‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 37 sur 175 · Emile Ollivier, il 89 et -/6\99, page · texte numérisé non relu

Emile Ollivier, il 89 et -/6\99, page

LE SYLLABUS. 20a

religion catholique son privilège de culte dominante Le Syllabus ne fait rien autre que reprendre et renouveler les réprobations de Pie Yl contre le nouveau régime et revendiquer les principes de l'ancien.

Au point de vue de l'absolu, caractère en quelque sorte organique de toute religion, il n'est rien à objecter aux affirmations du Syllabus. Une religion ne peut admettre qu'il existe en dehors d'elle une vérité, ni qu'il soit permis d'enseigner librement ce qu'elle condamne, ni qu'il existe un Etat soustrait à son influence morale et rebelle à ses dogmes. Si elle était tolérante, elle ne sérail pas croyante. L'intolérance dogmatique est une vertu des religions, le témoignage qu'elles croient à elles-mêmes. Mais quelque convaincues qu'elles soient de leur supériorité, les religions mêmes sont contraintes de tenir compte des circonstances ef des milieux et de s'y adapter dans une certaine mesure; leur conduite pratique ne saurait être la même dans les sociétés où règne l'unité de la foi et dans celles qui en sont sorties, et où diverses croyances philosophiques ou religieuses se partagent les esprits.

La Papauté, qui a l'instinct politique non moins que le souci dogmatique, l'a compris, et elle s'est résignée à l'ordre nouveau dès qu'elle s'est convaincue qu'il serait plus difficile de restaurer l'ancien régime, selon la parole de Mallet

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