‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 152 sur 175 · Empire libéral, tome II, page · texte numérisé non relu

Empire libéral, tome II, page

ECLAIRCISSEMENTS. 62t

« Le moment du grand complot contre le l*résident fut en' septembre et décembre 1850 \ Thier& et Mole se réunissaient aux Tuileries avec Changarnier. On était d'accord pour arrêter le Président. Seulement Tbiers et Mole ne s'entendirent pas sur ce qu'il fallait faire ensuite. Thiers conseillait de ne pas réunir l'Assemblée avant six mois et d'exercer jusque-là la dictature. Mole trouvait mieux de convoquer l'Assemblée et de lui remettre ses pouvoirs. Mais l'un et l'autre partis étaient subordonnés à la signature de Dupin qui aurait dû nommer Ghangarnier à sa place; il la refusa. Enfm Mole, je puis le révéler maintenant qu'il est mort, vint tout raconter à l'Elysée. Le Président était furieux. Il voulait révoquer Ghangarnier sur-le-champ. Je le suppliai de n'en rien faire tant que la prorogation de 1 Assemblée ne serait pas terminée. Dupin pourrait se décider à nommer Ghangarnier président de l'Assemblée, et alors la situation deviendrait embarrassante. Le- Président ne voulait pas se rendre : « Je suis telle- « ment sûr, disait-il, que je suis appelé à gouverner « ce peuple que, Ghangarnier vint-il à la tête de « l'armée de Paris, moi n'ayant que le bataillon de « chasseurs stationné dans ma cour, je ne redou- « terais rien. » Gomme j'étais moins fataliste que lui, je m'obstinai et enfin il fut convenu que l'on attendrait le retour de l'x^ssemblée-.

« Lors de la discussion de la proposition des Questeurs, pendant que Grémieux parlait, j'étais au pied de la tribune; j'entendis Ghangarnier dire au commissaire de police de l'Assemblée : « Il faut fermer « les portes afin que personne ne sorte. » J'allai vers Saint- Arnaud et je lui dis : « Sortez, on va fermer

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