‹ L'empire libéralChapitre 30 sur 99 · T. SU · texte numérisé non relu

T. SU

L BMPIRB LIBÉRAL,

miner par la loi le nombre et Tétendue des cir-

conscriptions, et de sauvegarder la liberté des élections ; la moditication de l'article 75 de la Constitution de l'an VllI, en matière électorale, ou lorstju il h'ugit datU inlr à la liberté individuelle et de violation illégale du domicile; l'attribution au jury des délits politiques commis par la voie de la presse ; la suppression du droit de timbre sur les journaux et son remplacement partiel par un droit de poste; la suppression du droit accordé aux préfets de désii^iier les journaux qui doivent recevoir les annonces judiciaires; la liberté de l'enseignement supérieur; Tenquête p.o lemenUiire sur h\s conséquences du traité de commerce ; la recberche de tous les moyens pratiques d'améliorer la situation morale, intellectuelle et uiatérielle du plus grand nombre. »

Ce programme était l'expression la plus complète des désirs de la portion la plus exigeante du parti libéral. Il différait même des programmes que j'avais soumis à l'Empereur, puisque j'y admettais le ju^rniontde la presse par le jury. J'eusse préféré m'en tenir à ma doctrine du droit commun, la seule vraie, mais les libéiaux n étaient pas encore convertis à cette thèse, et si nous n'avions pas réclamé le jury, il semblait que nous ne fissions rien. La dernière j>lirase indiquait une préoccupation populaire qui n(jus séparait des parlementaires purs, peu soucieux des réformés sociales. De m le nombre des signatures s'éleva vite à

133*. Parmi les adhésions particulières, ou re- ^ marqua beaucoup celle dlsaac Pereire, Tancien

saint-simonien, d'une intelligence très étendue même en dehors de la spécialité ilnaucière où il exceUait^

L'effet fut immense. Les rumeurs contre moi tombèrent aussitôt et je redevins le leader du mouyement. Le Centre gauche, qui délibérait et att(Mitlail le rapport de sa commission, fut dérouté, confus, abasourdi par la rapidité de notre riposte. U n'avait plus le prétexte de nous tiaiter d'alliés de Jérôme David et nous avions, nous, le droit de lui reprocher son

1. Voici les principales : B'Albuféray Bosson-Biliault, ^ ChesneloQg, Ghevandier de Valdrome, Dupuy de Lôme, Uuvernois» Henri Germain, Laroche -Joubert, Louvet. Mackau, Hasséna, Mège, Moacby, Hurat, Emile Ollivîer, Pereire, Ernest Pinard, Prax^Paris, Reille, Maurice Richard» Segris, Talabot, Taifaouét, etc.

2. «t Mon cher monsieur Ollivier, — Obligé de m'absenter aajonrd'hui de la .Chambre pendant une partie de la séance, Je n'ai pa, à mon grand regret, signer le manifeste des 1 14* le lie veux pas tarder plus longtemps à ajouter ma signature à Ce programme dont les principes doivent servir de base à la r^onstitution d'une puissante majorité. Dans Taccomplissement de cette œuvre à Iaqu<«lle vous aurez eu l'honneur d'attacher votre nom, je me plais à reconnaître à quel point vous avez su unir Tesprit de conciliation à une ferme volonté. J'applaudis vivement à la phase libérale dans laquelle la France semble être définitivement entrée, et je m'en félicite d'autant plus qu elle doit avoir pour effet de réaliser te rêve de ma vie, la recherche des moyens lès plus propres à améliorer la situation morale, intellectuelle et matérielle du plus grand nombre. C'est à cette recherche que mes efforts ont toujours été voués et que je suis prêt k mè consacrer tout entier. Veuillez agréer l'expression de mes meilleurs sentiments. — I. PKaKiax. » (Paris, 6 d*^**.. 1869);

L'fiMPIRE LlBjSïRAU

alliance avec les Rochefort et les Jules Favre. Il ne savait quel parti prendre. Il s'arrêta à

une adhésion motivée accompagnée de deux restrictions, l une relative à l'exercice du pouvoir constituant, l'autre à la nomination des

maires; il exprima le vœu (jue le gouvernement

fit participer le pays, par ses représentants, à toutes les modifications constitutionnelles, et

dit que la désignation du Chef de l'État no donnait pas aux communes une participation suffisante au choix de ses magistrats; mais il n'était pas d'accord sur ce poinl, les uns voulant coniérer la nomination aux conseils municipaux , les autres se contentant de leur donner un droit de présentation.

Aussitôt la signature de notre programme, je me rendis chez TËmpereur et je lui dis que j'étais maintenant en état de constituer un ministère appuyé sur une majorité*

La vérification des pouvoirs ne contribua pas à me rapprocher du Centre gauche, a\ec lequel je fus souvent en désaccord. Malgré mes bons sentiments pour Lambrecht, je ne pus me résoudre à voter contre Félectiou irréprochable de son concurrent Choque. Je pus encore moins consentir à livrer Duvernois. Son élection n'était certainement pas correcte, la candidature officielle avait déployé en sa faveur l'excès de son énergie ; néanmoins aucun fait délictueux n'était prouvé, et si les libéraux devaient avoir quelque indulgence, c'était pour le collègue qui travaillait en ce moment au triomphe des idées

libérales. Lâ politique ne conseillait pas non plus de s'acharner contre une élection à laquelle

rKmpeieur attachait un prix particulier. Cependant aucune ne fut attaquée avec une passion plus ardente. Je la défendis dans le bureau par ma parole et à la Cliambri^ par mon vote. Elle fut validée par 12 voix; si je m'étais simplement abstenu, elle eût été annulée. Quatre élections furent cassées ; sept députés, investis de cliarges à la Cour, devancèrent, par leur démission de ces emplois, la nullité qui eût été certainement prononcée.

Forcade saisit l'occasion d'un débat sur l'élection delà Gironde, pour professer ses intentions libérales. 11 le fît en ternies excellents dont on ne pouvait suspecter la sincérité : <( Je suis de «eux qui pensent qu'il y a quelque chose de plus digne encore d'une haute ambition que le gouvernement personnel, c'est Thonneur de fonder la liberté dans ce pays ^ » Néanmoins, il était universellement admis que Forcade ne pouvait pas être chargé âf" pratiquer un régime si contraire à celui qu'il avait jusque-là servi, et, plus que jamais, il était question du futur ministère. C était l'objet des conversations habituelles dans la salle des Pas perdus. Un jour un Centre gauche me dit : « Si vous êtes chargé seul de constituer un ministère, ce seul écartera Daru et Bu£fet. Vous devriez conseiller d'appeler à la fois Daru, Buffet et vous. — Qu'à cela ne tienne,

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