Séance du 3 mars
ment quelques encourageantes promesses de Jules Favre, condamnation anticipée de sa conduite ultérieure : « Quant à moi, je ne demande qu'à être réfuté; je ne demande qu'être confondu : je ne demande qu'une chose : c'est que demain les ministres viennent nous apporter des lois qui mettent les principes de 1789 en application ; qui fassent que la Constitution ne soit pas en complète opposition avec la législation qui est censée l'appliquer. Qu'ils fassent ces choses, et alors, messieurs, alors je comprendrai que mon devoir est d'appuyer ceux qui doivent rétablir la liberté en France. » {Mouvements.)
Au cours de son argumentation Cassagnac ayant dit : (( Est-ce que l'honorable M. Thiers, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, trouva que le moyen le plus efficace de faire l'éducation de la presse, c'était de lui lâcher la bride et de la laisser faire? Non, il fit les lois de septembre. — Les voulez-vous? lui cria Thiers de sa petite voix aiguë. — Non, répondirent à la fois Cassagnac et Rouher, nous n'en voulons pas, car elles n'ont servi à rien. »
Rouher se crut obligé de relever, par quelques mots violents, les attaques de Jules Simon contre les candidatures officielles, promettant, dit-il, de s'expliquer à propos de l'amendement des quarante-quatre sur les questions multiples qui venaient d'être soulevées. Thiers, Berryer et moi,, nous nous abstînmes sur l'amendement de Jules Favre, réservant notre vote et nos discours
commeRouher réservait ses explications. L'amendement réunit 17 voix^
YII
Le discours par lequel Buffet défendit cet amendement des quarante-quatre est un chefd'œuvre de forte dialectique dans une langue admirable de sobriété lumineuse. Il s'établit sur une position invincible : « Notre amendement ne tend pas à établir que de nouvelles assises soient posées sur les fondements de notre édifice constitutionnel; mais simplement, et cela est très considérable, que l'on donne à une assisp déjà posée les conditions de stabilité et d'apiomb qu" nous paraissent jusqu'ici lui faire défaut. Le décret du 24 novembre a rendu à l'Assemblée des délégués du pays le droit, dont il avait été privé depuis 1832, d'exprimer son opinion et son jugement sur les actes du gouvernement. Mais il a constitué ce droit d'une manière insuffisante et défectueuse. Nous demandons que le décret du 24 novembre soit complété et rectifié. La Chambre ne peut manifester son opinion qu'au commencement de la session, dans la discussion de l'Adresse, et à la fin, dans la discussion du budget; mais à ce moment les questions n'ont peut-être pas surgi, ou ne peuvent être discutées sans inconvénient. Pour que le contrôle de la