Maximilien à Napoléon II[, 26 mai
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il fallait garder et payer toutes les troupes et liordes indigènes pour remplir le vide et empêcher qu'une dissolution, qui n'est pas surveillée par une armée étrangère considérable, n'augmentât, d'une manière dangereuse, le contingent de guérilleros. Chaque fois qu'on commence à vouloir travailler sérieusement à la formation de bonnes troupes indigènes, le maréchal déclare que le matériel est plus que nécessaire en campagne et qu'il ne peut envoyer personne aux centres d'organisation. Outre les dépenses que nous devons faire à la suite du traité de Miramar, et de l'obligation de maintenir celte masse de troupes auxiliaires, il nous faut payer, depuis un an, de grandes expéditions militaires occasionnées par le manque de bonnes troupes et par la nécessité de faire promener ces pauvres troupes françaises dans toutes les directions de ce vaste pays. Vous vous rappellerez que lorsque j'ai eu le bonheur de voir Votre Majesté à Paris, les nouvelles militaires du iMexique paraissaient tellement rassurantes que vous avez pu me donner l'espoir que tout l'emprunt contracté pourrait être affecté aux améliorations intérieures. Eh bien, le résultat ne correspondit pas à notre attente; tout l'argent que l'emprunt laissait à notre disposition fut dévoré par les opérations militaires. Or, il a fallu contracter un nouvel emprunt sous de très mauvaises conditions; la petite somme qui nous reste sera de nouveau dévorée par la guerre, et cela d'autant plus que la position militaire est moins bonne que l'an
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passé. Comme je l'ai dit, la plaie du Mexique, pour le moment, c'est le manque de troupes et d'argent. Mais tout cela va être remédié, j'en ai la pleine confiance, par l'aide efficace de nos nobles alliés, qui ne laisseront pas incomplète la grande œuvre commencée. Les questions intérieures marchent bien; j'ai été très satisfait de mon dernier voyage et surtout de la réception touchante et enthousiaste que la capitale m'a faite spontanément à mon retour. 0)1 marche, on marche même bien; on pourrait aller beaucoup plus vite, mais pour cela manquent encore des instruments. J'ai dit dans le temps à Votre Majesté que je me trouverais dans la position de Diogène ; eh bien, j'ai vu ce pressentiment se réaliser. Il y a trois catégories d'hommes au Mexique, et dans toutes les trois on ne trouve presque pas de lumières. Les vieux sont entêtés et vermoulus; les jeunes n'ont rien appris; les étrangers sont presque tous des médiocrités ou des aventuriers qui n'ont pas d'avenir en Europe. Tout cela ne me fait pas perdre courage : avec l'aide deVotreMajesté,je poursuivrai l'œuvre avec calme etconfiance; l'avenir seramarécompense^))
Les lettres de Maximilien et celles de Bazaine disaient également vrai. La situation adminis-