Dame, si parfois ton lac tranquille — berce avec toi
— le muet Empereur — dis-lui que sur la rive adriatique,
— pauvre, nue, exsangue, — gémit et languit Venise, — mais qu'elle vit et attend encore. »
trait pas politiquement d'abandonner Venise ^ » L'Empereur s'était convaincu qu'on n'obtiendrait rien de l'Autriche par des négociations amiables; or les forces italiennes ne suffisaient pas à une guerre heureuse, et lui-même était résolu à n'en plus entreprendre aucune. Il savait au contraire la Prusse impatiente de se mesurer avec l'Autriche ; il y avait là une alliance tout indiquée pour l'Italie. Ce furent ses dernières paroles à Pasolini : « Tant que l'Autriche et la Prusse sont d'accord, il n'y a rien à faire. Mais leur accord ne durera pas ; elles viendront par nécessité à la guerre ; alors ce sera le bon moment pour l'Italie '. » De même qu'il avait cherché autrelois une rupture entre la Russie et l'Angleterre afin de rendre possible la campagne de 1859, il poussait de son mieux à une guerre entre la Prusse et l'Autriche dans l'espérance de procurer à l'Italie le secours militaire dont elle avait besoin.
Lui-même se promettait un certain profit de cette guerre : non une acquisition territoriale, ni Mayence, ni Cologne, ni le Palatinat bavarois, pas même un territoire entre la Moselle et le Rhin. Son ambition était d'une tout autre nature et plus haute. On croyait généralement au succès de l'Autriche; Thiers,le maréchal Niel, la plupart des généraux en Europe, y compris le négociateur italien Govone, n'en doutaient pas. Seul peut-être, La Marmora avait