Voir ieUre d'Augsbourg des Liberléi
BILAN EXTâRIEUR.
tients de l'Union. U savait que si le péril prussien les efliayait en ce moment, ils restairiit encore plus prompls à être mis en alarme par le péril français. En 1840, en 1859, c'étaient eux qui s'étaient déchaînés avec le plus de violence contre l'ambition française. Strasbourg, entre nos mains, leur était un perpétuel cauchemar. « Le coin que poussait l'Alsace en Allemagne les en séparait» disaient-ils, plus elTectivement que la ligne imaginaire du Mein. » Le feu roi Guillaume de Wurtemberg disait à liismarck: « Le nœud de la question est à Strasbourg, car cette ville, tant qu'elle n'est pas allemande, forme toujours l'obstacle qui empêche rAlIemagae du Sud d'adhérer sans réserve à l'unité allemande et à suivre sans restriction une politique nationale allemande. La Bavière, en possession d une partie du Palatinat, le long de notre frontière, s'estimait particulièrement menacée parTimpatience d'agrandisseineut qu'on nous supposait.
Bismarck ne doutait pas qu'au premier signal des hostilités entre nous, tous les dissentiments s'apaiseraient et que populations et «gouvernements répondraient sans hésiter à l'appel du chef militaire de la patrie coniimine. Il était donc acculé à ce dilemme: ou re noncer pour un temps indéfini à l'Unité, ou faire la guerre à la Fi'ance puai la réaliser. Heiioncer à l'Unité, l'eût-il voulu, il ne le pouvait, tant était constante la poussée d'opinion qui, de toutes parts, le pressait d'en finir avec une situation instable et ruineuse. D'ailleurs, il ne le voulait pas. Dès
T. xir.
L*EMP1RE LifiÈRAL.
lors il était résolu à faire la guerre contre la
France.
Comment amener cette guerre? Ce a comment » était de première importance, car pour en*
traîner le Roi qui restait pacifique, et FAllemagne qui, on dehors de la Prusse, ne Tétait pas moins, il fallait se faire attaquer.
Pendant un temps Bismarck avait espéré que nous engagerions la querelle nous-mêmes en nous fâchant des nombreuses promenades qu'il se permettait au delà du Mein,ou en réclamant, dans le Nord du Sleswig, i exécution du traité de Prague relatif aux Danois. Mais nous avions permis sans mof dire toutes les incursions partielles et limité notre casus belli au seul cas où la Prusse opérerait, après TUnion militaire, rUnion politique qu'elle était décidée à ne pas tenter. Quelquefois nous nous étions hasardés à lui parler des Danois du Sleswig, mais dès qu'il avait froncé le sourcil, nous nous étions terrés ^ et nous ne paraissions pas devoir être jamais d'humeur plus exigeante.
Les ouvertures do Fleury au Tsar lui ayant fait croire que nous allions reprendre sérieusement cette affaire, il envoya son ambassadeur Werther aux informations auprès de La Tour d'Auvergne : « Ma démarche^ lui dit-il « est pure-
i. Empire libéral, t. IX, p. 571.
BILAN EXTÉRIEUR
ment officieuse; c'est à titre amical que je viens causer avec vous. Le Cabinet de Berlin
sait que le général Fleury a parlé h Tempereur Alexandre de i allaire du Sleswiget s'est exprimé avec différentes personnes, notamment avec le prince deReuss, de manière à laisser croire qu'il était particulièrement chargé de traiter cette question. Que faut-il en penser, et quelle portée doit-on attribuer au langage du général? » La Tour d'Auvergne affirma que si Fleury avait entretenu la Cour de Russie du Sleswig, il ne Tavait pas fait en vertu d'instructions spéciales. Récemment on avait demandé au gouvernement français s'il recevrait les délégués du Sleswig, porteurs d'une pélition, et nous avions formellement décliné l'ouverture • « Certes, ajouta LaTour d'Auvergne, nous ne sommes pas indifférents à TibSue que pourrait avoir la négociation pendante entre Copenhague et Berlin, et, puisqu'une occasion m'est offerte d'exprimer notre sentiment, nous l'avons même fort à cœur. Mais nous ne méconnaissons pas les susceptibilités qui s'y rattachent, et il n'entre point dans notre pensée de les mettre en cause. L'ambassadeur de Sa Majesté, en parlant du Sleswig à l'empereur Alexandre, n'a donc pu envisager cette question que comme un des cléments de la situation générale, et son langage sur ce point, empreint peut-être d'une certaine vivacité militaire, u'apas eu d'autre signification*. » Décidé-