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mense que nous devons à la France, vous appelez mon attention sur la question financière. Certes, personne ne s'occupeautant quemoide ce point vital pour mon pauvre pays, mais il est nécessaire que Votre Majesté sache comment lesefîorts que je fais sont déjoués. L'automne dernier, peu de mois après mon arrivée, j'avais fait mon budget qui donnait l'heureux résultat d'un surplus au lieu d'un déficit permanent. Le maréchal Bazaine, qui assistait au conseil, approuvait toutes les mesures. Eh bien, un mois après, il donna contre-ordre dans tous les points militaires et nous jeta dans de nouvelles dépenses affreuses. La seule campagne d'Oajaca coûta deux millions de piastres, et des militaires prétendent qu'au mois d'août dernier le général Brincourt aurait pu prendre la ville avec un millier d'hommes. Je me rappelais alors bien les paroles de notre excellent Corta, qui me disait un jour : « Bazaine est « le plus grand dépenseur de notre armée. » Le chaos était donc rétabli, et il fallait une main bien habile pour débrouiller tout cela. Nous attendions avec une confiance impatiente le Messie que M. Corta nous avait promis. M. Bonnefonds arrive finalement; nous lui offrons avec pleine confiance la direction absolue et totale, avec tous les droits et tous les pouvoirs : il n'accepte pas; il veut se créer une position nouvelle en s'établissant en contrôleur, etc. ; en somme, il ne fait rien. J'attends depuis quelques mois avec patience les propositions qu'il doit me faire, surtout pour les douanes, lui ayant laissé en tout main libre.
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Je crois que M. Boiinefonds a perdu un peu de son courage : il a vu de près les dépenses militaires et il aura reconnu que le pays et ses hommes sont tout autres qu'en Europe on ne s'imagine. Votre Majesté fait mention d'influences mystérieuses dirigées contre la France. Je puis vous assurer que, chez moi, ces influences n'existent pas et ne pourront jamais exister. Vous n'avez pas d'ami plus sûr que l'empereur du Mexique, et le pays, suivant l'exemple de son souverain, n'oubliera jamais la profonde reconnaissance qu'il doit à la France et à son illustre Empereur, qui Ta sauvé de la ruine et établi parmi les nations. Si à Paris on a parlé d'intrigues, j'espère que M. Dano, dans ses correspondances, et M. Éloin, qui doit se trouver à Paris, pourra vous en donner la clef. C'est à Rome et à Vienne qu'il faut chercher l'origine de ces rumeurs. Dans toute occasion, nous avons cherché à montrer notre reconnaissance à la France; encore dernièrement le Mexique a accordé aux sujets français, demandant une indemnité au gouvernement, un intérêt de 6 p. 100, chose qui ne s'est jamais faite en ce pays. Je ne parle pas du plus beau palais de Mexico que nous avons offert au maréchal à propos de son mariage et de toutes nos attentions pour tout ce qui porte le nom de Français. Votre Majesté me parle aussi du décret sur les biens du clergé. Je ne nie pas qu'il n'ait pas déplu à beaucoup de monde; mais je crois que c'est précisément son mérite, car les deux partis extrêmes en étaient mécontents. Dans une
L'ABANDON DE MAXIMILIEN. o23
question aussi difficile, la seule ligne de conduite m'a paru la légalité la plus stricte et pas de précipitation partiale. Beaucoup de contrats sont si horriblement frauduleux qu'on ne peut en venir à bout qu'avec un examen plus que scrupuleux ^ »
Quelques mois après, Maximilien reproduit les mêmes griefs en les corroborant par de nouveaux : « J'ai peint, à Douay et à Dano, la situation avec beaucoup de franchise; je leur ai dit et prouvé que les affaires administratives et les questions politiques marchent bien; je n' ai pas pti leur dire la même chose sur les affaires militaires et financières. Ils ont dû convenir avec moi qu'on a renvoyé tiop de troupes et que la guerre a englouti trop d'argent. Bans ces deux points consiste la plaie du Mexique ; toutes les autres questions seront aplanies avec du temps et de la patience. J'ai maintes fois prêché au maréchal de ne pas précipiter les renvois de troupes et de se tenir aux chiffres fixés par votre traité, mais hélas! inutilement. Bazaine, animé d'une fièvre de contenter l'opinion publique, oublie tout et fait un prochain avenir. Je lui ai cent fois dit d'économiser en lui prouvant, par des chiffres, que notre déficit, au lieu de s'amoindrir, allait toujours en augmentant, que l'armée et ces malheureuses troupes auxiliaires formaient les trois quarts de nos dépenses. C'est malheureusement clair qu'en commettant la première faute