‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 48 sur 175 · Bazaine à Napoléon III, 30 octobre · texte numérisé non relu

Bazaine à Napoléon III, 30 octobre

23 i L'EMPIRE LIBERAL.

et (le l'inexprimable misère. Il s'attacha à éviter les compromissions avec le clergé et ses adhérents, refusa d'entrer dans aucun couvent, d'assister à aucun Te Deum, ne consentit qu'à entendre, sans appareil officiel, les messes basses. Quand il rencontra Marquez à Morellia, il le salua à peine, et se décida difficilement à passer devant sa troupe. Il flatta au contraire les passions nationalistes, se montra aux paysans dans leur costume, se rendit à Dolorès le jour anniversaire de l'Indépendance, puis, à la fenêtre d'où le curé Hidalgo donna le signal de l'insurrection, il prononça une allocution enflammée. La foule écoutait plus curieuse qu'enthousiaste et ce discours ne produisit à Mexico aucune satisfaction chez les libéraux : au-dessous des acclamations plus ou moins spontanées, la protestation sourde grondait toujours et se manifestait à chaque instant par de désagréables incidents. Ainsi, dans un petit village, l'autorité prescrivit d'annoncer par une sonnerie l'arrivée de l'Empereur : on s'aperçut que les battants de la cloche avaient été enlevés pendant la nuit, et la sonnerie dut se faire à coups de marteau et de cailloux.

Il rentra à Mexico sans appareil militaire, sans réception officielle, « acclamé sincèrement, d'après Bazaine, par toute la population sans distinction de parti * ». Lui-même semble avoir été moins satisfait. Il écrivait à Napoléon III : (( J'ai pu reconnaître pendant cette excursion que les

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