‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 153 sur 175 · Empire libéral, tome II, page · texte numérisé non relu

Empire libéral, tome II, page

<i les portes. » Saint-Arnaud se leva et sortit, et quelqu'un lui disant : « Vous sortez, général? — Oui, répondit-il, vous faites trop de bruit,je vais chercher la garde. » Je donnai le même avertissement à Morny. Quant à moi, je restai pour savoir ce qui se ferait. La proposition fut repoussée; je me rendis aussitôt à Fiilysée pour l'annoncer. « C'est que les <( ordres sont donnés^ me dit le Président. — Il « faut les révoquer. — Cela vaut peut-être mieux », repartit le Président après un instant de réflexion*. « Le jour du coup d'Etat, Changarnier faillit être averti par un hasard singulier. Un lieutenant «aserné à Courbevoie, qu'il avait fait nommer, allant passer la nuit chez sa maîtresse rue Richepanse, -avait dit à son ordonnance : « Si on sonne le boute- « selle, tu viendras, tu accourras m'avertir. » Le 2, on le sonne à trois heures du matin; l'ordonnance accourt rue Richepanse, réveille l'officier. — « C'est « le coup d'Etat, dit-il, il faut que je prévienne Chan- « garnier», dont le domicile n'était pas très éloigné. 11 va jusqu'à la porte; puis, au moment de sonner, il dit : « Bah ! ce n'est peut-être rien ; je vais faire urr (( embarras du diable; il faut aller voir. » Et il partit pour Courbevoie sans sonner. »

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