Pans, 21 juin
L ËMPIRË LIBKRAL.
empereur. 11 goûtait les fruits de sa politique d^atermoiements. Il répondit : « Mon cher monsieur Schneider, Je ne puis accepter la démission que vous m'offrez par cette lettre du 21 que je n'ai reçue qu'hier. Au moment où je donnais un nouveau témoignage de ma coniiance et de mon estime 'pour les services éminenls que vous av<»/ rendus au pays et à mon gouvernement, il n'a pu entrer dans mapen>L'e de faire un acte qui portât atteinte à votre dignité, ni affaiblir l'autorité morale qui vous est nécessaire comme président du Coi ps législatif. La promotion au grade de grand officier de M. le baron Jérôme David n'a en effet auctin des caractères que vous lui attribuez; elle est la juste récompense d'une carrière honorablement reni[)lie et la réalisation d'une promesse faite Tannée dernière dont, je crois, vous aviez connaissance. Je ne saurais admettre davantage que cette nomination ail dans l'opinion [HiMique la signiiication que vous paraissez redouter. La politique de mon gouvernement se manifeste assez clairement pour éviter tonte é(iuivof[ue. Après comme avant les élections il cimtinuera l'œuvre ({nïl a entreprise : la conciliation d'un pumoirfort avec des inslitutiuns sinciTciuent libérales. Je compte sur votre dévouement pour m'aider à Taccomplissement de cette tâche. Agréez, mon cher mon^iellr Schneider, ma sincère amitié. » (24 juin 1869.)
Cette première humiliation du souverain n était pas pour décourager les députes.
L*I^T£RP£LLÂT10N DES 116.
Au Heu de s'oiniii au Louvre par un discours de l'Empereur, la session coinniriu;! à la Chambre par une déclaration ministérielle. Les députés de l'opposition s'a^iseyaiont hiomphalenienl sur leurs bancs, gonflés par les applaudissements de la foule amassée sur les quais et sur la place; un souftle nouvcNiu circulail dans les rangs de la majorité; on discutait avec vivacité dans les groupes; Rouher, autrefois si entouré, était presque isolé. De fous rôfés on venait iéliciter âchueider de. sa victuuc J allai, grave et préoccupé, m'asseoir sur mon banc en dessous de celui de Tliiei's. Rouher moula à la tribune, la physionomie blême, affaissée, et lut, d'un ton modeste, une déclaration qui n'était pas hère : « Le gouvernement a pon^i' qu'il était sage et politique de procéder iniinédiatement à la vérification des pouvoirs et de faire cesser ainsi toute incertitude sur la validité des opérations électorales. Dans la pensée du gouvernement, la session actuelle n'a pas d'autre objet. Le renouvellement du Corps législatif par le suffrage universel est une occasion naturelle pour la nation de manifester ses pensées, ses aspirations et ses besoins. Mîiis l'étude des résultats politiques de cette manifestation ne saurait être précipitée. A la session ordinaire le gouvernement soumettra à la haute appré-
ciation des pouvoirs publics les résolutions et les projets qui lui auront paru le plus propres à réaliser les vœux du pays. » Un silence glacial, à peine interrompu par quelques très bien^ accueillit cette communication, après laquelle rassciiiblée se sépara bruyamment.
Le mouvement que j'avais prévu se produisit aussitôt sans que j'eusse à le provoquer. Brame *^ m aiiaoïira qu'il organisait une réunion chez lui, et m'invita à m'y rendre avec mes amis, le mardi 30 juin. Trente-cinq députés furent présents. Chevandier désigné comme président, - Buifet exposa qu'il était impossible que la Chambre ne manifestât point, par un acte quelcon(|n(\ les idées dont le pays venait de lui coniier la défense. La forme à adopter était, selon lui, une demande au gouvernement, par voie d'interpeilaliun, de modifier le règlement par l'admission d'un ordre du jour motivé, alin que la Chambre pùt ensuite faire connaître au souverain les vœux du pays. Je combattis su proposition. Je concevais la politique de l'attente, et il y avait de bonnes raisons en sa faveur, mais si on prélérait la politique d'initiative, il fallait s'y lancer par un acte décisif. Personne ne comprendrait qu'une manifestation telle que les dernières élections aboutît à quoi? à l'autorisation de présenter des ordres du jour motivés ! Pourquoi ne dégagerions-nous pas immédiatement, en termes brefs et iermes, la volonté du pays? On objecta qu'une interpellation de cette sorte, aurait un caractère d'inconstitution-
LINTERPELLATION DES 116.
