A>'ECDOTES DE ROUHER SUR LE COUP D ETAT
Je n'avais pas sous la main, lorsque j'ai raconté le coup d'Etat, la partie de mon journal où se trouvaient notées ces anecdotes. Elles me paraissent utiles à conserver pour Fhistoire :
((Lorsqu'à la suite de la loi du 31 mai on redoutait un soulèvement, je demandai que Changarnier vînt dans le conseil développer son plan de défense. Après s'être fait beaucoup prier il y consentit et il indiqua les lieux où il placerait ses troupes. Gomme nous suivions difficilement ces indications stratégiques, n'ayant pas de cartes sous les yeux, le Président sortit pour aller chercher un plan de Paris dans sa chambre à coucher. Alors Changarnier se leva et nous dit : (( J'espère, Messieurs, que si nous (( nous battons, ce ne sera pas pour ce Diafoirus; je « monterai à la tribune et je demanderai le pouvoir (( pour le plus digne. » Nous restâmes stupéfaits. Le Président revenu, la délibération reprit, mais ne fut pas longue; nous étions trop émus. Le soir même, je racontai au Président le propos du généray et lui dis qu'il ne serait majeur que lorsqu'il s'en serait débarrassé'.