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La Tour d'Auvergne à BenedeUi, le 29 novembre

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m L'ËMPIHE LIBÉRAL.

ment, pensa Bismarck, ces Français sont devenus bien prudents. Us ne veulent pas nous attaquer. Il faut cependant qu'ils nous attaquent. En ruminant pendant ses insomnies, son esprit fécond en inventions diaboliques vit clairement qu'il n'avait qu'un moyen, celui-là sùr, de nous contraindre à une agression : c'est de prendre vigoureusement en main cette candidature Holienzollern qu'il préparait depuis le commencement de l'année, comme un en-cas.

Jusque-là son agent espagnol Saiazar et son agent prussien Bernliardi avaient manœuvré chacun de son côté ^ Maintenant, jugeant le moment venu de marcher plus vite au dénouement, il rapproche Saiazar de Beriiiiardi et leur or-

I . Le ministre d'Autriche, comte Dubsky, dans-un rapport réservé da 15 septembre 1869, signalait la présence à Madrid de « Bemhardi, conseiller de ia légation de Prusse arrivé ici il y a un an, sous le prétexte ostensible de jouir de sa pension en Espagne et d'occuper ses loisirs à étudier dans un but scientifique, les champs de bataille de la Péninsule. Les alhires de cet agent que j'avais déjà oonnu en Italie me parurent suspectes de prime abord. »

La Marmora a écrit au duc de Gramont : « Bemhardi a quitté l'Italie en 68. Lorsqu'il partit de Florence, les jeunes gens de la légation de Prusse qui ne pouvaient pas le souffrir disaient : Dieu saii ce qu'il va faire en Espagne, cet intrigant Or, ce que Bernhardi a fait en Espagne vous pouvez le savoir mieux que moi. Mais je suis persuadé que si ce n'est pas lui qui a imaginé la candidature HohenzoHern, c'est certainement lui qui a ourdi avec Prim ce guet^pens dans lequel la France est malheureusement tombée. Bernhardi a été selon moi le plus dangereux intermédiaire entre le parti national allemand, Bismarck et le roi Guillaume. Révolutionnaire, conspirateur et courUsan, je n'ai jamais rencontré de ma vie un menteur plus adroit et plus cynique, »

BILAN EXTERIEUR

donne d'unir leurs mouvements. L'époque à laquelle ils s'entendirent est une des rares indications politiques qui se trouyent dans les mémoires truqués de Bernhurdi. Il y est dit à la date du 14 novembre : « Le sieur Salazar Mazaredo, unioniste d'une certaine influence et auteur d une brochure sur les divers candidats au trône, se fait présenter à moi pour me dire avec une certaine insistance combien lui et son parti sont opposés à la candidature du duc de Gènes ; ce qu'il faut à T Espagne c'est un véritable roi et non un enfant sur le trône. » La note n'ajoute pas que ce roi c'était Léopold de Hohen^ollern. Comme s'il était effrayé de l'aveu qui lui échappe, Bcnihardi, si prolixe dans ses confidences italiennes, s'arrête court. Mais on devine ce qu'il ne dit pas.

Saki/ar et Bciuhardi n'eurent |)as de peine à écarter l'obstacle que leur opposait la candidature du duc de Gênes. Serrano^ sans contrarier ouvertement Prira sur cette entreprise qu'il désapprouvait, ne dissimulait pas ses préférences. S'étant rendu avec Mercier et quelques amis à la chasse dans le vaste pavillon de Prim au Mont de Tolède, un soir qu'il se trouva seul avec Mercier, Ardanas et Serrano Bedoya, il se laissa aller à de très libres expansions, a Jamais, dit-il, la situation n'a été plus décourageante, je ne puis pas comprendre Toptimisme de Prim. Le pays ne veut pas un roi étranger. Il n'y avait qu'une solution pratique, c'était l'Infante, duchesse de Montpen-

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sier. Sans sortir de la famille et de la tradition,

elle nous apportait sur le trône Texemple de la moralité et de Tordre. Maintenant, que nous reste-l-îl? Ou le prince Alphonse, ou la République; le prince Alphonse serait une hou Le et un désastre ; celle famille n'a pas été chassée, elle a été écrasée par son infamie. Une fois délivrés d'elle Userait trop cruel d'être condamnés à y revenir. Cependant, il se pourrait qu'il n'y ait pas d'autre parti à prendre ; alors, je ne m'y opposerais pas, mais je n'y contribuerai en aucune manière, et je m'en irai vivre avec ma famille, à Tétranger. La République me fait horreur, quand je songe à quels hommes elle nous livrerait. Mais le fait est que nous n'avons pas d'issue, et que nous sommes menacés (le la plus elïroyable anarchie. » Bedoya et Ardanas approuvèrent ce langage, Ardanas surtout insista sur la nécessité où Ton se trouverait, tôt ou tard, de revenir au prince Alphonse*. On s'étonne de l'inconséquence avec laquelle Serrano repousse Alplionse parce qu'il appartient à une race infâme, tandis qu il préconise la duchesse de Montpensier qui appartient à la même race. Mais ce qui est particulièrement intéressant à noter c'est qu'entre les deux solutions, il ne signale même pas celle d'un Hohenzollern, tant cette candidature était alors inexistante, non seulement pour les masses espagnoles, mais môme pour les hommes d'État

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