Né le 2 juillet lb27, moi t le 14 mars Ibb
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altosso, ce qui exigeait surtout une forte réduction des dépenses de la Marine et de la Guerre, à peu près 30 millions. Ces économies seraient suivies de la création ou de l'augmentation d'impôts : on irait même, pour éviter la banqueroute totale, jusqu'à opérer une banqueroute partielle en diminuant de 1 p. 100 le revenu de la rente par un impôt. On opérerait ainsi indirectement une conversion obligatoire.
A l'égard de la Fiance il y avait dans le Cabinet deux courants très distincts. Visconti et son ami le général Govone appartenaient encore quoique avec un certain attiédissement à la tradition cavourienne de l'amitié avec la France. Lanza et Sella éprouvaient contre elle la rancune persistante^ de la décapitation de Turin, sentiment commun à tous les Piémontais: « Florence! Florence! s'écriait Lanza, quelle page tu te prépares dans l'histoire de l'Italie M » Sella, à ce sentiment ajoutait une admiration dévouée pour la Prusse, qui se manifestait en antipathie déclarée contre notre pays, bien qu'il y eût étudié dans sa jeunesse. La rancune de Lanza eût pu fléchir, le cas échéant, par l'évocation des souvenirs de 1859; l'antipathie de Sella était implacable, toujours prête à se transformer en hostilités effectives, et comme, quelque tenace que fût Lanza, Sella l'était encore davantage, son opinion certainement l'emporterait. Dans un cas grave nous étions donc assurés de l'in-
d. Lanza ù Castelli, 29 juin 1869.
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différence au moins, et probablement de la malveillance du nouveau ministère. L'opinion de la place ou des cercles parlementaires ne différait guère. Les révolutionnaires Mazziniens ou Garibaldiens, et même les députés de la Gauche en hostilité ordinaire avec le Cabinet, n'avaient pas à notre égard d'autres dispositions. Plusieurs d'entre eux, Mancini entre autres qui me Ta raconté, s'étaient rendus à Berlin et avaient noué des relations particulières avec Bismarck. Le Roi seul nous restait vraiment favorable malgré ses coups de langue qui n'épargnaient pas l'Empereur ; il se croyait lié par ses engagements d'honneur.
Bismarck n'ignorait pas cette situation d'esprit et il ne s'en effrayait pas, s'il en faut croire Hohenlohe à qui il aurait dit : a L'alliance de l'Italie avec la France n'a pour le moment aucune valeur. Les Italiens ne marcheraient pas, même si Victor-Emmanuel, capable de tout pour de l'argent et des femmes, voulait conclure un traité avec la France. »
Rome ne s'occupait pas en ce moment des affaires temporelles, elle était tout entière absorbée par le Concile œcuménique. A neuf heures du matin, le 8 décembre 1869, jour de 1 Immaculée- Conception, le canon tonnait, les cloches des trois cents églises sonnaient à pleine volée, et
Oigitized
L'ËMPIEE LIBiiîKAU
dans Saiat'Pierre, au milieu d'une haie formée par le clergé séculier et régulier, sWançaient solennellement six cents abbés, évi quos et archevêques revêtus de vêtements blancs, la téte découverte, chantant le Vem creaior. A leur suite, les cardinaux, le Pape descendu de la Sedia gestatoria à l'entrée de la basilique. Le cortège pénétra dans -la chapelle destinée aux délibérations et chacun ayant pris place, Pie IX se lève et, debout au-dessus des évêques prosternés, place les délibérations et les travaux sous la protection de la Mère du bel Amour, de la Science et de la Sainte-Espérance, reine et protectrice de F Église. Il se dresse, soulevé par Tenthousiasme, et toute l'assemblée, électrisée par ce mouvement, se lève avec lui en proie à la plus vive émotion. A la suite de cette scène saisissante, le secrétaire du Concile mojite à Tambon, donne lecture du décret pontifical de convocation et annonce que le vingtième concile œcuménique de Téglise catholique, dit Concile du Vatican, est commencé ^
Aucun orateur des Princes, comme on appelait anciennement les amljassadeurs, n'était présent : on ne les avait ni informés de la convocation ni invités aux délibérations. Plusieurs évêques, nolamment Diipanluup, avaient pressé le ministère d'envoyer quand même un ambassadeur laïque à Tinstar de ce qui s'était fait au Concile de Trente, mais se rappelant combien
i. Emile Ollivier, VÉglise et VÉtat au Concile du Vatican, 1. 1, chap. I,
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rintcrvenlion des princes avait eu peu de succès à celte époque, 1 Empereur avait décidé de s'abstenir et de laisser le Concile à lui-même ^ Ce même jour, 8 décembre, se rassemblait à Naples un anti-concile de libres penseurs. Gari* baldi y avait convoqué, de Caprera, tous les champions de la Vérité ^
Les relations avec l'Angleterre conservaient leur confiante cordialité. Elle ne demandait de
i, Emile Ollivier, UÉgiUe et l'État au ConciU du Vatican, p. .
