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I. Mercier, 30 décembre i

BILAN EXTÉRIEUR

les plus informés. Le dilemme restait donc tel que l'avait posé le bon sens de Serrano : la République ou Al[ilioiise. Et la République étant manifestement contraire au vœu du peuple, il fallait se résigner à Alphonse. Quand un gouvernement n'a qu'une issue pour sortir d'une impasse et qu'il préfère battre les murs à droite et à gauche, il est toujours à craindre quMl ne se laisse entruiuer à une sottise, peul-èlre à une infamie.

Le dilemme posé par Serrano et par la force

des choses s'accentua d'autant plus vigoureusement que la candidature du duc de Gênes disparut d'elle-même comme l'avait fait, comme le firent toutes les combinaisons mort-nées en dehors des seules combinaisons raisonnables et possibles : la République ou Alphonse. Pendant que la négociation se traînait à Gèues, à Florence, à Londres, Lanza, moins complaisant que Menabrea aux idées de son Roi, n admit pas sa prétention de considérer l acceptation d un trône comme une affaire privée^ relevant exclusivement de son autorité de rhef de fntmlle : c'était une affaire d'Ktat dépendant, dans i ordre constitutionnel, du Ministère. Or le Ministère n'approuvait pas cette candidature. Visconli le notifia à MoQtenar et lui Ut remarquer combien 1 altitude réservée des grandes puissances européennes,

dam une fjiiestlon qui, cependant, les inléresse toutes au même degré que l'Italie^ avait dù nécessairement influer sur les décisions du gouvernement du Roi. Victor-Emmanuel fut obligé de

se rendre à ropposition de la mère et au veto de ses ministres. La candidature du duc de Gênes fut abandonnée (3 janvier 1870)

Ces pourparlers n'étaient pas restés dans le secret des chancelleries. Le public en avait recueilli des échos. En France il y avait eu un sentiment d'élonuemt lit et de blâme. On ne comprenait pas qu'après avoir, en 1866, compromis notre grandeur pour le plaisir platonique de donner la Véuélie à Tltalie, notre gouvernement s'employât à placer encore cette Italie en sentinelle sur notre frontière des Pyrénées comme elle Tétait sur notre frontière des Alpes. Prévost-Paradol releva cette imprudence : « Les querelles intérieures, si graves qu'elles soient, peuvent s'arranger tôt ou tard en famille; il n'y a que les fautes commises au dehors qui ne pardonnent point ; et, en ce sens, quel gouvernementy sauf le premier Empire, a été plus funeste que le régime actuel à notre pays? Le socialisme ne fera jamais autant de mal à la France que la londation de l'unité italienne, la fondation de Tunité allemande et le projet qu'on dit aujourd'hui en faveur à SatJit'Cloudde mettre la dernière main à ce duef-d œiœre en livrant à un prince italien notre frontière d'Espagne. Je n'ai certes point dans la sagesse des irréconciliables une entière contiance, mais je les mets au déli de faire pis en ces matières qu'un prince qui, animé, j'en suis sùr, d'intentions excellentes,

i. Notes de Monlemar.

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n'en a pas moins agi — à l'exception de la guerre de Crimée et dès le lendemaiu de cette guerre — comme si, par un mystère incompréhensible, il était au fond du cœur, sur le trône d'Henri IV et de Louis XIV, l'adversaire irréconciliable de la grandeur et de la sftreté des Français*. » L'émotîon approbative qui accueillit cette philippique faisait présager d'avance le soulèvement qui se produirait lorsqu^on nous montrerait à l'horizon , derrière les Pyrénées, non plus un Italien, mais un Prussien.

La tâche dévolue à Salazar et Bernhardi était

donc désormais très limitée : le terrain étant déblavé, obteuir du maître de la situation en Espagne, Prim, son assentiment à la candidature de Léopold. 11 connaissait l'affaire depuis septembre, n'était pas sorti de Tétat d'observation, n'avait pas dit non, mais n'avait pas encore prononcé de oui; c'est à lui arracher ce oui que les deux associés travaillèrent à la fin de Tannée 1869. Ce but atteint, Bismarck se chargeait de décider les princes de IlohcnzoUern à obtenir le consentement indispensable du Roi et d'organiser les détails de la manœuvre finale. Mais tout cela demandait encore du temps et jusque-là il était important de cacher sa trame

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