‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 103 sur 175 · L'Empereur s'y était rendu le 7 septembre · texte numérisé non relu

L'Empereur s'y était rendu le 7 septembre

étroites. Il s'y montra « brûlant », a dit un des familiers de la maison, Mérimée, « des mêmes ridicules feux ». Ridicules, non pas, même s'ils n'eussent pas été sincères, car ces ridicules feux l'aidaient fort à s'insinuer^ à pressentir, à s'informer. Il manda à Bismarck qu'il pouvait reprendre son projet de voyage et venir en toute confiance : la première mauvaise impression était effacée.

L'Empereur ne se contenta pas de faire baisser le ton très élevé des journaux officieux : il voulut que Drouyn de Lhuys envoyât à Berlin un témoignage direct de son apaisement d'esprit, et lui fit télégraphier à Lefebvre de Béhaine : « J'ai quelque peine, je l'avoue, à m'expliquer l'émotion et l'espèce de surprise qu'aurait causée à Berlin ma dépêche du 29 août; cette dépêche n'est, en effet, que le résumé de toutes nos déclarations antérieures. Nous avons toujours réservé notre assentiment au mode de solution qui tiendrait compte des vœux et de la nationalité des populations. Or, la Convention de Gastein ne présente évidemment pas ce caractère, et nous ne pouvions laisser ignorer, à nos agents diplomatiques, l'impression que nous avons dû en ressentir; au surplus, j'ai lu avec satisfaction, dans vos lettres, que M. de Bismarclî insiste sur la nature provisoire des arrangements dont il s'agit. Il est permis d'espérer que nous trouverons, dans le règlement définitif, des raisons piour exprimer notre adhésion complète aux vues de la Prusse, ainsi qu'une occasion de resserrer

encore les liens qui nous unissent à cette puissance (23 septembre 1865^). »

Lefebvre de Béhaine vint immédiatement lire ce télégramme à Bismarck qui parut en éprouver un grand soulagement. Il devait rencontrer, le soir, le Roi à l'Opéra : il demanda à Béhaine de lui confier le message télégraphique « pour le mettre, au plus tôt, sous les yeux de Sa Majesté » . A onze heures du soir, il fit prier notre chargé d'affaires de venir le voir, et lui annonça que cette communication avait produit l'effet le plus salutaire et qu'il reprenait son projet de voyage à Biarritz \

1. C'est ce télégramme que Sybel a converti à tort en une nouvelle circulaire destinée à effacer celle du 29 août.

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