2» J'avais d'abord pensë à reproduire cette lettre, pour démontrer la bassesse de langage de ce personnage grossier, dont les Italiens, même catholiques, font le héros légendaire de lenr rénoTation. Mais ma plume se refuse à transcrire les ignominies qu'il vomit contre les croyances catholiques et coatre Pie IX, qu'il appelle un mètre cube de fumier. Je m*en tiens au passage le plus anodin, celui qui concerne saint Janvier, ie patron des Napolitains : « Eh bieni mes vieux amis, mes frères d'armes, vous trou* vera-t-on encore couverts de cette humiliante composition chimique qne les imposteurs débitent pour du sang de saint Janvier, en se moquant de vous depuis si longtemps? Ne serait'il pas bien de briser enfin cette ampoule qui contient ie poison, comme aussi les confessionnaux, dont les débris pourront servir & préparer les macaronis du pauvre peuple? Qu'en penses-vous? Oui, défaites-vous de tous ces emblèmes des hontes italiennes 1 Vous le pouvez. Ne laissez pas vos femmes et vos enfants se souiller dans la boutique des prêtres. J'espère que pour le 8 décembre, dans les antres cités de Titalie, il y aura de nombreux meetings pour proclamer les principes du vrai soutenus dans l'illustre congrès de Naples et pour maudire les mensonges honteux et rinfernale cabale ourdie par le Vatican. » — Lettre de Gaprera, du 12 octobre 1869.
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nous que des sentiments pacifiques et comme elle ne doutait pas de ceux de l'Euipereur, nous la trouvions partout bienveillante et amie« De plus en plus détachée de l'idée de toute intervention dans les allaires des peuples étrangers, elle ne travaillait à Textérieur qu'à éloigner les causes de conflit. Clarendon pensait qu'on y aurait travaillé eflicacement si Ton obtenait, par un désarmement réciproque, une diminution des charges militaires. En pareille matière l'arbitre souverain n'était ni Bismarck, ni Moltke, mais le roi Guillaume qui, en fait d'armée, était le maître toujours présent et toujours dominateur. Lui adresser une suggestion de désarmement eût paru à Clarendon presque une irrévérence présomptueuse et cependant il tenait à instruire Sa Majesté prussienne du désir de son gouvernement. Il recommanda donc à son ambassadeur Loftus de se tenir aux aguets et de saisir une occasion favorable d'entrer en conversation à ce sujet avec le Roi. Loftus avait cru la trouver un jour de juillet de cette année, où il avait été invité à dîner à l>abelsberg en compagnie de Benedetti. L'inauguration du port de Jahde venait d'avoir lieu récemment et l'Angleterre s'y était fait représente! par le vaisseau de guerre le Minotaure. Ce soir-là, le Roi, en parfaite santé, était en verve, aimable. Il exprima à Loftus son admiration pour le Minotatire : c'était le plus beau navire qu'il eût jamais vu. Loftus crut l'occasion propice d'exécuter les instructions de son ministre, « Heureusement,
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dit-il , rhorizoa politique est dégagé de nuages, il n'y a qu'un danger pour la paix; ce sont les énormes armements de l'Europe. » Et il lui lut un extrait de là lettre de Glarendon : ce n'était pas seulement une charge lourde sur les fuiaiices, mais cela privait le pays de beaucoup de travail. Le Roi, toujours aimable, quoique le sujrl ne parût pas lui plaire, reconnut la vérité de cette observation, mais il ne voyait pas comment on changerait cet état de choses, a En octobre dernier, répondit Loftus, la France a levé cent mille conscrits et l'Alleniagne du Nord également. Pourquoi les deux gouvernements ne s'accorderaient-ils pas à en lever 50 ou 60 000; les proportions resteraient tonjours les mêmes. » Le Roi répliqua que, si désirable que cela fût, ce n'était pas possible, parce que cela dérangerait tout le système de la Prusse. Loftus observa qu'il ne s'agirait que d'augmenter les cas d'exemption. Le Roi répéta de nouveau, sans entrer en discussion, ce qui, «n effet, eût été difficile, que l'idée était louable, mais irréalisable. Loftus, quoique le Roi n'exprimât aucune mauvaise humeur, crut qu il n'était pas décent d'insister davantage.
