‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 118 sur 175 · Décret du Kj novembre 186o · texte numérisé non relu

Décret du Kj novembre 186o

trouver arrêtée en promettant des places dans les finances aux officiers qui avaient acquis des droits à la retraite.

Les hommes poliliques qui suivaient le^ développement des événements en Allemagne pensèrent que, quelles que fussent nos intentions pacifiques, il n'était pas prudent de s'affaiblir au moment où à tout instant on pourrait être contraint d'intervenir dans le bouleversement européen en voie de préparation : « Comment, écrivait Persigny à l'Empereur, Votre Majesté peutelle consentir à une telle proposition? Quoi,^ M. Fould va désorganiser les cadres de l'armée })our une misérable économie de 12 millions? Mais cela n'est pas croyable. Quand il s'agit de réduire l'armée on invoque de grandes considérations de politique européenne : on veut donner au monde un gage de paix, contribuera un désarmement général, et devant un grand intérêt moral l'armée s'incline avec respect et soumission. Mais alléguer de misérables raisons d'économie, désorganiser les cadres pour 12 millions^ n'est-ce pas blesser, humilier l'armée elle-même? Et puis quel effet produira dans le monde cette étonnante nouvelle que nous en sommes réduits à ne pouvoir payer notre armée?... »

ÏII

J'avais été très exactement informé dans ma solitude de vacances de l'évolution qui s'opérait

dans les conseils de l'Empereur. Aussi fus-je contrarié quand je lus, dans le Journal officiel, que Darimon, sans me consulter, avait accepté la décoration. Plus que jamais j'étais l'objet des attaques les plus acharnées de la presse révolutionnaire : on y racontait que, tandis que le choléra sévissait violent à Saint-Tropez, j'avais par peur quitté mon père et mon enfant, et m'étais réfugié à Zurich, etc. On me rendit naturellement responsable de la défaillance du seul des Cinq qui m'eût suivi. Sans rompre avec lui, je l'écartai de mon action politique, et désormais il y resta complètement étranger.

La résolution d'immobilité à laquelle Rouher avait contribué plus que personne ayant été déclarée, j'écrivais à un de mes amis : <( Je regrette que Rouher s'égare à ce point. Dès que je serai convaincu qu'il se refuse à toute réforme libérale, je n'hésiterai pas à l'attaquer. Mais je me réserve de n'en être convaincu qu'à la dernière extrémité, (/est un tort que de se montrer prompt à rejetei' ceux qui sont des forces; la sagesse, au contraire, estde s'accrocher à eux, de les retenii', de leur pardonner beaucoup et de ne rompre avec eux que lorsqu'il est vingt-cinq fois évident qu'aucune résipiscence ne peut être espérée ^ » Dans une autre lettre j'y revins : u Quant à Rouher, j'admire son éloquence et sa vaste intelligence, et je n'oublie pas que j'avais promis à Morny de le soutenir. Tant que ce que je dois à mes convic-

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