‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 117 sur 175 · Carnet de Vaillait du 9 novembre i86o · texte numérisé non relu

Carnet de Vaillait du 9 novembre i86o

le préfet maladroit; du reste, les affaires marchaient à souhait. Aussi l'Empereur le prit-il vile en goût: « Il est, disait-il à Thouvenel, concihant dans les formes et très ferme dans le fond des choses; c'est ce qu'il faut : et il est le seul ministre de l'intérieur que j'aie eu jusqu'à présent. ))

Une note au Journal officiel désavoua tous les projets de réforme : « Les journaux s'évertuent depuis quelque temps à prédire un changement dans les hommes et les choses du gouvernement. Nous sommes autorisés à déclarer que ces hruits sont sans fondement et inventés par la malveillance (13 septembre). » Et le courtisan et l'avocat coalisés engagèrent définitivement l'Em- |)ire,run par ses journalistes payés sur les fonds secrets et par ses fonctionnaires, l'autre par sa parole et son autorité sur le Corps législatif, dans la politique d'inintelligence dont nous raconterons les peu glorieuses péripéties.

A défaut de réformes libérales, Persigny persuada l'Empereur d'opérer une restauration de la noblesse par catégories, conformément au décret de 1806 : tous les députés et sénateurs seraient comtes; les préfets, barons, etc. Ce projet fut discuté bien plus longuement que les réformes législatives dans des conseils })rivés auxquels assista Rouher quoique n'en faisant pas partie.

Persigny d'abord, Baroche, Magne, le soutinrent chaudement. Le maréchal Vaillant, Rouher, FoukKTroplong le combattirent avec non moins d'ardeur. Selon eux rien ne pourrait être plus nuisible à l'Empereur : « Qu'il fasse des ducs, des comtes; mais qu'il les choisisse! » L'idée paraissait d'abord très arrêtée dans l'esprit de l'Empereur; Tlmpératrice, au contraire, se rangeait du côté de ceux qui la combattaient; finalement elle fut abandonnée ^

Il fallait cependant accorder une satisfaction quelconque au Corps législatif. Fould, dont la pensée constante était de lier les mains à l'Empereur et de l'empêcher de s'engager dans une guerre nouvelle, avait fait exprimer par ses amis <le la commission du budget le vœu d'une réduction de douze millions sur le budget de l'armée. L'Empereur ne se refusa pas à donner ce nouveau témoigQage de ses dispositions pacifiques. Randon fut chargé de la cruelle mutilation. Les réductions sur le matériel et les établissements militaires eussent été insuffisantes; il parut dangereux d'atteindre l'effectif même ou d'envoyer dans la réserve un trop grand nombre d'hommes présents sous le drapeau. On s'arrêta à une réduction des cadres. Dans l'artillerie on supprima i batteries à cheval et 12 batteries montées; deux compagnies dans chacun des cent régiments de ligne, etc. -. On calma le mécontentement de l'armée dans laquelle l'avancement allait se

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