En Autriche, la situation eut été alors favorable si Beust eût été le véritable maître de la politique de l'empire et s'il eût été un personnag )
sérieux dont la parole eût quelque valeur. Il ne cessait, eu effet, de muliiplier les déclarations
amicales à noire égard. 11 avait dit récemiaent aux Délégations : « En Orient, la France est actuellement pour nous, il faut le reconnaître^ une excellente amie. Ferions-nous bien de nous Faliéner quand nous ayons besoin d'elle ? Dans le cours de ces dernières années, elle nous a donné des preuves répétées de sa sympathie, elle nous a secondés en divers lieux et dans plusieurs questions. Nous n*avons pas recherché son concours. Parmi les grands gouvernements, les bons olfices s'offrent et ne se demandent pas: En France on a maintenant des sympatiiies sincères pour tous les peuples de rÂutriche- Hongrie, qu'ils soient Allemands, Magyars ou Slaves, parce qu*ils appartiennent u i Autriche. L' Au triche-Hongrie se trouve dans une importante phase de régénération. Nous ne connaissons pas d'autre politique que de donner une chaude poignée de main à ceux qui accompagnent de leurs sympathies cette transformation ; une main froide ne peut se rencontrer avec la nôtre. »
A la suite d'une visite de courtoisie qu'il fit à la reine Augusta à Bade, d'une rencontre avec Gortchacow à Ouchy, de la halte à Vienne du Kronprinz, se rendant à l'inauguration du Canal de Suez, à laquelle avait répondu la visite d'un archiduc à Berlin, les rapports entre l'Autriche, la Prusse et la Russie s'étaient détendus et les récriminations violentes qui s'échangeaient dans
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la presse des trois pays s'étaient arrêtées. Néanmoins celte pacifîcaliou de procédés ne paraissait pas avoir diminué la prédilection dont la France était l'objet à Vienne. François-Joseph, comme Beust, exprima à Cousiautiaopie, au déplaisir dlgualiew et à Tétonnement de Bourée, le prix que TAutriche attachait à l'intimité de ses rappoi U avec nous et à une entente en tout et pour tout*.
Ceci eût-il été parfaitemenl sérieux, et ce ne rétait, dans une ceiiauic mesure, que de la part de François^osephy Tamitié effective de T Autriche ne nous était nullement f^araiilie, car la politique de Tempire austro-bougrois dépendait du ministre hongrois Andrassy plus que de Beust et de François-Joseph. Andrassy avait montré un moment de mauvaise humeur contre la Prusse, tant que Bismarck avait paru seconder les ambitions roumaines en Transylvanie. Depuis que le chancelier prussien avait exigé le renvoi de Bratiano, Andrassy s'était rapproché et était devenu p«alisan d'une bonne entente avec la Prusse. Comme tout Hongrois, il était convaincu que les libertés de son pays n'avaient qu'à perdre à la résurrection du passé germanique de rAulriclie. Le passage du Mein par la Prusse ne lui inspirait aucune inquiétude ; il ne s'y uj>poserait point et arrcMrrait Beust s'il iiuuiifestait la velléité d'aider la France à l'empêcher. Beust pouvait le promettre à Paris« mais lui ne
i. De Bourée, i"* Qovetubre