‹ L'empire libéralChapitre 36 sur 99 · Né en · texte numérisé non relu

Né en

triomphe. A Sébastopol il avait commandé penduiit une année avec un courage stoique, au milieu des maladies et des privations, le corpsdes marins détachés à terre; cela lui valut le grade de vice-amiral. El la campagne de Chine et de Cochinchine (1857*1859) lui procura la dignité de sénateur. Il se signala par des discours spéciaux pleins de verdeur et se montra le défenseur ardent du pouvoir temporel, il entra, au ministère à la suite du 19 janvier, à la place de Chasseloup-Laubat : l'Empereur prolilail de la crise ministérielle pour militariser la marine, ainsi qu'il écrivait à Cliasseloup en lui donnant congé. Dans ses situations diverses, les qualités par lesquelles il se distingua furent Ténergie de la volonté, la puissance du travail, Tordre, la méliiode. il n cUait pas matelot autant que d'autres, et n'avait pas les qualités spontanées quecette qualification suppose, mais il ne lui manquait rien de ce que peuvent donner la science,, la réflexion, la persistance, la valeur ; et c'étaient justement les aptitudes nécessaires à ce moment où Tart naval se trausiormait. 11 façonnait les marins à son image, les préparait, les choisissait, les imprégnait de ses qnalités, et il apprenait aux uns et aux autres les fortes mœurs militaires que le monde a admirées depuis à Pariset à Bazeilles. Il ainiail à faire tout avec pompe et à tenir une grande place, et il était dans son élément quand il avait à présider quelques cérémonies niilitaires.

Sur le berceau de Napoléon Daru avaient

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brillé toutes les splendeurs du premier Empire,

et Napoléon et Joséphine lui avaient servi de parrains ^ De 1 Ecole polytechnique il avait passé dans Tartillerie et il était entré sans efforts dans la vie publique. Dès d8^]2 il prenait séance à la Chambre haute comme pair héréditaire. 11 fut de cette noblesse bonapartiste oublieuse des Bonaparte, qui accepta Louis-Philippe comme l'héritier de Napoléon P% le servit avec hdélité et déplora sa chute. Cependant trop d'anciennes traditions rapprochaient un Daru d'un Napoléon pour que des rapports ne s'établissent pas entre le comte Daru, envoyé comme député à l'Assemblée Constituante et à la Législative et le prince Louis Napoléon, élu président de la République française. Ces rapports devinrent familiers, et Daru, élu vice-président de l'Assemblée législative, protita de son inilueace pour dissuader le Président de toute pensée de coup d'État. Il crut avoir réussi; aussi fut-il très courroucé, à la nouvelle de l'événement du 2 décembre. Il réunit chez lui, rue de Lille, 200 députés et, à leur iéte, se présente à la porte de l'Assemblée du côté de la rue de Bourgogne; les soldats le repoussent. 11 reconduit ses collègues chez lui et met en délibéraliou les partis les plus énergiques. Tout à coup un jeune officier d'état-^major entre et déclare qu'il a ordre d'arrêter les membres de la réunion « Avez-vous un ordre écrit? demande Daru. —

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