I. Napoléon III à Bazaine, 14 mai
gnit à lui. Maximilien fit la sourde oreille, non par mauvais vouloir envers nous, mais par crainte de blesser les susceptibilités du peuple qu'il voulait s'attacher. Aucun Mexicain, quoi qu'on ait dit, n'eût consenti à ne pas voir dans ce contrat une cession de territoire à la France, prélude d'une rétrocession définitive à l'Amérique.
Par la même raison Maximilien ne se prêta pas à la fondation d'une banque mexicaine, non qu'il n'en reconnût l'utilité, mais cette banque devant être une institution étrangère, il craignait encore de blesser le sentiment national mexicain. Parle même motif, il opposa les mêmes difficultés que Juarez au règlement des créances françaises et se refusa, le plus qu'il put, à accorder un intérêt de 6 p. 100 aux réclamations déjà admises. Notre ministre Montholon rendait fort perspicacement compte à son gouvernement de tous ces actes : « La politique que semble suivre S. M. n'a d'autre but que d'acquérir, tout d'abord, pour son administration une popularité qui lui serait certainement refusée, si elle laissait percer un pencliant trop marqué pour Télément français ^ »
Ces affaires de personnel, de colonisation el d'indemnités, étaient cependant accessoires à côté de celle qui tenait le Mexique en guerre civile depuis tant d'années, qui avait motivé l'intervention et suspendait la vie industrielle et politique : celle des biens de l'Église. Maximilien