Séance du iO mars
Chambre s'exerce avec opportunité et netteté, on lui doit accorder le droit d'interpellation. (M Olive nient s.) Pour que le contrôle soit éclairé, il faut qu'on établisse une discussion sérieuse et vraiment contradictoire, et cette discussion ne peut avoir lieu qu'avec les ministres qui font les affaires. L'idée d'avoir constitué des ministres qui parlent sans agir n'est pas heureuse. Si le ministre orateur est un prédécesseur de celui qu'il défend et s'il a quelque raison de croire que des critiques dirigées par son prédécesseur, sur les finances, par exemple, peuvent atteindre sa propre administration, dans quelle situation se trouvera-t-il lorsqu'il aura à démontrer que son successeur a aperçu un mal qui lui avait échappé et indiqué un remède dont il ne s'était pas avisé? [Oîi rit.) 11 ne s'agit pas d'imposer à tous les ministres Vobligation de se défendre eux-mêmes, mais simplement de leur en donner la faculté sans leur ôter le droit dont ils ont usé en tout temps de se défendre par un collègue. — Il ne suffit pas que nos débats soient libres et éclairés; il faut qu'ils soient préalablement discutés par la presse, et il est impossible de laisser la presse dans la situation où elle est; malgré ses abus, pour tout homme qui réfléchit, elle est la garantie des autres garanties. — Enfin, il est indispensable que les réunions soient libres dans la période électorale, comme elles le sont pour les ouvriers d'une société coopérative. »
Le début avait été modéré ; la conclusion le fut encore plus : « Si dans sa sagesse le souverain
pensait que les améliorations même les mieux démontrées doivent, pour ne rien compromettre, être successives et non simultanées, nous ne nous en plaindrions pas, car j'avoue même que j'ai pour les améliorations successives une préférence marquée; une nation ne se laisse plus arracher des droits acquis après de longs efTorts. L'essentiel est de marcher vers cette liberté politique, objet de la légitime ambition de la France. Les peuples qui n'ont pas eu cette ambition, ou qui n'ont pu l'atteindre, ne méritent pas de compter dans l'histoire. Quand même leurs annales seraient illustrées par de hauts faits et par des héros, le lecteur se répète les paroles que, dans la Divine Comédie, Virgile adresse à Dante : Regarde et passe. — J'ose dire que le Prince que le pays à mis à sa tête a compris et comprendra toujours cette grande vérité : qu'il faut bien se garder, au lendemain des crises politiques, d'ériger des nécessités transitoires en maximes de gouvernement. Une dynastie, pour demeurer forte et nationale, doit s'adapter aux tendances et aux besoins du pays, divers selon les temps. Conduire la France sans secousses nouvelles, dans l'accord et la confiance réciproques, à la vraie et pleine liberté politique, c'est là, pouvons-nous dire, dans le langage de l'Adresse, c'est là, Sire, une tâche digne de vous et de voire nom. » (Applaudissements sur quelques bancs\) Dans la réponse confuse, violente et provoca-