Ottokar Lorentz
L'EMPIRE LlBÉilAL.
On marchait dans la triste pensée que l'affaire allemande se trouvait engagée dans une im-
pai?^e, dont personne ne saurait la tirer. Lo pire était que le mécontentement, toujours plus manifeste dans le peuple, ne pouvait plus être dissipé [)ar les gouvernements, particulièrement à Bade. On s'efforçait par de bonnes paroles de maintenir la foi dans Tavenir, mais les partisans d'une Aiiemague unie voulaient voir des faits, que personne ne pouvait réaliser. C'était à la France qu'on imputait Tétai d'anxiété, le trouble des esprits et des affaires. Sans elle, disait-on, tout serait terminé et TAllemagne constituée. Son nom était maudit. Stoffel, s'étant renduà Slettin (septembre ^869) pour suivre les manœuvres prussiennes, et traversant la ville en voiture découverte, seul ut en uniforme, fut suivi par plusieurs individus qui 1 apostrophèrent d'injures en l'appelant « ignoble Français » ^ En Suisse, nuire grand liislorien Miclielet avait entendu les Allemands tenir devant lui ua langage menaçant : c< De Sadowa, disaient-ils, nous devions aller à Pai'is. Noush^ prendrons Tannée prochaine \ » On s'étonnait de Tobstination de Bismarck à refuser Tannexion de l'État de Bade (jui b ufliait à la Confédération du Xord. On le pressait de brusquer révénement; sans doute cette annexion entraînerait la guerre avec la France, mais puis(|ne tùt ou tai'd on serait obligé d'en venir là, pourquoi ne pas s'y décider immé-