nalité qu'un parti de progrès légal devait éviter. En effet noire interpellation eût été inconstitutionnelle si elle avait proposé directement un changement à la Constitution, et elle aurait empiété sur les attributions du souverain, du Sénat et du peuple. Mais nous resterions dans la Constitution en demandant simplement au souverain, sous la forme consacrée de Tinterpellalion^ de faire usage d'une de ses prérogatives dans le sens d'une réforme libérale. Sans doute, nous nous mettions en contradiction avec le sénatus-consulte de 1866^ qui interdisait toute discussion de la Constitution sous une forme quelconque, mais quand avait-on discute plus librement la Constitution dans la presse, au Corps législatif, au Sénat, que depuis que cette discussion avait été interdite?
Ma proposition fut adoptée et une commission, composée de BufTet, Clievandier, Plichon, - Segris, Louvet et moi, chargée de préparer le texte de l'interpellation. Le lendemain 30 juin cette commission apporta à la réunion, composée de 42 membres, la formule suivante : « Nous demandons à interpeller le gouvernement sur la nécessité d'associé?' le pays cf une manière plus efficace et plus complète à la direction des affaires publiques. » Un membre proposa de relrancher le plus et de dire « d'une manière efficace. » Ce retrancliemeut eût été un déni de justice, puisqu'il eût impliqué l'idée que le pays n'uvail ( iicore obtenu aucune participation à la coiiLluil'j do £C3 alFaircs. L'assemblée main-
L'EMPIRB LIBÉRAL.
lint le [dus, et, à Funanimité moins une voix, adopta la rédaction proposée.
Elle fut soumise à la signature. Le 2 juillet elle réunit près d'une centaine d'adhérents. Ce chiffre n'avait été atteint que parce qu'un certain nombre de candidats officiels avaient signé« La partie rancuneiise ou impatiente de notre noyau primitif se munira effrayée de ce concours : il devait ôter toute portée à notre initiative, et il fallait détruire Téquivoque en revisant le texte de noire interpellation et en précisant les réformes qui constitueraient Tassociation du pays à son f^onvernement. Roulier, plus clairvoyant que nos impatients et nos grincheux, comprit qu'en adhérant à notre programme, les candidats officiels ne l'affaiblissaient pas. 11 tenta de les arrêter. A notre interpellation, il en fît opposer une autre signée d'un de • ses amis, Du Mirai, et ainsi conçue : « Nous demandons à interpeller le gonveniement sur la nécessité de donner une nouvelle face aux institu lions de l'Empire, en dévelop|)ant Faction et le contrôle du Corps législatif au moyen : 1** du rétablissement de l'Adresse ; 2*^ d'une organisation plus large et plus simple du droit d'interpellation; 3"" de l'extension du droit d'amendement; 4^ de la nomination par la Chambre elle-meuie de la totalité de son bureau. » Ainsi Rouher lui-même, par Tentremise d'un séide^ dénaturait le caractère de cette session « qui devait être exclusivement consacrée à la vérification des pouvoirs » et
justifiait notre manifestation par la sienne.
