‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 136 sur 175 · Bazaine à Napoléon IIJ, 1«^" mars · texte numérisé non relu

Bazaine à Napoléon IIJ, 1«^" mars

L'ABANDON DE MAXIMILIEN. o59

auxiliaires, guère plus vaillantes et plus sûres <îue les gardes rurales mobiles, soit 9276 hommes et 2648 chevaux. 11 n'y avait de tout à fait solides que les troupes autrichiennes, 6493 hommes, 1 383 chevaux et les troupes belges,! 129 hommes, et, avec beaucoup de volonté, les troupes mexicaines permanentes, 6 108 hommes, 1 543 chevaux, soit un total de 13 730 hommes et 2 926 chevaux. En ajoutant les troupes auxiliaires, on arrivait à 23006 hommes et 5 674 chevaux. Et il n'y avait pas dans les coffres de l'État de quoi solder cette armée !

La responsabilité ministérielle eût été, alors, d'un sérieux secours à l'Empereur. Dès qu'il eût été convaincu de la nécessité de mettre fin à l'expédition du Mexique, n'importe comment, il aurait incontinent renvoyé Rouher et Drouyn de Lhuys, appelé Larrabure, Buffet ou tout autre membre de la majorité contraire à l'expédition. Ces nouveaux ministres n'ayant rien à désavouer ou à concilier, sans que leur dignité ni celle du Souverain couvert par eux en souffrît, eussent pris immédiatement l'unique parti possible, qui était la carte forcée : ramener Maximilien. Les institutions ne permettant pas encore celte salutaire pratique, Napoléon III, seul responsable et dérouvert, se trouvait dans un embarras extrême. Pouvait-il détrôner lui-même le prince qu'il était allé chercher à iMiramar, et qu'il avait eu tant de peine à décider? Comment Rouher, malgré toute sa faconde, pourrait-il se dépêtrer de ses phrases emphatiques encore vivantes

dans toutes les mémoires, sur la grande pensée du règne et sur la gloire immortelle qu'elle assurerait à la mémoire de l'Empereur? Alors, au lieu de procéder franchement et vivement, il fallut, plus encore qu'on ne le faisait depuis le commencement de l'expédition, biaiser, dissimuler, s'acheminer à travers les ruses, démentant à chaque instant les paroles par les actes, et le dernier épisode de cette triste aventure fut plus lamentable que les précédentes qui l'avaient été tant! On avait mal débuté, on allait finir encore plus mal.

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