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De Saint*ValUer, 5 novembre

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L'EMPIRB LIBÉRAL.

lions de Stuttgart, la refusa et le chargea de

former un iiDuveau ministère dont furent exclus les minisires particulièrement compromis par leurs violences électorales. L'Iatérieur fut donné à Braun, libéral modéré, et les Cultes au ministre de la Justice Lutz (21 déceiii])re). Les conservateurs avaient une demi-satisfaction par le sacrifice de leurs deux adversaires prononcés. Mais tant que Uohenlohe était là, la séparation subsistait entre eux et la couronne.

Un dernier effort pour opérer une union nécessaire au salut des États du Sud et arracher le roi Louis à l'existence qui lui faisait perdre la notion de ses intérêts fut essayé par la reine Olga, à son retour d'Italie où elle avait passé rhiver. Malgré la cordialité des entretiens, elle reconnut qu'on ne pouvait exercer d'influence durable sur Tesprit du Roi. Celui-ci, d'ailleurs, ne cacha pas à ses amis son impatience de ces démarches et surtout de l'immixtion* de Varnbiihler dans ses affaires intérieures.

Les populations wurtembergeoises ne manifestaient pas moins que les Bavarois leurs sentiments antiprussiens. La réaction autonomiste se développait graduellement, et s'étendait même à des districts où le parti prussien semblait, jusqu'ici, avoir la majorité. L'élection d'un député (àO octobre; fournit une nouvelle preuve

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de ce mouvement. Le représenlaut national libéral du district d'Ahringen étant mort, le scrutin ouvert pour sa succession se termina par la victoire du parti populaire (autonoiuistc). Ce résultat fut une grande déconvenue pour les Unionistes, li^ collège d'Ahringen étant l'un de ceux où ils se considéraient comme maîtres. Les élections municipales furent plus significatives encore : les populalioiis marchèrent partout avec résolution et ensemble au scrutin» et, à peu d'exceptions près, les candidats prussiens, qui avaient mis tout en œuvre pour réussir, succombèrent devant des majorités considérables obtenues parles autonomistes.

A Stuttgart, où, depuis 1806, les partisans de la Prusse avaient la majorité et se croyaient assurés de la conserver, la liste des autonomistes passa tout entière, avec une sn|)ériorité écrasante. Le chef du parti adverse ne lut pas nommé et le verdict de la capitale fut accentué par celui des pr civinces. Partout le |)arli jH ussien succomba devant des majorités dix fois supérieures à ses anciens chiffres. Enfin, dans les rares localités ou il l'avait emporté, il avait rencontré un nombre d'adversaires bien plus considérable qu'il ne l'avait supposé. 11 dut se résigner à voir remplacer l'unanimité qu'il avait dans le conseil d'Ulm, sa citadelle, par une simple majorité conquise de haute lutte. Après les démocrates avancés, ce sont les rdtramontains, les fédéralistes, les adhérents du Gross- Deutsch (Grand Allemand), poursuivant la re-

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constitution de l'Allemagne avec FAut riche sur les bases détruites par le canon de Sadowa, qui avaient fait passer le plus grand nombre de leurs caiididtits. A rencontre Ju roi de Bu\ière, Charles de Wurtemberg s'associait auiL sentiments de son peuple et affectait de témoigner des égards particuliers à notre ministre Saint- Vailier, qui contrastaient avec sa froideur non dissimulée envers le représentant de la Prusse* Niel ayant eu l'idée d'envoyer des oliiciers français aux manœuvres des armées du Sud, le Roi les combla d'attentions, et se montra indigné des attaques calomnieuses de certaines feuilles prussiennes, bien qu'ils ne se fussent pas départis un instant d'une mesure irréprochable. Ces seulinients furent encouragés par Gorlchaçow: il s'était rencontré avec Varnbuhler dans le courant de l'automne et s'était exprimé sur la question allemande avec une netteté dont le ministre wurtembergeois ressentit une satisfaction vive, car c'était hi première fois, depuis i6(}6, qu'il entendait un langage aussi agréable. Gortchacow affirma même « que la Prusse ne tenterait rien de contraire à l'indépendance des États du Sud, le roi Guillaume et le comte de Bismarck n'ignorant pas qu'ils perdraient l'amitié de la Russie, b'ils menac aleiil le liùne où est assise la sœur de Tenipereur Alexandre * ».

A Bade se produisait un mouvement inverse. La l'idée unitaire gagnait ce qu'elle perdait dans

i. De Saint- Vallîer, 16 septembre iS69.

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les autres royaumes. A un grand concours agricole dirigé par le Gouvernemont à Maiiiiheim, les pavilious badois, qui couvraient les lentes et les arcs de triomphe, étaient partout surmontés de drapeaux de la Confédération du Nord. Il en était de même des éditices de l'État. A Heidelberg on avait tu naguère le pavillon de la Confédération substitué au drapeau l>a(lois; mais ces manifestations avaient été l'œuvre de simples particuliers. Maintenant Tinitiative et la res|)unsabilité de Tacte appartenaient en entier au gouvernement. Le 24 septembre 1869, à Touverture des États, le Grand-Duc prononça ces paroles : « Depuis la dernière session de votre Assemblée, aucun pas décisif n a été fait dans la transformation nationale deTAllemagne, qui est nécessaire pour la santé et la prospérité des petits États. »

Le Roi, Bismarck et les hommes d'État prussiens suivaient attentivement les phases du mouvement anti-prussien en Bavière et en Wurtemberg. Le Roi le constatait avec une lassitude résignée. Il déplorait la dinicuUé do rUnion : <( Nous parviendrons à l'Unité allemande, disaitil, mais quand? » « La situation, écrivait-il à son fils, est encore à peu près telle (ju'elle était lorsque je succédai à mon frère défunte » —

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