Celte maladresse allermit mes amis dans la conscience de leur droit et n'eut qu'une conséquence, celle de leur faire donner un développement explicatif à leur tcxto, afin de le mieux distinguer de celui de Du Mirai. Us se réunirent le 3 juillet à neuf heures du soir, au nombre de quatre-vingt-deux, dans la salle de la commission du budget. Après un exposé habile du président Chevandier, la lutte s'établit entre ' deux tendances. Les ennemis du régime impérial, libéraux seulement pour mieux le miner^ exprimèrent leurs répugnances contre les candidats ofiiciels; ne pouvant leur interdire de signer rinterpellàtion^ ils voulaient ajouter encore à celle-ci des commentaires ou des énonciations qui la leur rendissent inaccepiablc, telles^ par exemple, Félection des maires par les conseils municipaux et Tabolition des candidatures officielles. Ceux qui ne séparaient pas les intérêts de la liberté du maintien de l'Empire jugeaient le plus «i aud nouilue possil)!»' d'accessions indispensable à un succès immédiat et trouvaient sage de les faciliter. Je défendis ce parti de toutes mes forces. Une acclamation presque unanime accueillit mes paroles, et, dans une nouvelle réunion le 4 juillet, la rédaction suivante fut adoptée II une immense majorité : (( Nous demandons à interpeller le gouvernement sur la nécessité de donner satisfaction aux sentiment» du pays en rassociaut d'une inaiiière plus efficace à la direction de ses affaires. La constitu-
tion d'un ministère responsable ; le droit pour le
Corps législaûf de régler les coudilions organiques de ses travaux et de ses communications avec le gouvernement, seraient à nos yeux des mesures essentielles pour uUeindre ce but. » Il n'y avait plus moyen de confondre notre interpellation avec celle de Du Mirai, puisque l'essentiel de la nôtre était la responsabilité ministérielle dont il n'y avait pas trace dans le texte des coopérateurs de Rouher.
Le vote acquis, on pria Segris, assis à mes côtés, de faire une copie de la rédaction afin de la soumettre immédiatement à la signature des miinibres présents. « Ayez la bonté, me dit-il, de me remplacer ; mes yeux sont fatigués. » Tandis que j écrivais, un membre de la coaiiuission se penchant vivement vers Segris, lui dit : (( Tachez donc que ce ne soit pas récriture d'OUivier. » Je n'en continuai pas moins à écrire, et la copie destinée à être signée fut tout entière de ma main. J'avais compris le mot du voisin ombrageux, et, répondant aux susceptibilités jalouses, je déclarai que, à nioiiis d'y être contraint par lïmprévu ou d'y être invité par mes collègues, je ne prendrais point part à la discussion publique : on s'en tiendrait à la lecture à la tribune par notre président, sans aucun développement.
Le lendemain 5 juillet, Maurice^ liicluird et Talhouët s'installèrent dans la snlb^ du trône, mise à notre disposition par Schneider, attendiîit les s*;.:::.ti:i"cs. Les partisans de Houbcr
L iNTERPELIATION DES 116.
essayèrent encore de les empêcher en alléguant que la responsabilité ministérielle supprimait la responsabilité de l'Empereur. Or, nul n'ignorait que TEmpereur eût préféré abdiquer que biffer de la Constitution l'article qui le rendait responsable devant le peuple et lui permettait de s'adresser directement à lui par-dessus la tête des Chambres. Nous allions de groupe en groupe, expliquant à satiété que la responsabilité impériale et la responsabilité ministérielle, s'exerçant dans un domaine difléreiit et sous une forme autre, se complétaient et ne s'excluaient pas. Cependant beaucoup hésitaient encore, lorsque le bruit se répandit que Mackau, le destinataire de la dernière lettre impériale^ et Mouchy, le mari de la pr incesse Anna Murat^ venaient de signer. « L Empereur n'est donc pas contraire! » dit-on, et l'entraînement devenant contagieux, en quelques minutes, les signatures s'élevèrent au chiilre de 92. Le lendemain, elles arriv an nt à celui de 116. Rouher fut stupéfait de ce résultat énorme. Depuis sa manœuvre Du Mirai, il ne pensait pas que nous puissions réunir plus de trente voix.
