LETTRES DIVERSES
I. — P, Htjacinthe a Émile Ollivier. — Bien cher monsieur. J'accople de grand cœur cet aimable tête à téte pour demain & midi. J'ai besoin de vous serrer la main et de vous féliciter pour la grande et noble part que vous avez dans la révolution paeili<|n(' en train de s accomplir. La mauvaise humeur du gouverne ment personnel n'y fera rien, les résistances pas plus que les hésitations n'entraveront le mouvement qui ramène enfin la France à la liberté. Puisse Ttitrlise tressaillir bientôt à ce même souftle ! Le gouveriiemeut personnel dans la Société religieuse» tel que le révent les ultramon tains, m'a toujours paru une chose plus funeste et plus odieuse que le césarisme dans Tordre politique. Merci des bonnes paroles que \ous me (litos pour mon discours. Vous voyeit que je défends la même cause que vous, la paix et la liberté. (21 juillet 1869.) F. Hyacinthe.
IL Kratz à Emile Ollivier. — Cher maître et ami. Étes-vous content du séna tus-consul te? remplit-il vos vœux? C'était bien le programme que vous
aviez indiqué depuis longtemps, et je n'ai pas besoin
de vous (lire combien on tient dans les splières élevées à ce que vous ayez bonne opinion de cette
œuvre. Le sciitimeut générai est très favorable ; il n'y a de réellement mécontent que M. Granier de Cassagnac, qui Ta dit clairement dans son journal. L'extrême Gauche rit jaune; les irréconciliables su figuraient que tout cela allait liiàir par un nouveau 19 janvier et qu'on chercherait encore une fois & mettre dedans M. Emile Olihier! aussi ces révolutionnaires sont furieux; ce sont eux que vous avez joués; ils n osent pas soutenir qu'on n'a rien fuit; leur attitude est pitoyable. Le Rappel dit que tous les droits donnés au Corps législatif sont vains et illusoires puisque le Sénat a toujours le droit de repousser une loi! Quand on en est là il n'y a plus à discuter. — Les deux articles de Prévost-Paradol dans les Débals sont très remarqués et font grande sensation. Seulement il dit que l'exposé des motifs est de M. Dnvergier; tandis que c'est M. de Chasseloup fjui Ta écrit d'nn bout à l'autre et vous savez de qui il est inspiré; il y a certains alinéas où vous avez dû vous reconnaître. — L'Ëmpereur n'a pas bronché : il a tout accepté; contrairement à ce qui a été dit daiih ])ublic et les jouin<iiix, M. Houher n'a entravé en rien le mouvement; il a déclaré s'en rapporter purement et simplement et s'est mis à la disposition des ministres pour le Sénat, Ah ! par exemple, le Sénat a reçu la communication connue une douche! pas un mof, pas un geste, pas une adhésion ! Nos illustres (uit reçu les ministres avec leur projet comme le Sénat romain a reçu les Gaulois ! Aussi le sénatus-consulte a-t-il été frapfM' à la glace; j'espère que les discussions leréchaulleront. M.deCh... me disait tout à l'heure ; « Nous aurions grand besoin d Ollivier et de sa parole chaleureuse ; un garde des Sceaux éloquent parlaul au Sénat et à l'opinion publique par-dessus
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L*£MPIRE LIBÉRAL
le Luxembourg nous sorait Lien utile dans notre ministère! » Tout le monde est de cet avis et on espère que le susdit garde des Sceaux arrivera à la rentrée devant les Chambres pour élaborer et défendre les lois organiques. (4 août 1869.)
m. — Forcade à Emile Oliivier, — Mon cher député. Je vous remercie de votre lettre et
je suis vraiment heureux que vous acceptiez la présidence du Conseil général du Var. Votre mérite et la sympathie de vos compatriotes vous désignaient si naturellement que nous aurions fait une faute politique de ne pas insister auprès de vous. Le sénatus-consulte me retient à Paris. Il nous fera Je Tespère, un bon terrain de discussion devant la Chambre et montrera que nous agissons loyalement et résolument dans le sens du sénatusconsulte. De Forcade. (Paris 9 août G9.)
IV. — Prince Napoléon à Emile Ollivier, (Paris, 26 août 1869.) — Moucher OUivier. Pendantque vous êtes à votre conseil général nous avons eu liier lecture du rapport sur le sénatus-coiisiilte au Sénat. Triste morceau d'un petit procureur réactionnaire, pas de souffle, aucune confiance, rien qui entraîne, une approbation iriste^ mesquine. Un effet manqué à la iiikoii le rapport oublie de porter à l'actif de l Euipire la guerre d'Italie, Magenta et Soliérino, la liberté commerciale, les deux amnisties ! Les ennemis diront qu'il manque le Mexique, la Prusse, la dette augmentée de plusieurs milliards, les désordres de la Ville de Paris. Le rapport fait le phis mauvais efl'et. On a lixé le jour de la discussion au l^** octobre, elle sera pitoyable, ce Sénat est misérable ! Du reste rien de nouveau, l'Empereur est touioura
ÉCJuÂlRCXSSËMENTS.
souffrant, il fait très chaud. Paris est fort ennuyeux et vide, j'ai voulu vous donner de suite mes premières impressions, donnez-moi les vôtres. Je vous
serre la main, mon rlier aini, et vous renouvelle 1 assurance de toute mon amitié. Napoléok (Jérôme)*