‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 25 sur 175 · A DroLiyn de Lliuys, 27 mars · texte numérisé non relu

A DroLiyn de Lliuys, 27 mars

« Nous existons à peine ; le Piémont nous a tout pris, et je ne vois pas comment aujourd'hui je pourrais m'entendre avec le roi Victor-Emmanuel.lNous sommes, lui et moi, à deux pôles opposés. Je le considère comme détenteur d'une partie de mes États, et toute négociation restera impossible tant qu'il les gardera. Le roi Victor- Emmanuel n'est pas méchant; il a, je crois, de bons sentiments pour moi; mais on ne lui laisse pas faire ce qu'il veut^ Ainsi, par exemple, en ce moment-ci on vote l'incamération de tous les biens du clergé; probablement le Hoi ne l'approuve pas, mais il ne peut l'empêcher. Les ministres disent que le clergé est hostile. Comment pourrait-il aimer un gouvernement qui le dépouille.^ Moi-même, j'avais quelques biens personnels à Sinigaglia : ils me les ont pris. » A mesure que les illusions dont on s'était bercé tombaient, tout devint entre la France et la cour de Rome matière à dissentiment et à mauvaise humeur. « Au Vatican, m'écrivait le duc Sermonettav on est plutôt disposé à tolérer que le Pape fasse bonne mine au roi d'Italie qu'à l'Empereur; l'esprit de la réaction française est tout concentré ici sous la coupole. » Cette mauvaise humeur du Pape était accrue par le combat qui se livrait dans sa cour et qui, un instant assoupi, s'était réveillé plus furieux. Les ennemis du cardinal Antonelli impliquaient dans un complot récemment découvert un de ses familiers, Fausti;

1. En effet, ses ministre le gênaient dans ses conspirations avec Mazzini et Garibaldi.

le ministre de F Intérieur l'avait fait arrêter sans prévenir le cardinal, et l'on intriguait auprès du Pape pour qu'il renvoyât son secrétaire d'État. Enfin, la maladie jeta une dernière complication dans cette situation troublée. Dans les premiers jours de mai 1864, Pie IX fut pris d'un érysipèle accompagné de fièvre et de vomissements. On crut son existence en péril, et cette crainte amena un changement considérable dans la situation réciproque de Home et de l'Italie.

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