Thiers, avec qui j'avais été en communication constante, Approuvait l'interpellation, quoiqu'il eût préféré une rédaction autre, détaillant un programme et mentionnant l'élection de^
L'BMPIRE LIBÉRAL.
maires^ l'abrogation de l'article 75 de la Constitution de l'an VlTl, iulerdisant la poursiiilc des fonctionnaires publics sans Tautorisation du Conseil d'Ëtat. Il contribua beaucoup par ses conseils à obtenir que la Gauche, restant dans labstention. ne nous gênât point dans notre œuvre. Le 9 juillet il me proposa de raccompagner dans son jardin, rue des Belles-Feuilles, aiin de causer plus librement. C'était un immense terrain planté de fleurs que soignait M^^° Dosne, sa belle-sœur et au milieu desquelles s*élcvait un petit pavillon. îSous nous y promenâmes longuement. Il me dit : « La responsabilité ministérielle ne peut e(r(^ (ju une pratique; il n'y aura rien de fait sans un changement de personnes; vous ne pouvez pas le dire, moi je le dirai ; si ce changement a lieu, je désarmerai. Je deviendrai ministériel; je ne vous soutiendrai pas, je n'attaquerai pas; je ne parlerai pour vous défendre que lorsqu'on s'en prendra à r impôt ou à l'armée. Mais me taire, c'est beau- * coup. Niel devrait être nommé président du Conseil ; je le connais, e'est un homme d'esprit, et il ne veut pas la guerre ; liigault aussi doit être conservé; La Valette de même; il a du bon sens, inspire confiance aux lionimes d'affaires, a des attaches à la Cour, des influences dans les journaux. Vous à la Justice, ce serait bien; à l'Intérieur, Maurice Richard s'il avait plus d'étoffe ; Picard serait parfait, peut-être Bufiet ou Talhouêt; aux Finances, Magne ou Buffet. Il faudrait séparer les Cultes et les donner à Keller.
L lNTEia KLLATlON DES 116.
A rinstriirtion remplacer Duru\ par Sc{;ris ou ^ Maurice Richard; ces mesures ferciicnt plaisir aux catholiques. Jules Favre pourrait être désigné pour lii présidence de la Chambre, alors ce serait parfait. Économiquement, sans ijlesscr vos idées, donnez quelques satisfactions aux protectionnistes en élevant quelques tarifs. » J'écoutai tout ce bel amalgame sans sourciller, me demandant s'il ne s'amusait pas de moi.
Les dispositions de l'Emperi^ur m iiiléirssaient plus à connaître que celles de Tlucrs. Elles étaient devenues excellentes ; il avait compris que la manifestation révoluliuimaire Jî était pas la dominante des dernières élections, qu il y avait aussi un courant libéral sincère auquel il serait U niti aire de résister. Mais l'interpellation le gênait; il y voyait une miso en demeure impérieuse et inconstitutionnelle. Le 8 juillet au lucitin, dans un conseil extraordinaire tenu à Saint-Cloud, auquel Bcluieider avait été appelé, on proposa d'en empêcher la lecture à la tribune. Schneider démontra que c'était impossible. Yuitry etMagne l'appuyèrent; Rouher demanda à réfléchir; Tlmpératrice, présente, ne dit pas un mot. Le soir, il y eut réception des sénateurs, des députés et des hauts fonctionnaires. L'Empereur causa avec plusieurs députés, sans découvrir ses intentions, mais ne cachant pas qu'il trouvait l'interpellation inconstitutionnelle. « Oui, dit-il à Buffet, vous voulez couper au vieux lion ses ongles, ses dents^ et le laisser avec sa belle cri-
nière. » Puis, quand il Teul quitté, il dit à Duvernois, en montrant Buffet : « Il veut me mettre au pied du mur. » Le lendemain Schnei* diiv, Mouohy, d'Albuféra, Duvernois, vinrent successivement me dire que, si nous renoncions à notre interpellation^ TËmpereur accorderait par un message ce qu'elle réclamnit. Je n'avais nui désir d'amoindrir ou d'humiiier l'Empereur, mais ce qu'on me demandait était iiupussible : cent seize députés ne retireraient pas une interpellation connue de la France entière contre une promesse faite à l'oreille. Ils n'y renonceraient que devant un acte public. D'ailleurs, à quoi bon se payer d'illusions? Si l'Ëmpereur avait, dans son discours d'ouverture, indiqué les réformes, on y aurait vu un acte-volonlaire. Mais quoi qu'il fît, dès que ses concessions succédaient à notre interpellation, on les considérerait comme en étant la conséquence forcée. Le mieux serait d'attendre le dépôt de l'interpellation, de la laisser admettre par les bureaux; puis, au moment de la discuter, de déclarer que le gouvernement la prenait en considération et s'engageait à proposer au Sénat les changements jugés indispensables. Cette déclaration épuiserait le débat constitutionnel et la session se serait continuée jusqu'à la complète vérification des pouvoirs. Sinon il fallait déclarer l'interpellation inconstitutionnelle et la faire rejeter. Mais par qui? Les 116 avec la Gauche et les Indépendants formaient contre le ministère une majorité de neuf voix
L'iNTERPJiLLAiiON DKis 116.
