‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 133 sur 175 · Bazaino à Napoléon III, 9 janvier · texte numérisé non relu

Bazaino à Napoléon III, 9 janvier

2. Bazaine à l'Empereur, 26 février 1866 : « J'ai une triste nouvelle à donner à Votre Majesté : la mort subite de M. Langlais, qu'un travail excessif avait beaucoup fatigué et dont le moral, quoique ferme, était par moment ébranlé par les difficultés qui à chaque instant surgissaient dans l'accomplissement de sa tâche. 11 a été frappé par un épanchement au cerveau, le 23 au soir. ->

.004 L'EMPIRIl LIBERAL.

La situation générale est mauvaise. Livré à lui-même, Maximilien est assuré de périr : (( Presque tout l'ouest de l'Empire est entre les mains des dissidents. Dans le nord, les affaires ne vont pas beaucoup mieux. L'incendie et le pillage de Tantoyuquita ont jeté la consternation dans lout le Tamaulipas. Si le général mexicain Mendez vient de remporter un nouvel et important succès, le Michoacan n'en est pas moins complètement insoumis. Tout le sud, les États de Chiapa et de Tabasco le sont également. 11 serait chimérique de songer, dans cet état de choses, à augmenter notablement les revenus et toutes les garanties que nous avons demandées pour la sûreté de nos créances. Les charges du gouvernement sont tout à fait hors de proportion avec ses ressources actuelles \ » Quant à renverser nous-mêmes celui que nous avons nous-mêmes amené, ce serait un office peu digne d'un soldat. Nous n'avons qu'une conduite à tenir : représenter à Maximilien les impossibilités radicales de sa situation; l'engager à suivre les conseils de M. Jésus Teran de s'arranger au mieux avec Juarez, avec lequel il peut traiter, ce que nous ne pouvons pas, et si, dans l'entêtement d'une illusion folle, il s'obstine à ne pas entendre nos conseils et à ne pas se rendre à l'évidence, l'enlever, l'embarquer et l'emmener avec nous, car, quoi que nous disions et quoi que nous fassions, nous sommes responsables de sa sécurité.

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