicide. Cependant il en délibéra. Les ministres étaient assiégés de conseils : Prenez garde I le sang coulera! ce sera la guerre civile! Ne vous raidissez pas contre le sentiment public. — Magne se trouvait en congé depuis la promulgation du séna*tus-consulle ; l'Empereur le (il niauder. « C'est uii esprit net, j'ai coniiance en son jugenient^ il nous tirera d'affaire. » Magne arrive^ le Conseil se réunit; chacun se préparc à Fécoutcr. Il commence par reconnaître que i émotion publique est considérable et que les dangers d'une résistance sont réels; cependant il ne faut pas faiblir. Une convocation au 26 octobre, au jour

lia

fixé par Kératry, ce serait une défaillance. Mais

qui empêchait de convoquer le 25? Kératry sor rait bien attrapé ! — « Mais ce serait de la pusillanimité! » s'écria Le Bœuf irrité. L'Ëmpereur changea de couleur et dit : « Ah ! monsieur Magne, je ne vous avais pas appelé pour que vous me donniez un conseil aussi peu héroïque^ »> Il fut résolu qu'on ne convoquerait que le 29 novembre. Le décret, signé le 3 octobre, fut aussitôt publié.

Jusqu'au 2G le gouvernement fut dans les îranses. Magne surtout allait à tout instant au ministère de la Guerre s'assurer que l'armée serait prête, et il ouvrit l'avis que l'on fît arrêter la veille les personnages suspects. 11 ne connaissait pas les députés irréconciliables : ce n'étaient plus les héros du cloître Saint-Merry, les Janne, les Guinard, les Barbès, les Godefroy Cavaignac; c'étaient de prudents personnages plus capables de coups de gueule que de coups de main, et de qui aucune témérité n était à redouter. Tant qu'ils avaient pensé eifrayer le gouvernement, ils avaient menacé; dès qu'ils le sentirent ferme, ce fut un sauve-qui-peut comique. Ferry, pour couvrir le désarroi, écrivit le S à ses collègues de se rendre, non sur la place de la Concorde, ni au Palais-Bourbon, pour y former une Constituante, mais au lieu ordinaire des réunions de la Gauche, pour répondre coliectivemeut au décret insolent du

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