Ce refus obligeait l'Empereui à se prononcer» La véritication des pouvoirs s'avançait : chaque jour le nombre des admissions s'augmentait^ les vol*^s étant à peine ralentis par les lieux communs invariables de l'opposition sur le Deux Décembre et sur les candidatures officielfe» et par quelques dialogues violents tels que celui-ci: — Piré:« Nous ne vous laisserons pas escamoter ce gouvernement comme vous avez fait le précédent. » — Jules Faire : « Vous le laisserez tomber ! Vous ne le défendrez pas ! >» — Tachard : « Vous le ferez tomber. »
Le nombre des admissions permettait à la Chambre de se déclarer constituée, ce qui nous donnait réglementairement le droit de déposer notre interpellation, mais, de ce moment, les députés non validés perdaient la faculté de voter et il ne parut pas équitable d'exclure d'une décision de cette gravité un nombre considérable des membres de T Assemblée. En conséquence, on décida, malgré les cris de la Gauche, que les députés non vérifiés continueraient à voter et que la Chambre se constituerait le 12 juillet.
Il n^y avait plus à tergiverser, il fallait résister ou céder. Maïs céder entraînait nécessairement la chute de Rouher, car, ainsi que Schneider ne se lassait pas de le démontrer à TEmpereur^ tant que Rouher présiderait à la direction des affaires^ on ne croirait pas à la sincérité des concessions. Persigny agissait dans le même sens ; il écrivait à l'Empereur : « Tout le péril vient de deux hommes (Baroche et Rouher)
qui personnifient l'impopularité dont votre gouvernement est frappé aux yeux d'une partie du public, dont le public est fatigué, ennuyé et presque honteux; de deux hommes qui sont les causes réelles de la démoralisation dont l'Empire est affecté. Avec ces dr iix hommes, le mépris public^ Téloignement des honnêtes gens, s'augmenteront en même temps que l'audace des ennemis et la desaffection publique. Que si donc vous n'avez pas le courage de vous en débarrasser d'une manière ou d'une autre, tout est impossible, et votre gouvernement est condamné d'avance ^ »
L'Ëmpereur, d'abord arrêté par la crainte de S(; mettre en liostilité avec la majorité, convaincu maintenant par les signatures de notre interpellation, que la majorité passait de notre côté, se résohit à se séparer du ministre d'Etat et à lui demander sa démission ainsi qu'à ses collègues. Les ministres crurent que cette démission n'était demandée (|ue pour la forme. En effet, dans le conseil qui fut tenu le 12 au matin, après qu'ils l'eurent donnée, l'Empereur ne leur en parUi point, et se contenu de leur soumettre un message à lire à l'assemblée. Rouher rentra chez lui rassuré. Il en sortait à deux heures pour se rendre tau Cot ps législatif, lorsqu une voiture de la Cour s'arrétant à son perron, un chambellan en descendit et lui remit une lettre de 1 Empereur : Napoléon 111 acceptait